La ministre déléguée chargée de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, a annoncé hier l’augmentation des salaires des aides à domicile qui interviennent chez les personnes âgées et handicapées. Elle sera effective à partir d’octobre. Pour l'USB Domicile, l'union syndicale de la branche des activités sociales, médico-sociales, sanitaires et de services à domicile, c'est une décision historique. Mais les structures privées d'aide à domicile ne sont pas concernées.

Illustration de l'article Les aides à domicile augmentées à partir d’octobre 2021 : une décision historique mais qui ne concerne malheureusement pas tout le monde

La hausse des salaires des aides à domicile intervenant chez les personnes âgées et handicapées marque un pas important dans la reconnaissance de ces métiers essentiels, réclamée de longue date par les acteurs du secteur. 

Aides à domicile quelle augmentation de salaire à partir d’octobre 2021

Ceci entre dans le cadre de l’application de « l’ avenant 43 » de la convention collective, qui attendait le feu vert de l’Etat. La ministre déléguée s’est engagée à ce qu’il soit validé par la commission du ministère des Solidarités et de la Santé pour la mi-mai.

Concrètement, un salarié de catégorie A (soit le plus faible échelon), sans ancienneté, qui touche aujourd'hui le smic, sera augmenté de 2,2 %. Mais avec dix ans d'ancienneté, le même salarié (aujourd'hui également au smic), sera augmenté de 13,6 %.

Ainsi, l’augmentation, pour une aide à domicile sans diplôme et sans ancienneté avec un salaire de 1 539 euros brut, serait de 33,50 euros. Elle irait jusqu’à 300 euros brut pour une aide à domicile sans ancienneté, mais diplômée.

Grand bémol cependant : cette décision ne concerne pas les salariés des structures privées d'aide à domicile, et les salariés du particulier employeur. Soit envirion la moitié du secteur. Les réactions fusent sur twitter dénonçant "le mépris", "l'indécence" du gouvernement, ou encore "un véritable scandale", notamment en ce qui concerne les "160 000 auxiliaires de vie (40%) travaillant dans les SAAD privé". 

Exemples d’impact concret de l’avenant 43, applicable dès le 1er octobre 2021

Dans son communiqué, le ministère des Solidarités et de la Santé donne des exemples concrets. 

• Rémunération de base d’un salarié de catégorie A (agent à domicile) sans ancienneté (1re année) : dans le cadre de la convention collective actuelle : 1 452,6 euros + une indemnité différentielle pour parvenir au niveau du smic soit 1 539,42 euros. Dans le dispositif proposé : 1573 euros soit une augmentation de 33,5 euros brut/mois.

• Rémunération de base d’un salarié de catégorie A (agent à domicile) avec 10 ans d’ancienneté : dans le cadre de la convention collective actuelle : 1 522,54 euros + une indemnité différentielle pour parvenir au niveau du smic soit 1 539,42 euros. Dans le dispositif proposé : 1749 euros, soit une augmentation de 227 euros brut/mois.

• Rémunération de base d’un salarié titulaire du diplôme d'Etat d'accompagnant éducatif et social (DEAES) de catégorie B sans ancienneté : dans le cadre de la convention collective actuelle : 1592,5 euros. Dans le dispositif proposé : 1892 euros, soit une augmentation de 300 euros brut/mois.

• Rémunération de base d’un salarié titulaire du DEAES de catégorie B avec 6 ans d’ancienneté : dans le cadre de la convention collective actuelle 1700 €. Dans le dispositif proposé : 1974,5 euros, soit une augmentation de 274 euros brut/mois.

Une décision saluée par les fédérations associatives dans le secteur des services à domicile 

L’USB Domicile a salué cette annonce. Pour rappel, cette dernière (une association loi 1901) est l’union syndicale de la branche des activités sociales, médico-sociales, sanitaires et de services à domicile (USB Domicile). Elle est constituée des quatre fédérations associatives dans le secteur des services à domicile : ADESSADOMICILE, ADMR, FNAAFP/CSF et UNA.

