La Dress publie un dossier analysant la composition des ressources des jeunes de 18 à 24 ans autour des trois types de ressources : les revenus issus de la sphère domestique, les revenus du travail et ceux provenant des transferts sociaux.

Illustration de l'article Les jeunes de 18 à 24 ans reçoivent en moyenne 770 euros par mois

770 euros de revenu par mois pour les jeunes de 18 à 24 ans

Un dossier de la DREES analyse la composition des ressources des jeunes de 18 à 24 ans, à partir d'une enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014 (ENRJ 2014, DREESINSEE), autour des trois types de ressources :

  • les revenus issus de la sphère domestique,
  • les revenus du travail
  • les revenus sociaux

En France, les jeunes de 18 à 24 ans recevaient en moyenne 770 euros par mois fin 2014, issus du travail, des transferts et aides des familles, et de l’aide sociale publique. Entre 18 et 24 ans, le montant moyen reçu augmente fortement, passant de 430 euros à 1 120 euros.

La composition des ressources des jeunes évolue linéairement entre ces deux tranches d'âges : le revenu issu du travail remplace celui venant de la famille. La part du travail prend une place de plus en plus importante : 29 % des ressources à 18 ans et 77 % à 24 ans. Au contraire, l’aide provenant des parents passe de 53 % des ressources à 18 ans à 7 % à 24 ans.

Mais au-delà de l’âge, c'est le passage à l’âge adulte, notamment les décohabitations et l’entrée sur le marché du travail, qui semble conditionner à la fois le montant et la composition des ressources des jeunes. Les jeunes qui font leurs études ont comme source principale de reveu l’aide parentale. Selon une étude de l’Observatoire de la vie étudiante, 46 % des étudiants travaillent pendant leurs études et on trouve de nombreux jobs étudiants.

Ceux qui travaillent ont pour source de revenu principale le salaires issu du travail, et pour les jeunes chômeurs ou inactifs, la solidarité publique est la principale source de revenu.

Le fait d'habiter ou non chez ses parents fait varier le montant global moyen de ressources notamment pour les jeunes en études, au chômage ou inactifs.

Les ressources dont ils disposent en propre varient du simple à plus du double, par exemple, pour les jeunes en études, de 360 euros pour les cohabitants à 820 euros par mois pour ceux qui ont un logement autonome.

Concernant les revenus du travail, le Dossier revient dans un premier temps sur les difficultés de mesurer le travail des jeunes en études. Il existe de multiples mesures du travail étudiant qui, selon le champ retenu, font varier considérablement la part des étudiants qui travaillent. Au moment de l’enquête, un étudiant de 18-24 ans sur quatre déclare travailler en parallèle de ses études. Si on élargit la focale d’analyse à l’ensemble de l’année, ce sont près de 7 étudiants sur 10 qui déclarent avoir travaillé au cours de l’année, et un peu moins d’un sur deux qui travaillent en dehors des périodes de vacances scolaires (45 %). Les étudiants qui ont eu une activité au cours de l’année 2014, en dehors des vacances scolaires, ont des revenus du travail de 4 290 euros par an en moyenne, soit environ 360 euros par mois. Ce montant est de 3 320 euros en incluant dans le champ les étudiants qui ne travaillent que pendant les vacances scolaires, soit moins de 300 euros par mois. Pour la moitié des étudiants ces revenus annuels liés au travail sont inférieurs à 2 720 euros. La moitié (49 %) des 18-24 ans ne sont plus en études et sont en phase d’insertion sur le marché du travail. 

Parmi les étudiants sortis de formation initiale selon l’ENRJ, 58 % se déclarent en emploi fin 2014, 33 % au chômage et 9 % en inactivité en dehors des études. S’ils sont en emploi, ils perçoivent des revenus du travail fin 2014 qui s’élèvent en moyenne à 1 230 euros par mois. Dès cet âge de la vie, des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes semblent exister. En moyenne, ils sont de l’ordre de 200 euros.

Revenus sociaux pour les jeunes

Les jeunes de 18-24 ans bénéficient de revenus sociaux : bourses, aides au logement, allocations chômage, minima sociaux, etc.

En 2014, 38 % des jeunes percevaient directement des revenus sociaux pour un montant moyen de 380 euros par mois. Les revenus sociaux des jeunes peuvent peuvent transiter par les parents : 44 % des parents de jeunes adultes de 18-24 ans perçoivent des prestations sociales, d’un montant moyen de 460 euros par mois. Près d’un parent sur trois perçoit des prestations familiales. Ils sont plus d’un sur deux quand le jeune adulte interrogé dans l’ENRJ a 18 ans. 

