C'est une conséquence directe des derniers chiffres de l'Insee. Avec une hausse des prix à la consommation de 2,2 % sur un an en avril, le mécanisme légal de révision automatique du Smic s'est déclenché. La loi prévoit en effet qu'en cours d'année, dès que l'indice des prix à la consommation des ménages les plus modestes augmente de plus de 2 %, le salaire minimum est réajusté dans les mêmes proportions.
Ce qui change au 1er juin 2026
Le ministre du Travail a annoncé ce mercredi matin une hausse de l’ordre de 2,45 %. Bien que les services du ministère affinent encore le deuxième chiffre après la virgule, les projections permettent déjà d'établir les nouveaux montants de référence :
- Smic horaire brut : environ 12,30 euros.
- Smic mensuel brut (sur la base de 35h) : environ 1 867 euros.
Pour un salarié rémunéré au salaire minimum, cela représente un gain d'environ 44 euros brut supplémentaires par mois.
Cette revalorisation s'appliquera en métropole ainsi qu'en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Un bouquet de mesures pour le pouvoir d'achat
Au-delà du Smic, Jean-Pierre Farandou a mis en avant d'autres dispositifs de soutien aux travailleurs modestes :
- La prime carburant : Versée à partir du 27 mai, elle s'élèvera à une cinquantaine d'euros pour les "gros rouleurs".
- La prime d'activité : Une hausse de 50 euros par mois est prévue dès le 1er juillet pour près de trois millions de foyers.
Vigilance pour les employeurs
Pour les entreprises, cette annonce implique une mise en conformité immédiate dès la paie de juin. Il sera impératif de vérifier que les salaires versés ne sont pas inférieurs à ce nouveau plancher légal.
Cette hausse intervient dans un contexte économique délicat où l'impact du coût du travail est scruté de près par les acteurs économiques. Si elle soutient le pouvoir d'achat des ménages, elle représente également un défi de gestion pour les structures ayant des difficultés à répercuter ces surcoûts dans leurs prix de vente.
Un contexte de stabilité des salaires de base
Cette hausse du Smic s'inscrit dans un contexte où les salaires de base dans le secteur privé affichent une progression modérée. Au premier trimestre 2026, l'indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) a progressé de 0,7 %, portant son augmentation sur un an à 1,6 %. Parallèlement, l'indice du salaire mensuel de base (SMB) de l'ensemble des salariés a suivi une trajectoire similaire avec une hausse annuelle de 1,7 %. Toutefois, une fois l'inflation prise en compte (mesurée à +1,7 % sur un an hors tabac), le pouvoir d'achat des salaires de base reste fragile : en euros constants, le salaire mensuel de base est resté stable sur un an, tandis que le salaire horaire des ouvriers et employés a accusé une légère baisse de 0,1 %. Cette situation souligne l'importance de la revalorisation automatique du Smic pour maintenir le niveau de vie des travailleurs les plus modestes face à la hausse des prix.
862 000 agents publics protégés par l'indemnité différentielle
La fonction publique est également en première ligne face à cette augmentation. Le gouvernement a confirmé la mise en œuvre de l’indemnité différentielle (prévue par le décret n° 91-769 du 2 août 1991) afin de garantir qu’aucun agent ne perçoive une rémunération inférieure au salaire minimum. Cette mesure d'urgence bénéficiera à environ 862 000 agents publics (dont 306 000 agents de l’État). Calculée sur la seule rémunération indiciaire de base — hors primes, qui représentent pourtant 23,9 % du salaire brut mensuel moyen en catégorie C et 28,6 % en catégorie B —, cette indemnité augmentera pour les bénéficiaires actuels et s'ouvrira à de nouveaux agents, pour un montant maximum de 65,28 € bruts par mois.
En parallèle, pour soutenir les agents face à la hausse des carburants, le gouvernement a validé une majoration temporaire de 3,2 % de la prise en charge des frais de déplacement professionnel en véhicule personnel du 1er juin au 31 décembre 2026 (soit l'équivalent d'une aide de 20 centimes par litre). Cette disposition complète les directives envoyées aux administrations pour encourager le télétravail et optimiser les dispositifs d'aide existants (forfait mobilités durables, abonnements de transport, aide "grands rouleurs"), en attendant la refonte globale des carrières et des rémunérations actuellement à l'étude.