" Cette décision historique permettra la plus forte revalorisation des emplois et des rémunérations dans la Branche de l’aide à domicile depuis 2002. La révision des emplois et rémunérations proposée par l’avenant 43/2020 est une réforme d’envergure et structurante qui va bien au-delà d’une simple remise à niveau des grilles à hauteur du SMIC. Elle vise à rendre plus attractifs les métiers de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile en les adaptant à l’évolution de nos activités et en facilitant les parcours professionnels" a-t-elle déclaré dans son communiqué de presse. "Cet accord permettra aussi une revalorisation salariale pour les salariés des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et des Centres de Soins Infirmiers (C.S.I) qui sera au moins équivalente au bénéfice du Ségur de la santé."

Aides à domicile une convention collective obsolète

Aujourd’hui, seulement 43 % des aides à domicile accèdent à une rémunération conventionnelle supérieure au smic après 17 ans d’ancienneté. Ceci est dû à la convention collective qui date de 2010, et jugée obsolète par Brigitte Bourguignon.

"Il est essentiel de revaloriser ces professionnels mobilisés en première ligne auprès des personnes en perte d'autonomie dans la lutte contre la Covid-19, et qui permettront demain aux Français de vieillir plus longtemps chez eux", a commenté la ministre.

Une enveloppe de 80 millions d’euros avait déjà été débloquée grâce à elle pour inciter les départements à verser une prime Covid de 1000 euros en moyenne, avec les cafouillages que l’on connaît et de grandes inégalités dans les territoires.

Doit-on redouter de nouvelles tensions, et un bras de fer entre le gouvernement et les départements, qui ont en charge le financement de l’aide sociale ?

Aides à domicile une augmentation de salaire financée en partie par les départements 

En effet, pour se concrétiser dès le 1er octobre, comme annoncé par la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, cette augmentation de salaire a besoin du financement des conseils départementaux, compétents en la matière. Or, pour l’instant, ils n’ont pas accepté de mettre la main à la poche. Cela devrait passer par des négociations avec l’association des départements de France (ADF), dans un contexte d’élections départementales prévues en juin.

Au total, 209 000 personnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) et des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) sont concernés. Cela représente 300 millions d’euros annuels, à répartir entre l’Etat et les conseils départementaux.  

Pour le début, (les trois mois d’octobre à décembre 2021), l’Etat propose de compenser le coût à hauteur de 70 % par l’intermédiaire de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). À partir de 2022, ce ne serait plus qu’à hauteur de 50 %, soit 150 millions d’euros.

Le surcoût pour les départements s’élèverait à 75 millions d’euros en 2021. Après compensation de l’Etat, le coût résiduel serait de 22 millions d’euros.

Pour rappel, l’amendement au projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2021, voté à l'automne 2020, prévoit une dotation de 200 millions d’euros par an pour revaloriser les salaires des aides à domicile. Les fédérations représentatives des entreprises d'aide et d'accompagnement à domicile avaient d'ailleurs rédigé un communiqué pour demander au gouvernement de le confirmer. 

A plusieurs reprises, ces derniers temps, elles ont tiré la sonnette d'alarme, demandant des augmentations de salaires dans un secteur qui manque cruellement de bras. 

Aladom.fr, le référent de la petite annonce pour le service à la personne, permet de recruter des aides à domicile et des aides aux personnes âgées dans toute la France. 

Découvrir les offres pour les pros
Aladom

Professionnels du secteur

VISIBILITÉ, RÉFÉRENCEMENT, RECRUTEMENT,
DÉVELOPPEMENT CLIENTÈLE

découvrir les offres pour les pros
Commentaires
2 oct. 2021

??

25 sept. 2021

Je fais ce métier depuis quelques semaines, j'aime ce que je fais mais désolé, c'est pas rentable.

On utilise notre véhicule perso, le temps de trajet entre les bénéficiaires n'est pas rémunéré, on touche une indemnité kilométrique dérisoire (28 centimes/km pour ma part).

Le même métier avec voiture de fonction (un dépôt où on viendrait chercher notre véhicule chaque matin et poser chaque soir avec une carte carburant par véhicule) là oui même sans augmentation je continuerai. Nan parce que là quand on déduit tous nos frais on est payés sous le SMIC, c'est de l'esclavage moderne.

Donc pour ma part je ferais ça 1 an, puis VAE aide soignante et direction EHPAD.

