Jeudi 26 mars, Élise Lucet et ses équipes plongent dans les coulisses d’un secteur en pleine mutation. Le constat est sans appel : le service à la personne n’est plus l’apanage des classes aisées. Porté par des aides d’État permettant de diviser la facture par deux, le marché a bondi de 7 % l’an dernier.
Une voie de reconversion séduisante
Pour certains, le ménage n'est plus un choix par défaut, mais une véritable opportunité de carrière. C’est le cas de Glawdys, 28 ans. Ancienne responsable d'une boutique de donuts, elle a troqué son tablier de commerçante pour un CDI d'aide ménagère.
« Avec 2000 euros par mois, je gagne mieux ma vie et je peux gérer mon emploi du temps », confie-t-elle au micro de Marion Leclercq.
Comme elle, de nombreuses femmes choisissent l'auto-entrepreneuriat pour devenir leur propre patronne, surfant sur la demande croissante des particuliers et des plateformes de locations touristiques.
L’envers du décor : le piège de l’ubérisation
Cependant, cette "success-story" à la française cache une face beaucoup plus sombre. L'explosion de la location de courte durée a fait émerger un sous-marché de l'ombre. Ici, la flexibilité devient souvent synonyme d’exploitation.
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L’enquête met en lumière les dérives de ce système :
- Absence de contrats de travail.
- Manque de protection sociale pour les travailleurs les plus fragiles.
- Sous-traitance opaque via des plateformes numériques.
Les personnes travaillant sous le statut d'autoentrepreneur n'ont pas toujours conscience de ce qu'entraîne ce statut et la différence avec un CDI pour une agence de services à domicile.
Le combat pour la dignité
Le reportage suit notamment le parcours de Tetiana et Oksana. Ces deux femmes, employées par un sous-traitant d'une grande plateforme touristique, ont décidé de ne plus se taire. Victimes de pratiques illégales, elles ont porté l'affaire devant la justice. Envoyé Spécial a pu assister à leur procès, un moment de vérité qui illustre la tension permanente entre la reconnaissance d'un métier indispensable et la brutalité d'un système "ubérisé".
À retenir : Entre valorisation médiatique et réalité de terrain, le secteur du ménage cherche encore son équilibre. Si les visages changent et s'affichent avec fierté, la lutte pour les droits sociaux, elle, reste d'une brûlante actualité.
ENQUÊTE – "Les nouveaux visages du ménage : une fierté, mais à quel prix ?"
Un reportage de M. Leclercq, F. Bardos, J. Rousseau, A. Guillot et R. Vincent (Spica Productions).
Diffusion : Jeudi 26 mars sur France 2.