L’aide à domicile : le premier relais de prévention
Trop souvent, par peur de la chute, l'entourage incite les seniors à limiter leurs mouvements. Or, cette sédentarité accélère la perte musculaire et augmente paradoxalement le risque de tomber. Le programme CapAidants, développé par ReSanté-Vous, propose d'inverser cette logique en transformant la relation d'aide existante en un véritable levier de santé.
Grâce à l'application mobile Actiduo, les professionnels de l'aide à domicile (ou les proches aidants) peuvent réaliser des séances d'activité physique douce de 20 à 30 minutes, directement pendant leurs interventions.
- Un outil sur-mesure : L'application propose 150 exercices personnalisés (équilibre, motricité, souplesse) conçus par des kinésithérapeutes et psychomotriciens.
- Une revalorisation du métier : Formés et équipés de matériel simple (ballons, élastiques), les auxiliaires de vie montent en compétences. Ils enrichissent leur pratique quotidienne et redonnent du sens à un secteur aujourd’hui en tension.
- Des résultats concrets : En 11 mois de test, 1 537 séances ont été réalisées. Les bénéficiaires reprennent rapidement confiance en eux et 88 % d’entre eux déclarent prendre du plaisir à bouger.
Aménagement du logement et repérage des fragilités invisible
Le second projet, PÉCHUS (mené par le CHRU de Tours), utilise un atelier mobile pour aller directement à la rencontre des seniors dans les territoires. Son objectif ? Évaluer le risque de chute de manière globale en croisant les capacités physiques et l'environnement de vie de la personne.
Le programme s'appuie notamment sur une cuisine thérapeutique et des mises en situation concrètes pour analyser les habitudes. Les conclusions du Pr. Yves Morales et des experts du projet rappellent deux points essentiels pour maintenir l'autonomie:
1. Sécuriser le logement
L'aménagement du domicile et la sécurisation des gestes du quotidien sont des piliers incontournables pour éliminer les pièges invisibles (tapis, manque d'éclairage, obstacles dans les lieux de passage).
2. Prendre en compte le contexte social
L’étude révèle que près de 80 % des participants présentent des signes de fragilité ou de pré-fragilité. De plus, le risque est fortement influencé par le niveau de vie et le parcours individuel (par exemple, seuls 31 % des seniors non diplômés présentent un équilibre normal, contre 70 % chez les diplômés).
Le saviez-vous ?
Les hommes et les femmes n'ont pas le même rapport au risque. Les femmes sont globalement plus à l'écoute des messages de prévention , tandis que les hommes ont tendance à minimiser le danger et à penser que « tout va bien », ce qui retarde l’adaptation de leur environnement.
Les clés d'un maintien à domicile réussi
Parce que c’est chez soi que se construisent les habitudes de vie, les professionnels de l'aide à domicile et les proches sont les mieux placés pour instaurer des routines positives, repérer les signaux faibles et adapter l'habitat. Ils disposent pour cela d'un atout précieux : la confiance du senior. Pour faire reculer le risque de chute, la prévention ne doit plus être une action ponctuelle mais s’inscrire dans le quotidien. En adaptant le logement et en encourageant le mouvement aux côtés d'un intervenant qualifié, il est possible de rompre l'isolement social et de permettre à nos aînés de vieillir sereinement chez eux.
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