24 sept. 2021

Quelle fumisterie!
Cela fait 15 ans que je fais ce métier dont 4 ans dans une nouvelle association(UNA).
Je viens d'avoir un RDV avec la directrice qui décide elle même, de combien sera l'augmentation, j'ai toujours fait mon travail comme il le faut, j'ai travaillé en plein covid.19 sans arrêter et là stupeur une augmentation de 64€ brut.
Il y a d'autres collègues en mi temps therapeutique qui ont plus de 150€, d'autres qui ont plus de 200€ pour faire le même métier.
Voilà la belle reconnaissance qui est donné à ce métier.

30 juil. 2021

il faut savoir que les associations privées se font beaucoup d'argent sur le dos de leur salarié(es), ils doivent donc se plaindre auprès d'eux.... pour ma part je suis auxiliaire de vie avec plus de 12 ans d'ancienneté je suis tres contente de cette augmentation qu'on espérait depuis longtemps, donc non je ne vais pas me plaindre je connais les contraintes et les difficultées de mon taf, j'aime mon métier ...........

1 juil. 2021

En tant qu’auxiliaire de vie j’adore mon métier et je suis attachée avec des personnes âgées chez qui j’interviens presque tous les jours!!!je trouve qu’on n’est pas assez payé pour ce métier, nous travaillons comme des malades avec des heures supplémentaires jamais payées des déplacements de trajets oubliés parfois ,pour certains c’est très difficile de prendre des vacances et on est jamais tranquille à chaque fois surtout c’est toujours les mêmes personnes qu’on rappelle pour venir travailler au lieu d’être en vacances. Avec la voiture c’est beaucoup de dépenses entre l’essence et l’entretien je ne comprends pourquoi on nous paye pas la totalité de l’essence et les frais puisqu’on utilisent notre propre voiture.
déjà la prime Covid je n’ai pas eu droit et là ça serait vraiment dégoûtant de pas toucher une augmentation de salaire au mois d’octobre, je comprends les Collègues qui travaille en maison de retraite ils ont raison et ça m’étonne pas du tout que les gens ne veulent plus travailler à domicile.

19 juin 2021

et oui comme dab qui va profiter de cette crise, les charognard de groupe du CAC40 QUI SONT EN TRAIN DE METTRE LEUR TOILE D'ARAIGNER UN PEU PARTOUT ET SE GAVER A RIEN FOUTRE.
ET OUI LA REDUCTION CHARGE ETAIT PAS ASSEZ POUR DONNER PLUS DE DEVIDANDE. ON VIE DANS UN PAYS QUI VIE QUE SUR LES MAGOUILLES CORRUPTION GOUVERNER PAR DES RIPOUX A TOUS NIVEAUX.
HONTE AU LOI SUR L'AIDE DES VIEUX LES JUGE QUI NOMMES DES TUTEUR RIPOUX BIEN SOUVENT DE CONIVENCE VOIR MEME LES PROCUREUR UNE HONTE TOUS CE QUI MARCHE EN FRANCE S'EST LE BLABLA

31 mai 2021

Jordan 23 ans, aide a domicile depuis 5 ans.Vis dans un 26 m² faute de finance .

Je suis outré de voir vos salaire moyens reflétant que 1% des employés de ce domaine .

On s'étonne que nous ne trouvons aucun collègue compétent pour palier au manque d'effectif .

D'autant plus que vos revalorisation touche un panel très réduit.

10 ans d'ancienneté la plus pars ne peuvent plus exerce cause de problème de santé dut au surmenage.

Des années d'attente pour ça, décevant et on s'étonne des départs ....

29 mai 2021

Les yeux grands ouverts sur nos métiers.
Ca pour ça, on nous regarde. Et la honte sur nous enfin jeter de très haut, nous sommes si important pour eux qu'avec 33 euros BRUT d'augmentation je vais mieux vivre.
Foutage de gueule. ON parle des frais, essence, pneus usés, réparation, choc de véhicule quand on est stationné et que les gens se barrent... révision réparation et j'en passe....
TOUT CA DE NOTRE POCHE.
Au final il reste des miettes a la fin du mois (si il en reste)
Au fait je pensais que pour travailler, on ne devait pas payer. On doit nous payer.
Notre véhicule, c'est notre gagne pain....la solution SVP
33 euros brut. BRAVO ENFIN NOTRE METIER EST VALORISE.
Laissez moi rire, c'est tous ce qui me reste

