Deux points en jeu dans chaque épreuve écrite

Le principe tient en une phrase : chaque épreuve écrite du brevet et du baccalauréat réserve désormais au minimum deux points à la maîtrise de la langue. Jusqu'ici, l'orthographe et la syntaxe n'étaient véritablement notées qu'en français, et de façon très variable d'un correcteur à l'autre. L'étude PISA a mis en avant une baisse en compréhension de l'écrit. 

« Si un élève a une mauvaise expression, il perdra d'office deux points, quelle que soit la matière, y compris en mathématiques », a résumé Édouard Geffray. La mesure s'applique aux voies générale, technologique et professionnelle.

Le détail du barème au brevet

Au diplôme national du brevet, la répartition est la suivante :

Épreuve

Total  

Points maîtrise de la langue

Mathématiques

 20

 2

Histoire-géographie-EMC (partie histoire-géo)

 40

 4 (2 par exercice majeur)

Enseignement moral et civique

 20

 2

Sciences

 20

 2 (1 par discipline)

Français

 20

 évaluée dans tous les exercices

Source : note de service publiée au Bulletin officiel, 17 septembre 2026.

Au baccalauréat, la règle est plus sévère encore sur les épreuves à forte dimension rédactionnelle — français, philosophie, histoire-géographie : une copie défaillante sur la plupart des critères de langue « ne peut avoir la moyenne ». Pour améliorer l'orthographe, les famille peuvent faire appel à du soutien scolaire.

Une grille unique pour tous les correcteurs

Pour éviter que le barème ne varie d'un enseignant à l'autre, le ministère publie une grille commune à toutes les disciplines, articulée autour de quatre critères :

  • l'orthographe et les accords (sujet-verbe, groupe nominal) ;
  • la syntaxe et la ponctuation ;
  • le lexique, y compris le vocabulaire propre à la discipline ;
  • l'organisation et la cohérence du propos.

Chacun est apprécié sur une échelle de quatre niveaux, de « très insuffisant » à « très satisfaisant ». Le premier niveau vise les erreurs fréquentes portant sur des règles simples ; le dernier, des erreurs rares et isolées, sans caractère systématique.

Pourquoi cette mesure maintenant

Le ministère assume un signal adressé autant aux élèves qu'aux enseignants. L'objectif affiché est de faire écrire davantage les collégiens et les lycéens tout au long de l'année, en réduisant la place des questionnaires à choix multiples au profit de réponses rédigées. Les correcteurs évalueront la capacité à « s'exprimer avec clarté et rigueur à l'écrit » et à construire un raisonnement argumenté.

Le constat de départ n'est pas nouveau. Une enquête Ifop de 2023 montrait que plus d'un Français sur deux ne repérait pas des fautes élémentaires du type « je veux faire parti du voyage » ou « j'ai fais mes devoirs ».

Des critiques du côté des enseignants

La mesure ne fait pas l'unanimité. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, y voit un effet d'annonce et juge que « l'essentiel pour faire progresser les élèves est ailleurs que dans une pénalité de deux points à l'examen ». D'autres enseignants redoutent un effet décourageant sur des élèves déjà fragiles, et s'interrogent sur l'application concrète de la grille en mathématiques ou en sciences, où les réponses rédigées restent brèves.

La question des moyens revient aussi : sans heures supplémentaires consacrées à l'écrit ni formation des correcteurs, la nouvelle grille risque d'être appliquée de façon inégale.

Ce que les familles doivent retenir

Les élèves entrés cette année en troisième, en première et en terminale sont les premiers concernés : ils passeront leurs épreuves en juin 2027 avec ce barème. Deux points sur vingt peuvent paraître peu, mais ils représentent un point de moyenne sur une copie, et l'effet se cumule sur l'ensemble des épreuves écrites.

Concrètement, soigner la relecture, les accords et la construction des phrases devient payant dans toutes les matières, pas seulement en français. Les entraînements de l'année (devoirs sur table, brevets blancs, bacs blancs) intégreront progressivement cette grille, ce qui donnera aux familles une première mesure de l'impact réel dès cet hiver.