« 365 jours pour agir, 7 jours pour le dire ». Derrière son slogan, la Semaine Bleue  défend depuis plusieurs décennies une idée simple : vieillir ne signifie pas cesser de participer à la société. 

Du 5 au 11 octobre 2026, associations, collectivités, CCAS, établissements médico-sociaux et citoyens se mobiliseront autour du thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! ». Une formule particulièrement symbolique puisque la Semaine Bleue célèbre cette année sa 75e édition, sous le marrainage de Roselyne Bachelot. 

Qu'est-ce que la Semaine Bleue ? 

L'histoire de la Semaine Bleue commence en 1951. À l'époque, la « Journée nationale des vieillards » vise notamment à collecter des fonds pour venir en aide aux personnes âgées les plus précaires. 

Les préoccupations ont progressivement évolué. Avec l'amélioration des systèmes de protection sociale, la mobilisation s'est davantage tournée vers la lutte contre l'isolement, la valorisation de la place des aînés et les relations entre générations. 

Aujourd'hui coordonnée par l'Uniopss, la Semaine Bleue entend mettre en lumière la contribution des personnes âgées à la vie sociale, économique et culturelle, quels que soient leur âge et leur niveau d'autonomie. 

Une philosophie déjà présente lors de la Semaine Bleue 2025, dont Aladom avait également dressé le bilan des différentes initiatives. 

Pourquoi l'intergénérationnel est-il au cœur de l'édition 2026 ? 

Pour ses 75 ans, la Semaine Bleue souhaite aller plus loin en faisant des relations entre générations un véritable levier du bien vieillir. 

Une enquête qualitative menée par l'Uniopss entre juillet et septembre auprès de 30 acteurs associatifs du grand âge montre que plus de deux tiers des structures interrogées ont intégré une dimension intergénérationnelle à leurs initiatives. 

Les exemples prennent des formes très différentes : jeunes accueillis dans des résidences autonomie, ateliers organisés avec des écoles ou encore cohabitation intergénérationnelle. 

À Barlin, dans le Pas-de-Calais, une école maternelle est même installée depuis 2023 au sein d'un EHPAD et d'une résidence autonomie. Enfants et résidents se retrouvent autour de lectures, jeux, chants, jardinage ou ateliers créatifs. L'objectif est autant de créer du lien que de modifier le regard porté sur le grand âge. 

Cinéma, sport, culture : des milliers d'événements partout en France 

La Semaine Bleue n'impose pas un programme unique. Chaque territoire construit ses propres initiatives, ce qui explique la grande diversité des rendez-vous proposés. 

Conférences, spectacles, activités physiques, ateliers créatifs, rencontres intergénérationnelles, portes ouvertes ou encore Marches Bleues se dérouleront ainsi pendant toute la semaine. Une carte interactive des événements  permet de rechercher les actions organisées près de chez soi. 

À Brest, par exemple, une vingtaine d'animations sont prévues, parmi lesquelles des promenades en vélo-triporteur réunissant différentes générations et une rencontre entre des élèves et des résidents d'EHPAD autour de l'école d'autrefois. 

À Urrugne, le programme comprend notamment des portes ouvertes au pôle seniors, des informations sur les aides existantes et une représentation de la pièce Mon coloc est un senior. Ces rendez-vous montrent aussi que le bien vieillir ne se limite pas aux questions médicales. 

Bien vieillir, c'est aussi rester acteur de sa vie 

L'enquête de l'Uniopss identifie cinq grands leviers développés sur le terrain : le lien social, les relations intergénérationnelles, la participation des personnes âgées, la prévention et le maintien de l'autonomie, ainsi qu'une meilleure coordination de l'accompagnement. 

Activité physique, ateliers mémoire, prévention des chutes, nutrition ou activités artistiques sont ainsi proposés dans de nombreuses structures. 

La stimulation intellectuelle peut elle aussi conserver une place importante dans le quotidien. Aladom s'est récemment intéressé aux liens entre lecture et santé cognitive, en rappelant que lire peut faire partie d'un ensemble d'activités favorables au maintien des capacités cognitives. 

Surtout, cette approche invite à ne pas réduire le vieillissement à la perte d'autonomie. Les témoignages recueillis par Aladom autour des rêves et projets des seniors  montrent également que l'avancée en âge reste associée à des envies, des projets et des formes multiples d'engagement. 

Des initiatives encore freinées par le manque de moyens 

La photographie dressée par l'Uniopss n'est cependant pas entièrement positive. Les structures interrogées signalent plusieurs difficultés : manque de personnel, financements insuffisants, problèmes de mobilité et difficultés à toucher les personnes âgées les plus isolées. 

Les équipes, déjà mobilisées par l'accompagnement et les soins, disposent parfois de peu de temps pour organiser des activités supplémentaires. À l'issue de l'enquête, une priorité ressort : financer durablement le lien social, l'animation et la prévention dans l'ensemble des lieux de vie, qu'il s'agisse des EHPAD, résidences autonomie, habitats intermédiaires ou du domicile. 

Un enjeu d'autant plus important que le nombre de personnes de plus de 65 ans en France devrait passer, selon les données reprises par l'Uniopss, de 15,3 millions en 2026 à 18,6 millions en 2040. 

Le domicile, autre territoire du bien vieillir 

Créer du lien ne concerne donc pas uniquement les personnes vivant en établissement. Une grande partie des seniors souhaitent continuer à vivre chez eux aussi longtemps que possible, comme nous l'expliquions récemment dans notre analyse sur le maintien à domicile des personnes âgées. 

Lorsque l'autonomie diminue, les services d'aide aux seniors  peuvent alors contribuer à accompagner le quotidien. Mais rester chez soi ne doit pas signifier rester seul : visites, activités collectives, voisinage, associations et projets intergénérationnels ont également un rôle à jouer. 

C'est peut-être là que le thème de la Semaine Bleue 2026 prend tout son sens. Bien vieillir ne consiste pas seulement à vivre plus longtemps ou à préserver son autonomie : c'est aussi continuer à avoir une place, des relations, des projets et la possibilité de participer à la vie collective. 

Après 75 ans d'existence, la Semaine Bleue conserve ainsi le même objectif sous une forme renouvelée : rendre les personnes âgées visibles, non pas uniquement comme un public à accompagner, mais comme des acteurs à part entière de la société.