La 7e Conférence nationale du handicap (CNH) s'est finalement tenue le 4 septembre 2026 au Prisme de Bobigny, après son report en juin en raison de la canicule. Présidé par Emmanuel Macron, ce rendez-vous organisé tous les trois ans permet de dresser le bilan des politiques publiques consacrées au handicap et de définir les priorités à venir. 

Vingt ans après la loi du 11 février 2005, l'ambition affichée évolue : il ne s'agit plus seulement de construire une société inclusive, mais une société dans laquelle chacun peut effectivement accéder à l'école, au travail, aux soins, au logement, à la culture ou encore aux services publics. 

CNH 2026 : quelles sont les principales mesures annoncées ? 

La feuille de route présentée lors de la CNH comporte 16 engagements déclinés en 65 mesures pour les trois prochaines années. 

Parmi les annonces principales détaillées par le Gouvernement, une première stratégie nationale de l'accessibilité doit être déployée pour la période 2026-2029. Elle doit notamment permettre d'achever la mise en accessibilité des 250 démarches essentielles de l'État et de rendre accessibles les établissements de services publics prioritaires d'ici 2029. 

L'accessibilité concerne aussi les loisirs. La CNH prévoit de poursuivre la mise en accessibilité de la culture, du sport et des espaces naturels. Un enjeu qu'Aladom avait récemment abordé en s'intéressant aux solutions permettant de rendre les événements culturels réellement accessibles aux personnes handicapées. 

École, emploi et santé : accompagner les parcours de vie 

La CNH 2026 cherche également à raisonner davantage en termes de parcours.À la rentrée 2026, 560 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés, soit 62 % de plus qu'en 2017. Plus de 1 300 pôles d'appui à la scolarité sont par ailleurs déployés. Un « projet de réussite unique » doit désormais permettre de simplifier les parcours et de renforcer la coopération entre l'Éducation nationale et le secteur médico-social. 

L'emploi constitue un autre chantier important. Le gouvernement veut porter le dispositif d'emploi accompagné à 20 000 bénéficiaires d'ici 2028, développer l'accessibilité des lieux de travail et soutenir davantage l'apprentissage. 

La question dépasse cependant l'accès à l'entreprise : les pratiques de recrutement et l'intégration dans les équipes restent déterminantes. Aladom avait notamment consacré un article à la nécessité de faire évoluer les pratiques de recrutement face au handicap. 

En matière de santé, les engagements portent notamment sur le développement des consultations adaptées et l'accessibilité des chambres de maternité dans les CHU. 

Plus d'autonomie dans le logement et la vie quotidienne 

Pouvoir choisir son lieu de vie fait également partie des priorités. La feuille de route prévoit de faciliter l'identification des logements accessibles, de développer certains équipements domotiques et de faire évoluer l'habitat partagé. Le médico-social doit parallèlement poursuivre sa transformation autour des besoins et du projet de la personne plutôt qu'autour des structures existantes. 

Cette autonomie repose aussi sur la possibilité d'être accompagné au quotidien. Selon les situations, l'aide aux personnes handicapées à domicile peut permettre de faciliter les gestes de la vie courante, les déplacements ou le maintien d'une vie sociale. 

La prestation de compensation du handicap (PCH) reste à ce titre un dispositif essentiel pour financer certaines dépenses liées à la perte d'autonomie. Pourtant, comme l'expliquait Aladom dans son décryptage consacré à la PCH et à ses évolutions, ce droit demeure encore complexe et parfois méconnu des personnes susceptibles d'en bénéficier. 

Des associations qui attendent désormais des moyens 

Si les objectifs affichés sont nombreux, les réactions du secteur sont plus nuancées. Plusieurs associations interrogées par Carenews reconnaissent des orientations allant dans le bon sens, mais regrettent le manque de précisions sur leur financement et leur mise en œuvre. L'Unapei pointe notamment l'absence de chiffrage financier pour la plupart des engagements. 

Force Ouvrière formule une critique similaire : rendre la société accessible suppose, selon l'organisation, des moyens humains, techniques et financiers qui restent insuffisamment détaillés dans la feuille de route. 

Cette interrogation sera donc centrale dans les prochains mois : comment transformer 65 mesures en changements réellement perceptibles dans la vie des personnes en situation de handicap ? 

Après la CNH 2026, le défi de la mise en œuvre 

La Conférence nationale du handicap fixe une direction pour les trois prochaines années, mais elle ne constitue qu'un point de départ. Un premier comité de suivi doit se tenir le 29 septembre 2026 afin de présenter les plans d'action associés aux différentes mesures. 

Accessibilité des bâtiments et du numérique, école, emploi, santé, logement, culture, sport ou simplification des démarches : les engagements couvrent désormais presque toutes les dimensions de la vie quotidienne. 

L'enjeu sera donc moins d'ajouter de nouvelles promesses que de vérifier leur traduction concrète sur le terrain. Car vingt ans après la loi de 2005, la question posée par la CNH 2026 reste finalement simple : l'accessibilité peut-elle enfin devenir une réalité quotidienne plutôt qu'un objectif à atteindre ?