Un taux d'emploi stable à 73 %

Deux ans après leur sortie d'études, en juillet 2025, 73 % des anciens apprentis occupent un emploi salarié. Dans le détail, 68 % évoluent dans le secteur privé et 5 % travaillent au sein de la fonction publique.

Ce chiffre témoigne d'une remarquable résilience : le taux d'emploi salarié est en effet quasi stable par rapport à la génération précédente, n'affichant qu'un léger fléchissement de 0,4 point. Si l'insertion progresse de manière très rapide au cours des douze premiers mois, la dynamique tend ensuite à se stabiliser durant la seconde année. On observe également un léger repli saisonnier à 18 mois, lié aux spécificités de certains secteurs comme l'agriculture ou l'hôtellerie-restauration.  

Le diplôme et la spécialité : des facteurs déterminants

L'accès à l'emploi reste fortement conditionné par le niveau d'études et la réussite aux examens.  

  • L'impact du diplôme : Décrocher sa certification reste le meilleur sésame. Le taux d'emploi à deux ans atteint 78 % chez les diplômés, contre 70 % pour ceux qui ont échoué ou abandonné en cours de route.  
  • Selon la certification préparée : Les titulaires d'un CAP affichent un taux d'emploi de 70 % , tandis que les diplômés d'un baccalauréat professionnel (ou brevet professionnel) s'élèvent à 78 %. Le BTS se maintient quant à lui à un excellent niveau avec 77 % d'insertion.  
  • Production vs Services : Les formations industrielles et de production s'en sortent nettement mieux (77 % d'emploi) que les formations orientées vers les services (70 %).  

Bon à savoir
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Des disparités persistantes entre les genres

L'étude met en lumière des trajectoires divergentes entre les trajectoires masculines et féminines. Deux ans après leur sortie, 75 % des hommes sont en emploi salarié contre 71 % des femmes.

Cet écart de 4,3 points s'est creusé par rapport aux constats faits à 6 mois (où l'écart n'était que de 2,4 points). La Dares attribue principalement cette différence à la sectorisation des vœux d'orientation : les hommes se dirigent massivement vers les métiers de la production (86 %), historiquement plus insérants, alors que les femmes se concentrent majoritairement dans les métiers des services (58 %).  

La quête de stabilité et l'accès au CDI

S'insérer c'est bien, s'installer durablement c'est mieux. Près de la moitié des anciens apprentis (48 %) occupent un emploi à durée indéterminée (CDI ou fonctionnaire) deux ans après leur sortie d'études. Si l'on isole uniquement les jeunes qui travaillent, la part des CDI grimpe à 66 % (avec une prime au secteur de la production qui affiche 70 % de CDI contre 62 % dans les services).  Néanmoins, la fidélité à l'entreprise d'accueil s'estompe avec le temps. Si 27 % des apprentis étaient salariés chez leur maître d'apprentissage six mois après leur diplôme, ils ne sont plus que 19 % au bout de deux ans.  

Focus : L'apprentissage dans les services à la personne, un secteur en tension

Bien que les métiers des services affichent globalement un taux d'insertion en deçà de la production (70 % contre 77 %), la filière des services à la personne (apprentissage petite enfance, apprentissage aide aux personnes âgées, aide à domicile) occupe une place à part. Porté par le vieillissement de la population et de forts besoins de recrutement, l'apprentissage y est devenu un levier majeur pour attirer de nouveaux profils.

Cependant, la trajectoire des apprentis dans ce secteur reflète les paradoxes de ces métiers : si l'accès à un premier emploi y est quasi immédiat en raison de la pénurie de main-d'œuvre, la stabilisation dans l'emploi à long terme (notamment l'accès à des CDI à temps plein bien rémunérés) reste plus complexe que dans le secteur industriel. Les parcours de transition y sont souvent plus fragmentés, illustrant le besoin persistant de revaloriser ces carrières pour fidéliser les jeunes diplômés après leur alternance.