Lundi après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu à Matignon les organisations lycéennes puis étudiantes. En fin de journée, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, et le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ont détaillé les mesures retenues lors d'une conférence de presse. Le ministre s'est ensuite exprimé au journal de 20 heures de France 2.

Ces annonces s'appuient en partie sur la concertation en ligne ouverte par le gouvernement du 5 au 23 octobre, qui a recueilli plus de 100 000 contributions. Elles doivent se traduire par des amendements au budget 2027. « Les élèves vont voir leur vie changer », a assuré Édouard Geffray.

Les principales mesures annoncées

  • Parcoursup transformé, puis remplacé. La plateforme, au cœur des critiques, connaîtra une évolution forte dès la campagne 2027 : plus de transparence sur les critères et obligation pour les formations de motiver leurs refus. Elle sera remplacée par un nouvel outil en 2028. Parmi les pistes évoquées : la suppression de la mention du lycée d'origine et un véritable droit à l'erreur dans l'orientation.
  • Des classes de seconde moins chargées. Pour réduire la pression scolaire, les effectifs en seconde seront plafonnés à 28 élèves. La mesure s'appliquera dès la rentrée 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis sera généralisée à la rentrée 2028.
  • Des moyens humains en plus. Le gouvernement crée 500 postes dans les lycées et 1 264 postes pour les BTS. Il renonce aussi aux suppressions de postes prévues l'an prochain dans le second degré. Ces mesures complètent le déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants dans 500 lycées, annoncé début octobre.
  • Un effort sur les bâtiments. 4 milliards d'euros de lignes de crédit supplémentaires seront ouverts, sous forme de prêts à taux bonifié, aux régions et aux départements pour rénover lycées et collèges. Un milliard d'euros est également prévu pour les universités.
  • Plus de places dans le supérieur. 15 000 places supplémentaires seront ouvertes dans l'enseignement supérieur.

Mesure

Échéance

 Parcoursup réformé (transparence, refus motivés)

Campagne 2027

 Nouvel outil d'orientation remplaçant Parcoursup

2028

 Seconde plafonnée à 28 élèves (50 % des lycées les moins favorisés)

Rentrée 2027

 Seconde plafonnée à 28 élèves (tous les lycées)

Rentrée 2028

 500 postes en lycée, 1 264 en BTS

Rentrée 2027

 4 Md€ de prêts bonifiés pour le bâti des collèges et lycées

Non précisé

Les lycéens restent mobilisés

À la sortie de Matignon, les représentants lycéens ont salué plus de clarté sur le calendrier de Parcoursup. Mais l'intersyndicale jeunesse appelle à poursuivre la mobilisation malgré ces annonces.

L'écart reste important avec les revendications. L'Union étudiante, la Fage, l'Unef et l'Union syndicale lycéenne portent dix mesures principales, chiffrées à 10 milliards d'euros, dont la fin de la sélection à l'université, la création de 250 000 places et une réforme des bourses. Les organisations lycéennes doivent encore être reçues jeudi par le ministre de l'Intérieur.

Les services à la personne, un relais pour les familles

Les mesures annoncées produiront leurs effets à partir de 2027 et 2028. D'ici là, les lycéens en classe d'examen font face aux absences d'enseignants, à la pression de l'orientation et à des cours perturbés par les blocages. Les services à la personne offrent aux familles des solutions immédiates.

Le soutien scolaire à domicile. Un intervenant peut aider à rattraper les cours manqués, consolider une matière ou préparer le bac. L'accompagnement est individuel et s'adapte au rythme de l'élève, là où une classe, même plafonnée à 28 élèves, reste collective.

L'aide méthodologique et à l'orientation. Organisation du travail, gestion du stress, préparation des dossiers d'orientation : ces besoins pèsent lourd en terminale. Un accompagnement à domicile aide l'élève à aborder plus sereinement la dernière campagne Parcoursup avant sa réforme.

Un coût allégé de moitié. Le soutien scolaire à domicile ouvre droit à un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées, ce qui ne devrait pas être remis en cause dans le budget 2027. Grâce à l'avance immédiate, les familles peuvent ne régler que leur reste à charge, sans attendre l'année suivante.

Pour trouver un intervenant ou un organisme de services à la personne près de chez soi, les familles peuvent passer par une plateforme spécialisée comme Aladom, qui recense les offres de soutien scolaire et de cours à domicile partout en France.

Une réponse à moyen terme, des besoins immédiats

Le plan d'Édouard Geffray trace un cap pour 2027 et 2028 : orientation plus lisible, classes moins chargées, bâtiments rénovés. Sa traduction dans le budget 2027 et l'évolution de la mobilisation diront s'il suffit à apaiser la crise. En attendant, l'accompagnement individuel à domicile reste l'un des leviers les plus directs pour soutenir les lycéens dans une année scolaire bousculée.