Un profil de poste majoritairement déconnecté des cursus
Sur les 2,95 millions d'étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur durant l'année universitaire 2022-2023, les trois quarts ont exercé une activité professionnelle. Toutefois, pour analyser le phénomène des "petits boulots", la Dares s'est concentrée sur les 2,1 millions d'étudiants hors parcours intégré (excluant les alternants, doctorants ou fonctionnaires stagiaires).
Au sein de ce groupe, 52 % (soit 1,1 million de jeunes) ont occupé au moins un job étudiant sans lien direct avec leur formation. Les visages de l'emploi étudiantLe recours au travail varie fortement selon le profil des étudiants :
- L'âge : Ce sont les plus jeunes qui travaillent le plus fréquemment, avec un pic d'activité observé à 19 ans (60 % d'entre eux). À l'inverse, cette part tombe à 35 % pour les étudiants âgés de 30 ans ou plus.
- Le genre : Les femmes sont légèrement plus nombreuses à cumuler emploi et études (54 % contre 50 % pour les hommes). Cet écart s'accentue particulièrement à l'âge de 22 ans (8 points de différence).
- La filière : Les disparités sont massives selon les exigences et l'origine sociale des cursus. Seuls 32 % des étudiants en Classe Préparatoire (CPGE) travaillent , contre 62 % en Section de Technicien Supérieur (STS) et jusqu'à 78 % en STAPS.
Précarité des contrats et secteurs d'activité
Sans surprise, ces emplois se caractérisent par une forte flexibilité et une prédominance des contrats courts.
- Une forte rotation : Si 46 % des étudiants concernés n'ont signé qu'un seul contrat dans l'année , plus de la moitié en ont cumulé au moins deux, et un quart ont signé quatre contrats ou plus.
- Nature des contrats : Le contrat à durée déterminée (CDD) reste la norme, concernant 66 % de ces étudiants. L'intérim en touche 24 % , tandis que 28 % parviennent à décrocher un CDI au cours de l'année (ces derniers étant le plus souvent à temps partiel ).
- Les secteurs rois : Le secteur tertiaire absorbe la quasi-totalité de cette main-d'œuvre. Le commerce arrive en tête (30 % des étudiants) , suivi de près par le secteur non marchand (administration, enseignement, santé) à 29 % et l'hébergement-restauration à 26 %.
Par ailleurs, pour près d'un étudiant sur trois (29 %), l'activité professionnelle se résume exclusivement à un « job d'été », une tendance particulièrement marquée chez les plus jeunes et les étudiants de CPGE.
⚠️ Un angle mort important : les services à la personne (CESU)
Note de la rédaction : Il est capital de préciser que les chiffres officiels de cette étude s'appuient sur la Déclaration Sociale Nominative (DSN) et excluent explicitement les salariés des particuliers employeurs. Par conséquent, tout le périmètre des emplois payés via le Chèque Emploi Service Universel (CESU) échappe à cette analyse. Pourtant, le soutien scolaire, la garde d'enfants (baby-sitting) et les heures de ménage constituent une part historique et majeure des revenus de la vie quotidienne de milliers d'étudiants. La réalité du travail étudiant en France est donc encore plus massive que celle décrite par les statistiques administratives traditionnelles.
Bon à savoir
Des milliers d'offres d'emploi dans les services à la personne accessibles aux étudiants sont proposés
ici sur aladom.
Un équilibre parfois difficile à tenir
Si ces jobs d'été ou missions régulières apportent un complément financier indispensable pour les loisirs ou le quotidien, tout est question de curseur. L'acquisition d'une première expérience professionnelle est valorisante pour l'insertion future , mais la Dares rappelle qu'au-delà de 18 heures de travail par semaine, le risque de décrochage scolaire augmente de manière significative.