« Les Français doivent savoir où vont leurs impôts et leurs cotisations. » C’est par ces mots que le député David Amiel a résumé son nouveau cheval de bataille sur les réseaux sociaux. Son objectif ? Instaurer une transparence totale sur les dépenses de santé grâce à un outil que nous utilisons tous les jours : le smartphone.

Le principe : un reçu virtuel instantané

La proposition est simple mais ultra-connectée. Concrètement, après chaque rendez-vous chez le médecin, passage à la pharmacie ou séjour à l’hôpital, le patient recevrait immédiatement un SMS indiquant :

  • Le coût total de la prestation ou des médicaments.
  • Le montant exact pris en charge par l’Assurance Maladie.

« Je souhaite qu’un SMS vous indique immédiatement combien cela a coûté et combien la Sécurité sociale a remboursé », explique le parlementaire.

La dépense moyenne dépasse les 9 000 € par an pour les personnes de plus de 80 ans en Affection Longue Durée.

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Responsabiliser sans culpabiliser ?

Derrière cette initiative se cache un constat partagé par de nombreux économistes : le système du « tiers-payant » et des télétransmissions, s’il est une chance immense pour l'accès aux soins, a fini par invisibiliser le coût de la santé.

Pour les partisans de cette mesure, il ne s'agit pas de culpabiliser les malades, mais de faire de la pédagogie budgétaire. En affichant le prix réel des soins, l'État espère :

  1. Valoriser le modèle social français en montrant concrètement ce que couvrent les cotisations.
  2. Sensibiliser au juste soin et lutter indirectement contre le gaspillage de médicaments ou les rendez-vous non honorés.

Les défis techniques et éthiques

Si l'idée paraît séduisante sur le papier, sa mise en œuvre pourrait soulever quelques questions. Le traitement automatique de données médicales par SMS devra être scrupuleusement encadré pour respecter le secret médical et les règles de la CNIL (notamment pour éviter que des proches puissent intercepter des informations de santé sensibles sur un écran verrouillé). De plus, l'application Ameli propose déjà des relevés de remboursements, même si ceux-ci ne sont pas instantanés.

Reste à savoir si cette proposition de « transparence SMS » se transformera prochainement en texte de loi à l'Assemblée nationale. Une chose est sûre : le débat sur le coût de notre protection sociale, lui, est bien ouvert.