Les résidences autonomie font partie des modèles d’hébergement pour personnes âgées en pleine croissance. Moins chères qu’un Ehpad, et sans la même médicalisation, elles sont une solution pour les seniors aux revenus modestes. Mais leurs prix varient fortement d’un département à l’autre. Pour la première fois, la CNSA consacre étude à leur prix. Retrouvez où les résidences autonomie sont les moins chères.

Illustration de l'article Résidences autonomie pour personnes âgées : des prix très variables selon les départements

Intermédiaire entre le domicile et l’Ehpad, plus médicalisé, et avec un plus fort taux d’encadrement, les résidences autonomie sont une alternative pour les personnes âgées en légère perte d’autonomie qui ne peuvent plus ou ne veulent plus vivre à leur domicile, malgré la possibilité de faire appel à une auxiliaire de vie. Un studio avec kitchenette ou cuisine, ou un T2 dans une résidence autonomie leur permettent d’avoir une certaine indépendance, tout en bénéficiant d’un cadre sécurisé, et des services de la structure, comme les animations, les partages de lieux communs, voire les repas.

Un décret du 27 mai 2016 prévoit 11 prestations minimales, en cours de déploiement dans les différentes structures. (Voir dernier paragraphe de cet article).

Elles sont aujourd’hui environ 2300 sur tout le territoire français, principalement en zone urbaine ou péri-urbaine, pour les trois-quarts d’entre elles, mais inégalement réparties.

Quel est le prix moyen en résidence autonomie

Une résidence autonomie revient beaucoup moins cher qu’un Ehpad, qui a un coût moyen de 2000 euros par mois pour la personne âgée après les aides publiques. Mais les prestations ne sont pas les mêmes, l'Ehpad s'adressant à des personnes dépendantes. 

Le prix médian mensuel d'un logement dans une résidence autonomie est de : 

  • 688 euros pour un studio avec kitchenette (F1)
  • 643 euros pour un une pièce avec cuisine isolée (F1 bis) 
  • 787 euros pour un deux pièces (F2).

Ces prix sont ceux qui sont applicables avant les aides publiques (aide sociale à l’hébergement, aides au logement et APA). La moitié des résidences autonomie sont habilitées à recevoir des personnes âgées bénéficiant de l’aide sociale

Dans un livre blanc sur l'autonomie,  paru la semaine dernière, l'unccas (union nationale des centres communaux d'action sociale) soulignait que les résidences autonomie gérées par les ccas/ccias accueillaient un public de plus en plus en difficulté.  

A noter que lorsque l'offre pour les repas est possible, la facture mensuelle peut s'élever à plus 400 euros si la personne prend trois repas par jour. Certaines résidences autonomie ne proposent les repas qu'une fois par jour. 

 

Résidences autonomie : dans quelles régions sont-elles les moins chères ?

Dans l’étude qu’elle leur consacre, et qui vient de paraître, intitulée "Les prix des résidences autonomie en 2018 et 2019 : diversité des territoires et des modèles", la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) fait un tour d’horizon de ces structures, aux prix très variables d’un département à l’autre.

Le coût dépend en effet de leur statut, du lieu d’implantation (plus cher en milieu rural, contrairement aux Ehpad), de la date d’ouverture, du fait qu’elles proposent ou non les onze prestations obligatoires, qu’elles sont habilitées à l’aide sociale…

Qu’il s’agisse d’un T1, d’un T1 bis ou d’un T2, les résidences autonomie les moins chères sont dans l’est et dans le nord de la France, en Normandie.

En revanche, le coût pour une résidence autonomie est particulièrement élevé en Bretagne (tous départements confondus), en Vendée, dans le Cantal et dans les Bouches-Du-Rhône. 

Les studios avec cuisine isolée (F1 bis), en résidence autonomie les moins chers (moins de 600 euros par mois) sont dans l’Aude, en Ardèche, en Dordogne et en Gironde, en Saône-et-Loire, et dans une majeure partie des départements du nord et de l’est de la France.

Les F2 les moins chers (moins de 700 euros par mois) sont rares dans la partie sud de la France, mis à part dans l’Aude, en Gironde, en Dordogne, en Ardèche, dans la Vienne, et en Saône-et-Loire.

Voir les cartes des prix des résidences autonomie en France sur l’étude de la CNSA

Résidences autonomie les moins chères : les caractéristiques

Les moins chères sont des résidences plutôt anciennes, pas toujours rénovées ou mises aux normes, et situées en centre-ville. Elles proposent moins de prestations axées sur les nouvelles technologies, et elles sont publiques en majorité.

Résidences autonomie les plus chères : qu'est-ce qui fait monter les prix

Les studios avec kitchenette (F1) les plus chers sont ceux des résidences autonomie commerciales, habilitées à l’aide sociale (elles sont surtout implantées dans des départements où le prix du foncier est élevé ) et proposant les onze prestations obligatoires dans le prix socle.

Ils sont plus chers quand les locaux collectifs sont mis à disposition, qu’ils ont un service de blanchisserie, un dispositif de sécurité 24 h/24 h et qu’au moins un repas par jour est inclus.

 

Les studios avec cuisine isolée (F1 bis) les plus chers sont ceux des résidences autonomie privées non-lucratives, récentes, ouvertes récemment, en milieu rural, soit de plus petite taille (moins de 25 places), soit de très grande taille (plus de 99 places), habilitées à l’aide sociale et proposant les onze prestations obligatoires dans le prix socle dès 2019.

 

Les deux-pièces (F2) les plus chers sont ceux en résidence autonomie privée commerciale, ouverte récemment, située en milieu rural, de moins de 25 places ou de plus de 99 places, habilitée à l’aide sociale et qu’elle propose les onze prestations obligatoires dans le prix socle dès 2019.

 

F1 et F2 confondus, les autres facteurs qui font monter les prix sont :

  • la gestion administrative du séjour,
  • l’élaboration et le suivi du contrat de séjour,
  • la restauration ou au moins un repas par jour,
  • la blanchisserie,
  • l’accès à internet,
  • l’accès à un dispositif de sécurité avec une assistance 24 h/24 h,
  • la télé-assistance.

 

Les 11 prestations minimales prévues par le décret du 27 mai 2016

 

Elles concernent :

la gestion administrative de tout le séjour y compris le contrat,

la garantie d'un logement privatif avec possbilité d'avoir une ligne pour le téléphone et la télévision,

des espaces collectifs entretenus, 

des activités liées à la prévention de la perte d'autonomie, et des animations et des activités dans l'établissement et à l'extérieur,

un service de restauration, 

l'accès à un service de blanchisserie,

l’accès à internet au moins dans une partie de la résidence,

 l’accès à un dispositif de sécurité pour être assisté et pouvoir de se signaler 24 h/24h.

 

 

En 2019, un peu plus de la moitié  (52 %) des résidences autonomie les proposaient. Lorque les résidences sont récentes (construites après 2000), elles étaient encore plus nombreuses (78 %) à le faire.

La plus courante est la gestion administrative de l'ensemble du séjour, dont l'état des lieux d'entrée et de sortie (99 % de réalisation).

La moins courante est celle de l'accès à un service de restauration avec au moins un repas par jour (38 %).

Les marpa : 200 petites unités pour personnes âgées en milieu rural

 Cet article ne prend pas en compte les MARPA, ces petites unités en milieu rural (environ 200 en France), également évoquées dans le rapport de la CNSA. Elles feront l'objet d'un autre article.