3 150 € de dépenses de santé par habitant
La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) a publié le 5 novembre 2026 trois fiches actualisées de son Panorama sur la complémentaire santé. Elles s'appuient sur l'édition 2023 de son modèle de microsimulation Ines-Omar.
En 2023, la dépense de santé atteint 3 150 euros par habitant. L'Assurance maladie obligatoire en prend en charge 81 %, les complémentaires santé (les « mutuelles ») 15 %. Il reste en moyenne 150 euros à la charge directe des patients.
D'où vient ce reste à charge ? Surtout de la liberté tarifaire (120 euros) : les lunettes, prothèses dentaires et aides auditives dont le prix dépasse les tarifs de la Sécurité sociale, ainsi que les dépassements d'honoraires. Les franchises et participations forfaitaires représentent environ 20 euros.
À noter : ces chiffres ne couvrent pas les soins non remboursés, comme les médicaments non prescrits ou la chambre particulière à l'hôpital.
Les 70 ans et plus, premiers concernés
Les patients de 70 ans ou plus consomment beaucoup plus de soins que le reste de la population. Ils sont en moyenne mieux remboursés par l'Assurance maladie, notamment grâce au dispositif des affections de longue durée (ALD). Mais ils disposent le plus souvent de contrats de complémentaire santé individuels, moins protecteurs que les contrats collectifs d'entreprise sur l'optique, le dentaire, l'audition et les dépassements d'honoraires. Résultat : leur reste à charge atteint 290 euros en moyenne par an.
En ALD, une prise en charge qui n'efface pas tout
Les patients en ALD ont des dépenses de santé sept fois plus élevées en moyenne que les autres. S'ils sont mieux remboursés pour les soins liés à leur affection, ils paient toujours les franchises et les éventuels dépassements, et leurs autres soins suivent les règles classiques.
Leur reste à charge s'élève à 240 euros en moyenne, et grimpe à 870 euros pour 20 % d'entre eux.
Les plus modestes mieux protégés… s'ils ont la C2S
Parmi les 10 % de patients les plus modestes, le reste à charge moyen tombe à 80 euros. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sont en effet exonérés des franchises et protégés contre les dépassements d'honoraires.
En revanche, les personnes modestes qui n'y ont pas recours, ou n'y sont pas éligibles, peuvent y être exposées.
La mutuelle, un poids lourd pour les retraités modestes
Au-delà du reste à charge, la Drees mesure le « taux d'effort » global des ménages : cotisations, CSG, primes de complémentaire et frais restants. Il est de 16 % du revenu pour les ménages de moins de 65 ans, contre 11 % pour les 65 ans et plus, moins sollicités par les cotisations et la CSG.
Mais la moyenne cache des écarts. Les complémentaires augmentent généralement leurs tarifs avec l'âge et tiennent rarement compte des revenus. Et seuls 4 % des ménages âgés bénéficient de la C2S. Pour les ménages âgés les plus modestes, le taux d'effort grimpe ainsi à 15 % du revenu, dont 7 % pour la seule complémentaire santé, contre 10 % chez les plus aisés.
La Drees souligne enfin que l'Assurance maladie obligatoire réduit les inégalités de niveau de vie, contrairement aux complémentaires privées, à l'exception de la C2S.
Si vous êtes retraité ou aidant d'un proche âgé, deux réflexes peuvent alléger la facture :
- vérifier l'éligibilité à la complémentaire santé solidaire, encore très peu utilisée par les seniors,
- comparer régulièrement les garanties de la mutuelle, en particulier sur l'optique, le dentaire et l'audition, qui concentrent l'essentiel du reste à charge.
Le maintien à domicile d'un proche âgé passe aussi par un accompagnement au quotidien. Sur Aladom, vous pouvez trouver une aide à domicile ou un service d'accompagnement près de chez vous.
Source : Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), communiqué du 5 novembre 2026 et Panorama sur la complémentaire santé – données 2023, modèle Ines-Omar.