Le 13 octobre 2026, l'Assurance Maladie a publié son bilan 2025 des accidents du travail et maladies professionnelles. Voici ce qu'il faut en retenir, et pourquoi le secteur de l'aide à domicile est en première ligne.

Les chiffres 2025 qui fâchent

En 2025, près de 700 000 sinistres professionnels ont été reconnus et indemnisés, pour plus de 84 millions de journées d'arrêt. La branche couvre 20,9 millions de salariés du régime général.

Indicateur 2025

Valeur

Évolution sur un an

 Accidents du travail avec arrêt

551 225

+0,3 %

 Accidents de trajet

96 306

+1,7 %

 Maladies professionnelles

52 187

+3,1 %

 Décès reconnus

1 331

+34 décès

 Indemnités journalières versées

5,4 Md€

+10,5 %

 Résultat de la branche AT/MP

-182,2 M€

premier déficit en 13 ans

Trois signaux ressortent. Les troubles musculosquelettiques représentent près de 90 % des maladies professionnelles. Les affections psychiques reconnues progressent de 9 % et ont plus que doublé depuis 2020. Enfin, ce n'est pas tant le nombre d'accidents qui pèse que la durée des arrêts : elle explique à elle seule 6,4 points des 10,5 % de hausse des indemnités journalières.

Les jeunes sont aussi plus exposés. Les moins de 25 ans pèsent 11 % des salariés mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet.

Pourquoi l'aide à domicile est en première ligne

Le sanitaire et le médico-social figurent parmi les trois secteurs que l'Assurance Maladie cible en priorité, aux côtés de l'intérim et du BTP. Pour une structure SAP, le constat n'a rien de surprenant.

  • Les TMS sont au cœur du métier. Transferts lit-fauteuil, aide à la toilette, ménage, courses : les manutentions et postures pénibles font le quotidien des intervenants.
  • Le trajet fait partie du travail. Les intervenants enchaînent les domiciles, souvent en voiture. Avec des accidents de trajet en hausse de 1,7 %, le risque routier ne peut plus être un angle mort.
  • La charge mentale pèse. Isolement, accompagnement de fin de vie, pression des plannings : la hausse des affections psychiques reconnues concerne directement des métiers du lien.
  • Chaque arrêt désorganise tout. Un intervenant absent, ce sont des bénéficiaires à replacer, des collègues surchargés et un recrutement à relancer en urgence.

Dans un secteur déjà en tension, un arrêt qui s'allonge coûte bien plus qu'une cotisation : il fragilise la continuité de service et pousse parfois d'autres salariés vers la sortie.

La bonne nouvelle : de l'argent existe pour prévenir

En 2025, l'Assurance Maladie a versé plus de 24 000 aides financières aux entreprises pour la prévention. Beaucoup de structures SAP passent encore à côté.

  • Le FIPU (Fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle) cible précisément les risques ergonomiques : charges lourdes, postures pénibles, vibrations. Plus de 21 000 aides versées en 2025, pour près de 140 M€.
  • Les Subventions Prévention aident les petites entreprises à cofinancer diagnostics, formations et équipements. Plus de 2 800 accordées en 2025, pour près de 28 M€.
  • Les contrats de prévention complètent le dispositif : un peu moins de 800 signés, pour près de 29 M€.

Lève-personne, verticalisateur, formation gestes et postures, accompagnement sur les risques psychosociaux : ces investissements peuvent être en partie financés. Le bon réflexe est de contacter le service prévention de votre Carsat ou CGSS.

Prévenir, c'est aussi mieux recruter

La santé au travail est devenue un argument de recrutement. Un candidat qui hésite entre deux structures regardera les conditions concrètes : équipement, formation, organisation des tournées, soutien en cas de situation difficile.

Sur Aladom, mettez ces engagements en avant dans vos offres d'emploi. Matériel d'aide à la manutention, temps de trajet pris en compte, temps d'échange entre collègues : ce sont des arguments qui font la différence auprès des intervenants.

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