Ce que contient l'annonce

Les 3 000 remplaçants seront affectés en priorité aux lycées repérés par un nouvel outil de suivi des absences : 114 sont classés « rouges » et environ 400 « oranges ». Le ministre n'a pas précisé s'il s'agit de titulaires ou de contractuels.

L'annonce s'accompagne de trois autres leviers :

  • Recrutements hors plafond : les recteurs pourront embaucher au-delà des effectifs autorisés, soit « quelques centaines » de professeurs supplémentaires.
  • Pacte enseignant anticipé : plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires confiées dès maintenant aux proviseurs, pour organiser des remplacements courts avec des professeurs volontaires de l'établissement.
  • Budget 2027 : des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances doivent traduire les demandes des lycéens. « C'est la première fois que nos lycéens auront un effet sur le budget de l'Éducation nationale », a déclaré le ministre.

Le coût est estimé à « plusieurs dizaines de millions d'euros » pour cette année. Un « plan d'urgence » sur les absences non remplacées doit être détaillé dans la foulée, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis les premières décisions d'ensemble pour la fin octobre.

Un mouvement lycéen d'une ampleur inédite

L'annonce intervient au lendemain de l'« acte IV » d'une mobilisation partie le 17 septembre de la banlieue parisienne. Plus d'un quart des lycées français ont depuis été touchés ; le 5 octobre, 589 établissements étaient perturbés.

Les élèves dénoncent des conditions d'études qu'ils jugent « indignes » :

  • des professeurs absents et non remplacés ;
  • des classes de 30 à 35 élèves ;
  • des journées de 8 h à 18 h entrecoupées d'heures creuses ;
  • des bâtiments vétustes, mal isolés face aux vagues de chaleur ;
  • un Parcoursup jugé anxiogène.

Le 6 octobre, entre 266 000 (ministère de l'Intérieur) et 450 000 personnes (organisateurs) ont défilé. La journée du 8 octobre a rassemblé 71 500 manifestants selon l'Intérieur, avec des heurts à Paris et plusieurs centaines d'interpellations. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi 13 octobre.

Les syndicats restent sceptiques

Côté enseignants, l'annonce ne convainc pas. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, parle d'une « copie bâclée » et juge les réponses du gouvernement tardives et déconnectées. Son syndicat prépare une grève des personnels en début de semaine prochaine.

La question de fond reste entière : d'où viendront ces 3 000 remplaçants, en pleine pénurie d'enseignants liée notamment au niveau des salaires ? Le ministre n'a pas détaillé leur provenance ; le recours aux heures supplémentaires montre qu'une partie de l'effort reposera sur les équipes déjà en place. Pour les lycéens, une plateforme de concertation est en ligne depuis le 5 octobre, et des « Temps lycéens » de dialogue doivent être organisés dans les établissements.

Et pour les familles ?

Pour les parents, l'effet dépendra de la rapidité du déploiement dans les 114 lycées prioritaires, et de ce qu'annoncera le plan d'urgence. En attendant, les heures de cours perdues depuis la rentrée ne seront pas toutes rattrapées, notamment en terminale, à l'approche des épreuves et de Parcoursup.

Beaucoup de familles se tournent déjà vers le soutien scolaire à domicile pour combler les retards. Bon à savoir : ces cours relèvent des services à la personne et ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées, dans la limite des plafonds en vigueur.