Dans la littérature sociologique on identifie des déterminants de passage à l’âge adulte tels que la fin des études, l’accès à l’emploi, puis l’obtention d’un emploi stable, la décohabitation, la mise en couple, la parentalité (Galland, 2001).

Les non-cohabitants, tels qu’ils sont définis dans cet article, peuvent vivre une partie du temps au domicile parental, tout en ayant un logement dans lequel ils vivent sans leurs parents. Cela regroupe donc les catégories qui, dans d’autres articles à partir de l’ENRJ, sont qualifiées de « non-cohabitants » (purs) et de « semi-cohabitants ». 

Aide financière des parents

L’étude souligne l'importance de l’aide financière des parents : en 2014 sept jeunes sur dix sont aidés financièrement par leurs parents et particulièrement lorsqu’ils sont en cours d’études (9 sur 10).

Mais au-delà de l’aide financière, l’aide des parents prend de nombreuses autres formes : hébergement au domicile parental, aides en nature (40 % des jeunes déclarent des services tels que les lessives, des repas, le ménage réalisé par les parents, etc.), mais aussi contacts, discussions et soutien « moral », et enfin accompagnement du jeune dans l’insertion professionnelle et sociale.

Neuf jeunes sur dix parlent avec leur mère des études ou de l’insertion professionnelle (huit sur dix avec leur père) ; 45 % des jeunes qui ont déjà eu un emploi ont bénéficié de l’aide de leurs parents pour le trouver et un jeune sur deux a reçu le soutien de ses parents pour trouver son premier logement autonome. 

Les chiffres du travail étudiant

Selon la mesure adoptée, le décompte des étudiants qui travaillent peut aller du simple au double. Ainsi, en 2013-2015, près de 23 % des jeunes âgés de 18 à 29 ans qui suivent des études dans l’enseignement supérieur sont, en moyenne sur l’année, actifs au sens du BIT (Zilloniz, 2017). 45 % des étudiants du supérieur, tous âges confondus, déclarent avoir eu une activité rémunérée pendant l’année universitaire en 2013 (Belghith, 2015).

Enfin, 68 % des 18-24 ans en études supérieures en 201410 déclarent avoir perçu une rémunération pour un travail au cours de l’année (graphique 2). Ces différentes mesures reflètent la complexité de l’emploi étudiant : activités rares ou éparses pour certains, moyen de disposer d’un revenu libre d’usage pour d’autres, emplois intégrés ou en lien direct avec les études, ou encore nécessité financière afin de subvenir à leurs besoins pour une partie des jeunes. L’ENRJ permet d’éclairer ces différentes formes de cumul entre emploi et études.

Sur le champ spécifique des 18-24 ans inscrits dans l’enseignement supérieur toute l’année 2014, 23 % des étudiants déclarent, au moment de l’enquête11, une activité rémunérée en parallèle de leurs études. Parmi eux, 9 % sont en alternance. Certains étudiants n’ont pas d’activité régulière mais travaillent pendant les vacances scolaires. Dans l’ENRJ, près de quatre étudiants en 2014 sur dix ont eu une activité rémunérée pendant leurs vacances. L’emploi estudiantin présente une forte saisonnalité (Beffy et Coudin, 2007) et les vacances d’été sont le moment privilégié pour exercer ces activités : la plupart des étudiants de 18-24 ans en 2014 qui ont travaillé pendant les vacances l’ont fait exclusivement pendant les vacances d’été (31 % sur 39 %). Si l’on prend en compte l’intégralité de l’année 2014, la part d’étudiants qui ont eu une activité rémunérée s’élève à 68 %.

Si l’on exclut les étudiants ayant travaillé pendant les vacances uniquement12, le cumul travail rémunéré-études se réduit : 45 % des étudiants ont ainsi exercé une activité rémunérée en 2014 hors vacances scolaires. Cette mesure concorde avec celle proposée par l’Observatoire de la vie étudiante (Belghith, 2015). Enfin, dans le volet rétrospectif de l’enquête, les jeunes sont interrogés sur leur première activité rémunérée. On apprend ainsi que 70 % des étudiants de 18 à 24 ans ont déjà eu une activité rémunérée, qu’ils en aient une actuellement ou pas.

Cette première activité intervient souvent au 18e anniversaire ou avant celui-ci : ainsi 4 étudiants sur 10 qui ont déjà eu une activité rémunérée l’ont eu avant 18 ans et environ 35 % l’année des 18 ans. 

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