Il y aurait 2,5 millions de personnes qui exercent un travail au noir et qui sont exclus de tous les dispositifs de solidarité mis en place pour faire face à la crise de la Covid 19.

Illustration de l'article Les travailleurs au noir ne bénéficient pas des aides mises en place

2,5 millions de personnes travaillant au noir

Alors que l'économie française est touchée pour la seconde fois en quelques mois par la crise du Covid 19, l'État a immédiatement engagé des actions de protection des salariés et des indépendants. Lors de la premeière vague, les particuliers employeurs et les salariés à domicile avaient pu bénéficier, entre mars et  août 2020 d’une indemnisation exceptionnelle de l’activité partielle, avec une compensation des heures de travail prévues et non réalisées à hauteur de 80 % du salaire net. 451 millions d'euros d'indemnités avaient été versées aux salariés à domicile payés en CESU. Mais les travailleurs non déclarés ne peuvent pas prétendre à ces aides et subissent de plein fouet les effets de la crise.

Selon un rapport du Conseil d'Orientation pour l'Emploi, le travail non déclaré représenterait en France entre 2 et 3 % de la masse salariale et pourrait concerner, selon les formes et temporalités prises en compte, autour de 5 % de l'ensemble de la population de 18 ans ou plus. Soit 2,5 millions de personnes. Le travail au black est un fléau pour tous les acteurs du services à la personne. Les entreprises du secteur, par la voix de la Fédésap, souhaitent que ce sujet soit un sujet de premier plan. L'actualité de la crise de la Covid-19 laisse 2,5 millions de personnes dans une situation catastrophique. 

 "Lorsque tout va bien, on peut avoir l'impression que le travail au noir n'est pas si dramatique que ça, mais dès que survient un accident ou même un congés maternité, on constate les effets catastrophiques du travail au noir, avec une perte totale de revenus. Depuis plusieurs mois, la crise touche tous les travailleurs non déclarés en même temps, ce qui est inédit. Ils se retrouvent aujourd'hui, pour la seconde fois, dans une situation financière désespérée. Les entreprises de Services à la Personne reçoivent, depuis le premier confinement, de nombreux appels de travailleurs non déclarés qui cherchent à tout prix à trouver une activité salariée protectrice. Cette crise doit être l'occasion d'une prise de conscience générale pour que cessent définitivement ces pratiques. C'est le sens de notre initiative." Amir Reza-Tofighi, président de la Fédésap.

Même si les risques du travail au noir semblent globalement connus par la majorité des français, selon le baromètre travail au noir « Oui Care / Market Audit » de 2018, ils prennent tout leur sens au cœur de la crise du Covid-19.

La protection pour les salariés et l'abandon pour les travailleurs non déclarés.

Alors que les salariés bénéficient d'un dispositif protecteur : activité partielle, arrêt de travail, sécurité de l'emploi… les personnes dont le travail n'est pas déclaré n'ont aujourd'hui aucun revenu.

Origine du travail au noir : A l'époque du Moyen Age, l'expression travailler au noir voualit dire "travailler dans le noir : la nuit". Cette activité était considérée comme hors la loi car tout travail devait être exercé à la lumière du jour. L'idée de clandestinité, d'illégalité, est donc à l'origine de l'expression encore employée de nos jours.

Les secteurs les plus exposés au travail au noir sont aujourd'hui très touchés et les personnes "employées" laissées sans ressources (hôtellerie-restauration, commerce de détail alimentaire, BTP, gardiennage, agriculture, services à la personne).

 Les risques pour les travailleurs non déclarés sont les suivnats : 

  • Absence totale de revenus en cas de maladie, de maternité, au moment de la retraite etc... ;
  • Risque de non-paiement des prestations par les clients ;
  • Pas de recours en cas de problème avec le client ;
  • Impossibilité d'emprunter, de louer un logement etc… car pas de fiche de paie ;
  • Dépendance à son conjoint et absence d'autonomie financière ;
  • Perte des aides sociales en cas de condamnation pour travail au noir.

Pour les personnes qui emploient des travailleurs non déclarés : 

  • Pas de garantie ni de recours en cas de problème avec l'intervenant ;
  • Requalification en CDI temps plein en cas de plainte ou de prud'hommes ;
  • Responsabilité totale et risque financier majeur en cas d'accident de l'intervenant.

Enfin, le coût du travail au black pour la société est très fort car ceci représente 2 à 3 % de la masse salariale totale versée par les entreprises. C'est autant de cotisations sociales qui ne sont pas versées à la société.

De plus des travailleurs non déclarés peuvent percevoir des indemnités chômage. La perte des indemnités et des aides est d'ailleurs souvent la raison pour laquelle les personnes ne souhaitent pas déclarer leur travail.

Pour l'employeur, avec les avantages fiscaux, il n'y a au final pas d'intérêt à ne pas déclarer les salariés à domicile. Mais il faut cependant avancer les frais avant de récupérer 50% des dépenses sous forme de réduction ou crédit d'impôt. La contemporanéisation de l'avantage fiscal pourait débloquer ceci et mettre fin au travail au noir.

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