Les demandeurs d'emploi au premier trimestre 2026
La DARES et France Travail ont publié aujourd'hui les chiffres du premier trimestre concernant les demandeurs d'emploi. Depuis début 2025, les chiffres ont évolués et il est nécessessaire de corriger les chiffres pour comparer avec les données du passé, en raison de l'inscription automatique de tous les bénéficiaires du RSA, des jeunes en recherche d'emploi et des personnes en situation de handicap suivies par Cap Emploi. .
Le nombre de demandeurs d'emploi au premier trimestre 2026 a baissé de 0,3%, mais hors nouveaux publics il a baissé de 1,3%. Le total des inscrits en catégorie A a baissé de 1,2%, mais hors nouveau public il aurait baissé de 2,4 %, soit une baisse de 58000 personnes.
Au premier trimestre 2026, il y a 395 700 personnes en parcours social (catégorie F) et 630 400 personnes en attente d'orientation (catégorie G).
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail est de 6 460 400 au premier trimestre.
Une baisse globale portée par les jeunes
Le nombre de demandeurs d'emploi tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s'établit à 5 728 000 en France (hors Mayotte) au 1er trimestre 2026. Cette diminution trimestrielle de 0,3 % est principalement portée par la catégorie A (sans aucune activité), qui recule de 1,2 %.
Cette dynamique profite avant tout aux plus jeunes :
- Moins de 25 ans : Le nombre d'inscrits en catégorie A chute de 3,1 % sur le trimestre et de 10,6 % sur un an.
- 50 ans et plus : La baisse est plus modérée, avec -1,1 % en catégorie A sur trois mois.
- 25-49 ans : Cette tranche d'âge reste la plus stable avec une diminution légère de 0,6 % en catégorie A.
Le rapport souligne que les chiffres bruts sont fortement influencés par la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi. Depuis janvier 2025, l'inscription est automatique pour les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis par les missions locales.
Pour obtenir une vision réelle de la conjoncture, la Dares publie des "séries corrigées" qui excluent ces nouveaux publics et les effets des changements de règles :
- Un dynamisme sous-estimé : Hors nouveaux publics et sans l'effet du décret de juin 2025, la baisse en catégorie A aurait été de 2,4 % (soit 58 000 inscrits de moins) au lieu des 1,2 % observés.
- Chute des radiations : Le nouveau régime de sanctions privilégie désormais la "suspension-remobilisation". Résultat : le nombre de radiations administratives est passé de 45 000 au début de l'année 2025 à seulement 2 700 au 1er trimestre 2026.
Les points de vigilance : Chômage de longue durée et ancienneté
Malgré la baisse du nombre total d'inscrits, certains indicateurs de précarité s'aggravent :
- Ancienneté en hausse : L'ancienneté moyenne d'inscription atteint désormais 630 jours, soit 4 jours de plus que le trimestre précédent.
- Chômage de longue durée : Le nombre de personnes inscrites depuis plus d'un an augmente de 2,1 % sur le trimestre et bondit de 9,4 % sur un an.
- Indemnisation : Fin 2025, 3,87 millions de personnes en catégories A à E percevaient une allocation ou un minimum social (RSA/AAH), un chiffre en hausse de 1,4 % sur trois mois.
Nouvelles catégories F et G : l'enjeu de l'accompagnement social
La réforme a introduit deux nouvelles catégories pour mieux identifier les publics éloignés de l'emploi :
- Catégorie F : Concerne 395 700 personnes en parcours social.
- Catégorie G : Regroupe 630 400 personnes en attente d'orientation par le réseau pour l'emploi.
Enfin, le rapport note une explosion des sorties pour "défaut d'actualisation" (+175,6 % sur un an), un phénomène lié à l'intégration massive de nouveaux publics (RSA, jeunes) qui ne sont pas encore familiarisés avec les procédures mensuelles de France Travail.