La santé mentale n'est plus une simple question médicale, elle est devenue l'affaire de toute la société. C’est le message fort porté par le Gouvernement lors de l’événement « Santé mentale, Grande cause nationale ». Autour de Stéphanie Rist (Santé), Édouard Geffray (Éducation nationale), Marie-Pierre Vedrenne (Citoyenneté) et Anne Le Hénanff (Numérique), l'exécutif a affirmé sa volonté d’irriguer l’ensemble des politiques publiques, de l’école au monde du travail, en passant par le secteur agricole.

Un bilan 2025 porté par des résultats concrets

La mobilisation de l'année passée a permis de franchir des étapes symboliques et pratiques :

  • 300 000 citoyens formés aux premiers secours en santé mentale (PSSM), un objectif atteint avec un an d'avance.
  • Une Maison des adolescents (MDA) désormais implantée dans chaque département français.
  • Le dispositif MonSoutienPsy en forte expansion, avec près de 1,8 million de patients accompagnés depuis son lancement. Le nombre de bénéficiaires annuels a bondi, passant de près de 110 000 en 2022 à plus de 519 000 en 2025.

Fort de cet élan, l'année 2026 marque un « changement d'échelle » axé sur la précocité de l'action et l'accélération de la prise en charge.

Les 3 grands chantiers de la feuille de route 2026

1. Urgence jeunesse : « Aucun élève en souffrance sans solution »

Dès la rentrée 2026, un dispositif inédit d'orientation prioritaire sera déployé dans les établissements scolaires. Si un professionnel de l'Éducation nationale (médecin, infirmier, psychologue, assistant social) détecte un élève en souffrance, ce dernier bénéficiera d'une prise en charge accélérée vers une structure adaptée de son territoire.

En cas de danger vital ou de risque de passage à l'acte, le Service d'accès aux soins (SAS) et les urgences psychiatriques garantiront une réponse immédiate.

« Repérer tôt et orienter vite, c'est protéger à la fois la santé de l'élève et son avenir scolaire », souligne Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale.

2. Vers le « zéro contention » en psychiatrie d'ici 2030

Dans l'optique de renforcer la dignité et les droits fondamentaux des patients, la France engage une transformation profonde de ses pratiques hospitalières. Le Gouvernement fixe un cap ambitieux : tendre vers le zéro contention et l'isolement minimal d'ici 2030. Dès cette année, cela se traduira par :

  • Le déploiement d’espaces d’apaisement dans les unités de soin.
  • Le renforcement de la formation des soignants à la désescalade des tensions.
  • L'intégration du programme Quality Rights de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

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3. Écrans et réseaux sociaux : la majorité numérique fixée à 15 ans

Face aux conclusions scientifiques alarmantes sur l'impact des réseaux sociaux chez les plus jeunes,en particulier les adolescentes, le Gouvernement s'engage à appliquer la majorité numérique à 15 ans.

Cette offensive domestique s'accompagne d'une action diplomatique intense au niveau européen (via le Digital Services Act pour imposer des paramètres protecteurs par défaut) et international. Lors du G7 numérique, la France a poussé à la reconnaissance globale des risques des plateformes sur le bien-être des mineurs.

Une vigilance accrue pour le monde agricole

Le plan interministériel de lutte contre le mal-être agricole, coordonné par Olivier Damaisin, poursuit lui aussi ses actions de terrain. En 2026, l'accent sera mis sur le renforcement du réseau des « sentinelles agricoles » et sur une meilleure connaissance statistique de la détresse psychologique des agriculteurs pour agir de façon plus ciblée.

Une nouvelle gouvernance pour pérenniser l'action

Pour s'assurer que ces ambitions ne restent pas de simples déclarations d'intention, une Délégation à la santé mentale et à la psychiatrie est officiellement créée auprès de la Direction générale de la santé (DGS). Cette instance aura la lourde tâche de coordonner les différents ministères et de piloter un plan d'action pluriannuel.

L'ambition globale est résumée par Stéphanie Rist, ministre de la Santé : « Agir plus tôt, orienter plus vite, accompagner davantage et faire progresser les droits des patients ».

Le rendez-vous est pris pour juger des premiers impacts sur le terrain.