Un nouveau droit ultra-flexible pour les parents

Créé pour répondre au contexte actuel de baisse de la natalité et favoriser une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie de famille, ce dispositif offre jusqu’à deux mois de congé supplémentaires bien rémunérés pour chaque parent. Ce droit individuel, personnel et non transférable, s’ajoute aux congés de maternité, de paternité ou d'adoption existants, sans s’y substituer.  

  • Applicable pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026, il brille par sa souplesse :
  • Durée et fractionnement : Les parents peuvent choisir de prendre un ou deux mois, en une seule fois ou fractionnés en deux périodes d’un mois.
  • Organisation spatio-temporelle : Ce congé peut être pris de façon simultanée (pour être ensemble avec l'enfant) ou échelonnée (pour prolonger la présence parentale).

Délai d'activation : Il doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance ou l'arrivée au foyer (avec un aménagement transitoire pour les enfants nés au premier semestre 2026, où le compteur des 9 mois démarre au 1er juillet 2026).

Côté portefeuille, la Sécurité sociale prend le relais des salaires à hauteur de 70 % le premier mois (plafonné à 4 005 € au 1er janvier 2026) et 60 % le second mois. Les travailleurs indépendants bénéficient quant à eux d'une formule forfaitaire dégressive similaire.  

Quel impact pour le secteur des services à la personne ?

L'arrivée sur le marché de ce congé supplémentaire va modifier en profondeur les habitudes des familles, impactant directement les professionnels de la petite enfance et de l'aide à domicile.

1. Un report de l'entrée dans les modes de garde

Puisque le congé doit obligatoirement intervenir après l’expiration des congés légaux de maternité ou de paternité, et qu'il peut s'étendre sur deux mois par parent, les familles vont pouvoir garder leur enfant à la maison beaucoup plus longtemps.

Conséquence : La demande de solutions de garde pour les nourrissons de moins de 6 mois (crèches, assistantes maternelles, gardes à domicile) va naturellement baisser ou se décaler dans le temps. Les structures de services à la personne devront adapter leurs plannings et leurs offres à l'accueil d'enfants légèrement plus âgés.

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2. L'interdiction du cumul avec le CMG : un frein temporaire pour la garde privée

Les annonces de Stéphanie RIST apportent une précision cruciale pour le secteur : il n'est pas possible de cumuler le congé supplémentaire de naissance avec le complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour l'enfant concerné.  

Conséquence : Durant les mois où le parent est en congé supplémentaire et perçoit ses indemnités journalières, il ne pourra pas bénéficier des aides financières pour employer une garde à domicile ou une nounou. Les agences de services à la personne spécialisées dans la petite enfance verront donc des contrats de garde ne démarrer qu'à l'issue stricte de ce congé parental réformé.  

3. Une opportunité de relais et d'accompagnement

Bien que les parents soient à la maison, la présence d'un nouveau-né reste éprouvante. Si le cumul des prestations liées à la garde pure (CMG) est interdit, rien n'empêche les familles d'avoir recours à d'autres services à la personne (aide ménagère, entretien du domicile, livraison de repas). Le secteur pourrait ainsi voir la demande se déplacer de la "garde d'enfant" pure vers le "soutien global à la parentalité et au foyer" pendant ces mois de transition.  

Le congé supplémentaire de naissance promet d'être une avancée sociale majeure. Pour les acteurs des services à la personne, l'heure est à la préparation. Dès le 1er juillet 2026, l'entrée en vigueur de la réforme demandera une flexibilité accrue de la part des professionnels pour s'ajuster à des parents qui repousseront le moment de confier leur enfant à des tiers.