21 mai 2021

Je suis révoltée devant les annonces faites par Mme Bourguignon.
Les aides à domicile font toutes le même métier et elles ne sont pas dupes que la politique menée est de diviser pour mieux régner.
Nous devons être solidaires associations et structures privées car c'est l intérêt de toutes les aides à domicile et des personnes aidées

17 mai 2021

« Jamais nous n’avons été aussi loin dans la revalorisation des métiers de l’aide à domicile. »
Elle a le culot de dire çà...Si on n'a pas 10 ans d'ancienneté l'augmentation sera de 33.50 euros et brut SVP.
Nous allons aller très loin avec ça et se sentir toujours et encore traité avec mépris.
Il ne faut pas s'étonner qu'ils ne trouvent pas de personnel. Nous avons des horaires et déplacements avec nos voitures personnelles pour 35 ou 38 centimes du km entre deux interventions, sinon tout est de ta poche, ainsi que l'entretien plus fréquent au vu des kms.
A les entendre il faudrait qu'on leur baise les pieds.
Je trouve ça scandaleux

15 mai 2021

Honteux, des assoc déjà archi subventionnées, le contribuable va encore mettre la main à la poche.
Pour ceux et celles du secteur privé, c'est la double peine, pas d'augmentation, et on va payer pour les autres !!!

13 mai 2021

Je travaille depuis 20 ans chez une personne âgée via le cesu. Je comprend que je ne suis pas concerné par cette revalorisation de salaire.
C'est une honte nous faisons le même travail.
Plus personne ne voudra travailler chez les personnes âgées du privé.

20 avr. 2021

Comment est ce possible encore une fois de faire autant d'écart de traitement entre des gens pratiquant exactement le même métier. Nos patients ( particulier employeurs) finiront par ne plus trouver personne pour leur venir en aide si les écarts de salaire se creusent ainsi.Et surtout qu'avons nous fait pour ne pas mérité nos 10 euros net / heure diplômée et 13 ans d'ancienneté auprès de la même personne.

8 avr. 2021

Après la prime COVID pas versée, pas d'augmentation.
On se fout vraiment de nous.
Il ne faut pas s'étonner après que le secteur manque d'attractivité et ait du mal à recruter.
Ras le bol.

8 avr. 2021

La Fédésap, la FESP et le SYNERPA Domicile appellent à une valorisation des salaires pour l'ensemble des salariés du secteur de l'aide à domicile.

Les trois fédérations de la branche des entreprises privées de Services à la Personne, la Fédésap, la FESP et le SYNERPA Domicile s'émeuvent des récentes déclarations annonçant une hausse des salaires pour l'ensemble des aides à domicile de 13 à 15% au 1er octobre 2021. Dans les faits, ces annonces ne concernent que les salariés du secteur associatif et laissent sur le côté près de la moitié des aides à domicile.

Le 1er avril, Brigitte Bourguignon, Ministre déléguée à l'autonomie, annonce une revalorisation qualifiée d'« historique » des salaires du secteur de l'aide à domicile.

Pour la Fédésap, la FESP et le SYNERPA Domicile, ces annonces sont disproportionnées et incompréhensibles car elles ne concernent que les salariés attachés à la convention collective de la branche de l'aide à domicile du secteur associatif. Et, elles créent une iniquité entre les aides à domicile selon leur convention collective de rattachement.

Près de la moitié des aides à domicile laissés pour compte.

Pourtant au quotidien, les aides à domicile, employés par des associations ou des entreprises privées, font le même travail et accomplissent les mêmes tâches pour accompagner et prendre soin des personnes âgées en perte d'autonomie ou handicapées.

Alors que depuis plusieurs mois, la Fédésap, la FESP et le SYNERPA Domicile appellent à une revalorisation des salaires de TOUS les professionnels sans distinction des statuts de leurs employeurs, via un véritable « Ségur du Domicile », les 3 fédérations, réunies en intersyndical, réitèrent aujourd'hui l'absolue nécessité de rouvrir d'urgence les discussions sur ce sujet.