Une revalorisation automatique

Comme le rappelle le quotidien Les Echos, le code du Travail (article L. 3231-5) implique une revalorisation automatique du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), en cas d'une "hausse des prix [atteignant] 2 % en glissement depuis la dernière revalorisation du salaire minimum".

Selon les différentes prévisions, l'indice des prix à la consommation (IPC) permettant de mesurer l'inflation pourrait "compte tenu de l'accélération actuelle de l'inflation" gagner 2 % en avril ou en mai, par rapport à la dernière évaluation du SMIC, le 1er janvier dernier. Le cas échéant, en raison des dispositions du code du Travail, le SMIC pourrait ainsi évoluer dans la même proportion.

Ainsi, dès cet été, le SMIC horaire brut passerait de 9 euros à 9,18 euros soit une évolution sur le mois (pour 35 h par semaine) à 1392 euros brut, contre 1365 euros actuellement.

Le gouvernement joue la prudence

S'il n'a pas encore admis cette hausse, le ministère du travail ne l'a pas non plus exclu. Ainsi, pour le gouvernement, "cette perspective se précise, même si on ne peut prédire l'avenir. (...). Il n'est pas impossible que cela se produise mais on reste prudent".

Du côté européen, une hausse des salaires basée sur l'augmentation de l'inflation n'est pas la meilleure des choses loin de là. Pour Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean- Claude Trichet, ce serait même la "dernière bêtise à faire". Une telle augmentation pourrait selon lui "nuire à la réduction du chômage" et entrainer une nouvelle hausse des prix.

Pour les syndicats, cette hausse n'est qu'une conséquence logique, "le maintien du pouvoir d'achat, pas une progression" selon Jean-Claude Mailly de Force ouvrière (FO).

Une révision intermédiaire rare

Si le SMIC est révisé tous les ans au 1er janvier, la réévaluation intermédiaire reste un dispositif relativement peu appliqué. La dernière révision automatique date de 2008. A l'époque la revalorisation annuelle "normale" du SMIC se faisait le 1er juillet, une révision intermédiaire de + 2,3 % avait été alors appliquée le 1er mai.

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