Un rabot inédit sur l'APA depuis plus de vingt ans

Dans le cadre du PLFSS 2027, le Gouvernement veut réaliser 250 millions d'euros d'économies sur l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA). Le levier choisi : augmenter, par décret et donc sans vote du Parlement, la participation financière des personnes âgées aidées chez elles.

D'après la Fédésap, qui a réagi le 6 octobre 2026, l'effort porterait en priorité sur les premières heures d'aide, celles qui financent la prévention. La fédération estime que près de 12 millions d'heures d'aide pourraient disparaître chaque année, soit l'équivalent d'environ 7 000 emplois d'aide à domicile à temps plein.

Un tarif socle qui reste 7 € sous le coût réel

Cette mesure intervient alors que le tarif national socle de l'APA et de la PCH, prix plancher d'une heure d'aide, passera de 25 € à 25,20 € au 1er janvier 2027, soit +0,8 %. Une hausse trois fois inférieure à celle du Smic, revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026.

Le tarif reste ainsi à plus de 7 € sous le coût de revient d'une heure d'intervention, que la Cour des comptes évalue à plus de 32 €. Les services autonomie à domicile ont par ailleurs perdu depuis janvier l'exonération de cotisations patronales sur leurs heures d'intervention auprès des 70-79 ans.

Le domicile, grand absent du budget de l'autonomie

Le PLFSS 2027 augmente de 0,9 milliard d'euros les dépenses d'assurance maladie pour les établissements et services médico-sociaux. Mais selon la Fédésap, ce sont surtout les établissements qui en bénéficient, avec comme mesure phare le recrutement de 3 700 professionnels en EHPAD. Les documents budgétaires ne comportent aucune mesure nouvelle de financement de l'aide à domicile.

« Nous sommes très loin du fameux virage domiciliaire. [...] Faire des économies sur les premières heures d'aide, c'est faire des économies sur la prévention. »
Frank Nataf, président de la Fédésap

Pour la fédération, les économies d'aujourd'hui risquent de se traduire demain par davantage de chutes, d'hospitalisations et d'entrées en établissement.

Ce que demande la Fédésap

  • le retrait du projet de décret ou, à défaut, une évaluation publique de ses effets sur les heures d'aide réellement consommées et un débat au Parlement ;
  • une évolution du tarif socle de l'APA et de la PCH, et de l'encadrement des prix, alignée sur le coût réel des services et l'inflation ;
  • dans le prolongement du rapport de la Cour des comptes de juillet 2026, une remise à plat du financement de la perte d'autonomie, avec un « bouclier reste à charge » modulé selon le niveau de dépendance, les ressources et l'environnement familial.

Rendez-vous à la Conférence nationale de l'autonomie

La fédération sera également attentive aux mesures de simplification attendues lors de la Conférence nationale de l'autonomie, prévue mi-octobre. Elle y a porté plusieurs propositions : report des heures non utilisées et lissage des plans d'aide, charte nationale de télégestion, évaluation de la qualité adaptée au domicile et financement de l'autonomie plus lisible.