La CNIL a relevé des anomalies dans les fichiers des clients et des intervenants de la société Acadomia.

Illustration de l'article Acadomia mis en garde par la CNIL

D'après Le Parisien, la CNIL a épinglé la société Acadomia qui porte atteinte à la vie privée de ses client et de ses intervenants. La société, leader en France du soutien scolaire conserve dans les fiches des professeurs et des élèves des données qui ne sont pas conformes aux règles de la CNIL. Deux problèmes ont été remontés. Premier problème : Acadomia n'a pas demandé les autorisations nécessaires à la CNIL pour constituer ses fichiers.

Acadomia, qui prend en charge 100000 élèves par an n'a pas demandé à la CNIL l'autorisation préalable de constituer des fichiers nominatifs sur les enseignants qui postulent. Sa base Sranet qui est conservée sans limitation de durée (ce qui est interdit par la CNIL) stocke des informations sur les 52 618 candidats « recrutés », mais aussi sur 179763 candidats « non recrutés ». Un autre fichier appelé Seanet stocke lui des informations sur les 131704 enseignants « démissionnaires » d'Acadomia.

Le deuxième problème concerne les données stockées sur les élèves et les enseignants. Certaines informations conservées sur les fiches d'Acadomia ne sont pas conformes aux règles de la CNIL. Par exemple, il est écrit qu'un enseignant a été « hospitalisé en urgence pour une tumeur cancéreuse », qu'un autre enseignant « pue » ou qu'un troisième est « en liberté surveillée pour affaire de pédophilie ». Ces commentaires relatifs à la vie privé, reprenant parfois sans les étayer des accusations graves, visent autant les professeurs en question que leur entourage familial («père en prison», «maman a un cancer de l'utérus»).

Acadomia stocke aussi des informations problématique sur ses clients : un père a été qualifié de "gros con", une mère de «raciste», et un élève de «saloperie de gamin».

De plus, les fichiers conservés sans limitation de durée, collectent le numéro de Sécurité sociale (celui-ci ne devrait être conservé que pour les enseignants travaillant avec Acadomia).

Le sénateur Alex Türke, président de la CNIL, a décidé de signaler les faits constatés au parquet de Paris le 17 mai.

Le directeur financier d'Acadomia, José Dinis, à indiqué que le rapport est « truffé d'inexactitudes, qu'il souhaiterait voir corrigées » et a ajouté que la société a « déjà mis en oeuvre les recommandations de la CNIL (durée de conservation des données...) ».

Source : Le Parisien,