Un vote quasi unanime à New York

Le texte a été adopté par 164 voix pour, une seule contre (celle des États-Unis) et six abstentions (Estonie, Géorgie, Lituanie, Moldavie, Serbie et Ukraine). Les USA qui utilisent les cartes comme une arme diplomatique se retouvent isolés. Ce texte porté par les pays africains, avec le Togo en chef de file, encourage les organisations internationales, les gouvernements, les écoles et les entreprises technologiques à privilégier des cartes dites « équivalentes », c'est-à-dire qui respectent les superficies relatives des continents.

La résolution met en avant la projection Equal Earth, mise au point en 2018 par les cartographes Bojan Šavrič, Tom Patterson et Bernhard Jenny. Elle n'interdit rien et n'impose aucune carte unique : la fameuse projection de Mercator restera visible partout, y compris sur nos écrans. Mais elle demande aussi que soient enseignées les limites de toute représentation plane d'une planète sphérique — un point qui concerne au premier chef les enseignants et les familles.

« Une carte juste ne change pas la géographie du monde, elle change notre façon de voir le monde », a résumé Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, ajoutant que les cartes « guident l'éducation, nourrissent l'imaginaire et influencent les perceptions collectives ». Les États-Unis, seul pays à s'y opposer, y ont vu la pièce d'un « projet idéologique beaucoup plus vaste ».

Pourquoi la carte accrochée au mur de la classe est trompeuse

La projection de Mercator date de 1569. Elle a été conçue pour la navigation maritime : elle conserve les angles, ce qui permettait aux marins de tracer un cap en ligne droite. Un atout technique remarquable mais qui a un coût. Pour aplatir la sphère terrestre, Mercator étire les surfaces à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur.

Résultat, un exemple frappant que beaucoup d'élèves découvrent avec stupéfaction : sur une carte de Mercator, le Groenland semble aussi vaste que l'Afrique. En réalité, l'Afrique est environ quatorze fois plus grande (près de 30 millions de km², contre un peu plus de 2 millions pour le Groenland). L'Europe du Nord et l'Amérique du Nord sont elles aussi considérablement grossies, tandis que les régions équatoriales apparaissent rabougries.

Cette distorsion est au cœur de la campagne « Correct The Map », lancée par les organisations Africa No Filter et Speak Up Africa, et soutenue par l'Union africaine depuis l'été 2025. Leur argument : une carte n'est jamais un simple outil technique, c'est aussi un support de perception. Voir un continent en petit, année après année, dans tous les manuels, finit par peser sur l'idée qu'on s'en fait.

La France a déjà bougé

Le lendemain du vote, le 5 septembre 2026, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé à la Sorbonne que le Quai d'Orsay abandonnait Mercator au profit de la projection Eckert IV, également équivalente. Le ministère avait en réalité entamé le mouvement dès 2021, en retirant progressivement les cartes de Mercator de ses sites diplomatiques. « Une carte n'est jamais totalement neutre », a souligné le ministre, qui présente cette correction comme « un acte de vérité ».

Reste une question ouverte, et c'est celle qui intéresse les parents : l'Éducation nationale suivra-t-elle ? Aujourd'hui, la grande majorité des planisphères affichés dans les salles de classe françaises sont encore des Mercator, et les projections d'Eckert ou de Peters restent très rares dans les manuels scolaires. Aucun calendrier n'a été annoncé pour les programmes.

Une occasion en or pour travailler la géographie… et l'esprit critique

Pour un enfant ou un adolescent, cette actualité est une aubaine pédagogique. Elle transforme un chapitre parfois jugé aride — « se repérer dans l'espace », « lire une carte » — en question vivante, avec un vote à l'ONU, des désaccords entre États et une réponse qui n'est pas dans le manuel.

Quelques pistes simples à explorer à la maison :

  • Comparer deux planisphères. Affichez côte à côte une carte de Mercator et une carte Equal Earth, et demandez à l'enfant ce qui change. L'exercice fonctionne dès le cycle 3.
  • Le test de l'orange. Découper une peau d'orange et essayer de la poser bien à plat : c'est tout le problème de la cartographie en trente secondes. Aucune projection ne peut conserver à la fois les surfaces, les formes, les angles et les distances.
  • Chercher des cartes truquées. Les cartes de propagande, les cartes électorales ou les cartes publicitaires sont d'excellents supports pour comprendre qu'un document peut être exact et orienté en même temps.
  • Faire le lien avec les maths. Échelles, proportions, rapports de surface : « quatorze fois plus grand », ça se démontre, et c'est un très bon exercice de proportionnalité.

Ce type de détour est exactement ce qui débloque un élève en difficulté : partir d'une question concrète et actuelle plutôt que d'une leçon à réciter. C'est aussi l'un des apports d'un accompagnement individuel — un professeur particulier peut prendre le temps de cette digression, ce qu'une classe de trente élèves avec un programme à tenir permet plus rarement.

Ce que le soutien scolaire peut apporter

En histoire-géographie, les difficultés sont rarement une question de mémoire. Elles viennent plus souvent d'un manque de repères et d'une méthode d'analyse de documents mal installée : identifier la source, la date, l'intention, repérer ce que le document montre et ce qu'il laisse de côté. Or c'est précisément la compétence que cette affaire de carte du monde met en scène.

Un accompagnement en cours particuliers d'histoire-géographie ou en soutien scolaire généraliste permet de travailler ces réflexes sur des supports que l'élève trouve intéressants, puis de les transférer à l'épreuve du brevet ou du bac. Pour les plus jeunes, l'enjeu est plutôt de consolider les grands repères (continents, océans, ordres de grandeur) pendant que la curiosité est là.

Sur Aladom, vous pouvez trouver et comparer des intervenants en soutien scolaire près de chez vous, pour des cours à domicile ou à distance. Rappelons que les cours à domicile entrent dans le champ des services à la personne et ouvrent droit, à ce titre, à un crédit d'impôt de 50 %, dans la limite des plafonds en vigueur.

À retenir : La résolution du 4 septembre 2026 ne va pas faire disparaître Mercator de Google Maps demain matin : la projection y reste techniquement très utile pour zoomer et naviguer. Ce que le vote change, c'est le statut de la question : la carte du monde n'est plus un décor neutre, c'est un objet dont on discute. Une bonne nouvelle pour tous ceux qui pensent que l'école doit apprendre à lire les documents autant qu'à les retenir.