Les aides à domicile auront aussi leur prime Covid. En déplacement à Toulon, Emmanuel Macron, soulignant leur rôle essentiel pendant la crise sanitaire, a annoncé le déblocage de 160 millions d’euros pour les auxiliaires de vie. Cela devrait leur faire une prime de 1000 euros, à laquelle l’Etat et les départements contribueront à part égale.

Illustration de l'article Crise sanitaire : les aides à domicile toucheront aussi une prime Covid

Ils faisaient partie des oubliés de la prime COVID visant à récompenser l’investissement des personnels soignants pendant la crise sanitaire… Les voilà sous les feux des projecteurs. En déplacement à Toulon, ce mardi 4 août, Emmanuel Macron a souhaité reconnaître le rôle des services d’aide à domicile qui ont joué « un rôle essentiel » pendant la période du Covid-19.

Une somme de 160 millions d’euros va être débloquée, qui devrait permettre aux auxiliaires de vie de toucher une prime de 1000 euros, au prorata du temps de travail, selon le journal Le Monde. Cette somme sera financée à moitié par l’Etat, et à moitié par les départements. Les services à domicile relèvent en effet des compétences des conseils départementaux.

Pour rappel, certains départements avaient annoncé qu’ils ne verseraient pas cette prime. Elle ne concernait par ailleurs que le seules les personnes salariées d’un Service d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), laissant les 200 000 personnes employées directement par une personne âgée dépendante sur le carreau. Justice semble faite, donc. Les personnels d’aide à domicile devraient toucher l’argent avant Noël.

Le rôle fondamental des métiers de l'aide à domicile

Ce discours, aux côtés de la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, et de la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel se faisait dans la foulée d’une visite sur le terrain chez une personne âgée dépendante. Le président de la République a rappelé le rôle fondamental des métiers de l’aide à domicile, et l’importance de mieux reconnaître ces « métiers difficiles » où «les rémunérations ne sont pas au rendez-vous alors qu’il y a des besoins », comme l’a souligné le rapport El Khomri remis au gouvernement en octobre 2019.

En France, aujourd’hui, 800 000 personnes âgées ont besoin d’une aide à domicile. À cela s’ajoutent un peu plus de 300 000 personnes en situation de handicap. Un peu plus de 320 000 professionnels (des femmes à 98 %) interviennent dans leurs foyers.

Une accélération du chantier de l'autonomie

« Pour que nous soyons une société inclusive, nous avons besoin de reconnaître ce risque dépendance », a déclaré Emmanuel Macron. Un cinquième risque dont on parle depuis 20 ans, et que le gouvernement semble décidé à prendre à bras-le-corps cette fois-ci. 

Le président de la République a annoncé l’accélération du chantier de l’autonomie, afin d’apporter aux personnes en situation de handicap et de dépendance des solutions qui correspondent aux besoins de chacun. Il a promis une gouvernance nationale, avec une déclinaison locale, région par région, département par département, avec des partenariats qui conviennent.

« Je souhaite que les associations, les collectivités territoriales, les structures, puissent embaucher ». « Le sens, la reconnaissance, la finance, la gouvernance, l’attractivité de ces métiers seront au cœur de cette grande loi autonomie », a-t-il souligné.

Un congé indemnisé pour les aidants

Le président a terminé son discours en évoquant le rôle des aidants, « dont certains voient leurs vies bouleversées, leurs carrières arrêtées, bousculées » pour se consacrer à leurs proches en situation de dépendance. Il a mis en avant l’importance de développer des maisons de répit pour les soulager et leur permettre de s'absenter, et l'instauration d’un congé indemnisé pour eux. « Je veux remercier tous ceux qui sont engagés dans ces métiers du soin, de l’aide à domicile et de l’accompagnement » a-t-il conclu.

Pour rappel, le rapport de Laurent Vachey, ancien directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), attendu pour septembre, délimitera le périmètre de la cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à la perte d'autonomie et au handicap, en définira la gouvernance, et le mode de financement. Un milliard d’euros de plus devraient aussi être consacrés à cette branche dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale.

Aladom.fr, référent dans le secteur des services à la personne et de l'aide à domicile, permet de recruter par petite annonce une aide aux personnes âgées ou une aide aux personnes handicapées dans toute la France.

Découvrir les offres pour les pros
Aladom

Professionnels du secteur

VISIBILITÉ, RÉFÉRENCEMENT, RECRUTEMENT,
DÉVELOPPEMENT CLIENTÈLE

découvrir les offres pour les pros
Commentaires
7 août 2020

UNA se félicite de la visite officielle du président Emmanuel Macron à Toulon, auprès des services d’aide et de soins à domicile mettant en lumière les métiers souvent invisibles, qui souffrent d’un manque de reconnaissance.

Le président a annoncé la mobilisation de 160 millions d’euros (80 millions d’€ de la part de l’État et 80 millions d’€ des départements) pour financer, avant fin décembre, la prime COVID aux aides à domicile qui ont joué un rôle essentiel tout au long de la crise sanitaire pour garantir la continuité de services auprès des personnes en situation de fragilité.

UNA qui milite depuis plusieurs mois pour l’attribution de cette prime, salue cet effort conjoint et la juste reconnaissance de la nation, au même titre que celle déjà attribuée aux agents des établissements publics hospitaliers et privés ainsi qu’aux professionnels des EHPAD, qui ont bénéficié d’une prime de 1 000 €.

Mais cette reconnaissance ne doit pas s’arrêter là. Prônant une nation inclusive, Emmanuel Macron annonce, d’ici la fin de l’année 2020, l’adoption de la loi Grand âge et autonomie pour apporter les solutions adaptées et pérennes afin d’affronter le défi démographique du vieillissement.

Pour le président, la revalorisation des salaires et l’attractivité des métiers du domicile font partie intégrante de ce chantier. UNA se félicite de cette prise de conscience mais considère qu’il devient urgent de donner un vrai signal et de passer des paroles aux actes sans même attendre le vote de la loi. UNA appelle en effet les pouvoirs publics à agréer dès à présent, les avenants 43 et 44 à la Convention collective de branche et donc à les rendre applicables afin de mettre en œuvre la revalorisation salariale tant attendue. L’avenant 43 relatif aux emplois et système de rémunération, signé par les partenaires sociaux en février dernier, correspond à une augmentation de 16% des rémunérations (estimée à 600M€). Cette refonte est nécessaire pour rattraper notamment la perte de pouvoir d’achat considérable de l’ensemble des salariés de la branche. En 17 ans, le pouvoir d’achat des auxiliaires de vie sociale (catégorie C) et des employés à domicile (catégorie B) a baissé respectivement de 31,3 % et 14,98 %.