17,3 millions de retraités, et toujours plus de femmes
Fin 2024, 17,3 millions de personnes perçoivent une pension de retraite de droit direct d'un régime français, soit 114 000 de plus qu'un an plus tôt. 16,4 millions vivent en France, environ 900 000 à l'étranger. En ajoutant les pensions de réversion, les régimes français versent une pension à 18,2 millions de personnes.
La population retraitée se féminise : les femmes représentent 53,1 % des retraités de droit direct fin 2024, contre 50,8 % en 2004. Un quart des retraités sont polypensionnés, c'est-à-dire qu'ils touchent une pension d'au moins deux régimes de base.
En 2024, 718 000 personnes ont pris leur retraite pour la première fois, 7 % de moins qu'en 2023. Cette baisse s'explique par le relèvement progressif de l'âge légal, qui a décalé à 2025 une partie des départs de la génération 1962.
Une pension moyenne de 1 626 euros nets
Le montant mensuel moyen de la pension de droit direct atteint 1 752 euros bruts fin 2024, soit 1 626 euros après prélèvements sociaux. Avec une éventuelle pension de réversion, il monte à 1 920 euros bruts (1 785 euros nets). La pension brute moyenne progresse de 5,1 % en un an, soit 3,8 % une fois l'inflation déduite, portée par la revalorisation de 5,3 % des pensions de base au 1er janvier 2024.
L'écart entre femmes et hommes reste marqué mais se réduit :
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Femmes
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Hommes
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Écart
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Pension de droit direct (brut/mois)
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1 383 €
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2 186 €
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−37 % (−50 % en 2004)
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Avec pension de réversion (brut/mois)
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1 668 €
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2 216 €
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−25 %
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La pension ne dit pas tout du niveau de vie. En 2023, le niveau de vie médian des retraités (2 170 euros par mois) égale celui de l'ensemble de la population (2 150 euros) : ils ont rarement des enfants à charge, sont plus souvent propriétaires et perçoivent davantage de revenus du patrimoine. Leur taux de pauvreté est de 10,1 %, contre 15,4 % pour l'ensemble des Français.
À l'autre bout de l'échelle, 754 000 personnes touchent le minimum vieillesse fin 2024 (+4,3 % en un an), qui garantit 1 012 euros par mois à une personne seule.
Un départ à 62 ans et 11 mois, plus de 20 ans de retraite
L'âge moyen de départ atteint 62 ans et 11 mois en 2024, 2 ans et 5 mois de plus qu'en 2010, sous l'effet des réformes successives. Les femmes partent en moyenne 9 mois après les hommes (63 ans et 3 mois contre 62 ans et 7 mois).
La retraite reste longue : une femme née en 1957 y passerait en moyenne 26 ans et 5 mois, un homme 22 ans et 11 mois. Mais à 65 ans, l'espérance de vie sans incapacité n'est que de 11,8 ans pour les femmes et 10,5 ans pour les hommes. Une large part de la retraite se vit donc avec des limitations, et c'est là que se joue le besoin d'aide à domicile.
Certains retraités continuent aussi de travailler : 619 000 personnes cumulent emploi et retraite en 2024, soit 4,2 % des retraités de 55 ans ou plus.
Les seniors, premiers clients des services à la personne
Les retraités pèsent lourd dans le secteur des services à la personne. En 2023, les 3,35 millions de particuliers employeurs ont en moyenne 63,5 ans, selon l'Urssaf. Au moins un sur quatre a 70 ans ou plus : 853 000 bénéficient de l'exonération de cotisations réservée à cette tranche d'âge, et 134 000 financent leur aide grâce à l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).
Côté organismes (associations et entreprises de SAP), près de 60 % des heures d'intervention concernent l'aide aux personnes âgées ou l'aide aux personnes handicapées, selon la Dares. Cette part atteint 70 % dans les associations.
Les chiffres de la Drees laissent prévoir une demande en hausse : 114 000 retraités de plus chaque année, une retraite qui dure plus de 20 ans, dont une moitié environ avec des incapacités. Avec un niveau de vie médian comparable à celui des actifs, une partie importante des retraités a les moyens de recourir à une aide à domicile, d'autant que le crédit d'impôt de 50 % s'applique aussi aux non-imposables.
Pour les structures, c'est autant de besoins en recrutement d'intervenants.