43 auxiliaires de vie et 24 dirigeants de plusieurs structures d'aide à domicile privées et associatives de toute la France ont décidé de travailler ensemble pour formuler 4 propositions concrètes pour revaloriser tout de suite et maintenant le métier d'auxiliaire de vie.

Illustration de l'article Nous, auxiliaires : 4 propositions concrètes pour valoriser le métier d’auxiliaire de vie

Revalorisation du métier d'auxiliaire de vie

La crise du Coronavirus a montré qu'il est nécessaire de revaloriser les métiers de service. Le Président de la République a promis un plan massif de revalorisation de l’ensemble des carrières pour le personnel soignant. Les auxiliaires de vie, en première ligne aux côtés des plus vulnérables, ne veulent pas être les oubliés de ce plan.

Ces derniers jours, 43 auxiliaires de vie et 24 dirigeants de plusieurs structures d’aide à domicile, privées et associatives de toute la France ont décidé de travailler ensemble pour formuler 4 propositions concrètes pour revaloriser tout de suite et maintenant le métier d’auxiliaire de vie . Ces propositions émanent d’une étude réalisée auprès de 1100 auxiliaires et des rapports Libault et El Khomri parus en 2019 :

  1. Inscription dans les répertoires nationaux des professionnels de santé
  2. Rémunération de 1500€ net/ mois pour les auxiliaires à temps plein
  3. Un métier = une seule branche, une seule convention collective, un seul OPCO (opérateur de compétence)
  4. Toutes les sociétés commerciales du secteur ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale) ou société à mission

Une pétition a été lancée pour que les auxiliaires et acteurs du secteurs puissent rejoindre ce mouvement. Le 11 mai, elle avait recueilli plus de 6000 signatures.

Cette démarche est soutenue par Edgar Morin, Boris Cyrulnik, Laurent Berger, Laurent Escure, Myriam El Khomri, Dominique Libault, Nicole Notat, Xavier Emmanuelli, Michèle Delaunay, Alain Rousset, Françoise Jeanson, Marie de Hennezel, Julie Gayet, Axel Kahn, Jean Viard, Hervé Le Bras, Jérôme Shatzmann, Armelle Weisman, David Rivoire, Alexandre Jost, Frédéric Bardeau, Géraldine Bardeau, Jean-Claude Dupuis, François Silva, Laurence Méhaignerie, Alain Schnapper, Eric Delannoy, Emery Jacquillat, Elodie Mellière, Kevin André.

Plusieurs organisations soutiennent également : CFDT, UNSA, collectif l’Humain d’abord.

Le rapport de l’étude a été présenté mercredi 29 avril à 11h en conférence de presse . Ont témoigné 4 auxiliaires de vie de structures différentes : Isabel De Souza Texeira (Alliance Vie Fontainebleau), Frédérick Bily (ATOUSAGES), Soafara Emile (Louvéa Nancy), et Isabelle Vignaud (Alenvi). 2 dirigeants de structures d’aide à domicile ont également participé : Arnold Fauquette (Vivat) et David Le Norcy (Aide@venir). Thibault de Saint Blancard (Alenvi) a animé cette conférence de presse.

43 auxiliaires de vie 

Voici la liste des auxiliaires de vie à l’initiative de Nous, auxiliaires !

  • Structure Alliance vie - Fontainebleau
    • Christelle DUAUX
    • Isabel DE SOUZA TEIXEIRA
    • Eva BENAIN
    • Sophie BARLIS
    • Christine MONGIN
  • Structure Louvéa - Nancy
    • Soafara EMILE
    • Sandrine LANGLARD
    • Conchitta PINNA
    • Corinne RIEBEL
    • Pauline RICHARD
    • Ghizlène SEGHIER
    • Nicole TAILLEUR
    • Angélique TROADEC
    • Karen HABERMACHER
  • Structure Alenvi - Paris
    • Isabelle Vignaud,
    • Fabienne Barboza
    • Amoin Mahaut
    • Laeticia Kionga
    • Jean-Gilles Bougelet
    • Frédérique BERGOZ
    • Karima Hilson
  • Structure A tous âges - Nantes
    • Frédérick BILY
    • Peggy LELIEVRE
    • Sadia MEDDAHI
    • Océane BLANCO
    • Cyrielle LISON
    • Nicolas BRARD
    • Jean Evens GARRAUD
    • Cristina BATARD
    • Cécilia BOURDAIS
    • Laury CHATHUANT
    • Nicole CHATHUANT
    • Charlène LAPORTE
    • Mercredi 29 avril 2020
    • Marie Denise LAMARRE
    • Maxime LAMARRE
    • Marie Josée LENO
    • Sandrine PAGES
    • Joaninha PEMBA
    • Catherine ROCHER
    • Guirlaine ROSICLAIRE
    • Maud TESSIER
    • Sylvie TESSIER
    • Ophélie TETU

Voici la liste des Dirigeants associés à l’initiative de Nous, auxiliaires !

  • Arnold Fauquette (Vivat – Marcq-en-Baroeuil)
  • Antoine Blondel (Adhap Services - Rouen)
  • Guillaume Alsac (Soignons Humain - Wambrechies)
  • Antoine Martin Laprade (Alliance Vie - Fontainebleau)
  • Matthieu Charnelet (La main de jeanne - Béziers)
  • Guillaume Leenhardt (A vos côtés - Montpellier)
  • Véronique Scida (Louvéa - Nancy)
  • Muriel Le Devehat (A tous âges - Nantes)
  • Etienne George (Adhap Services - Orsay)
  • David Le Norcy (Aide@venir - Bordeaux)
  • Elodie Truteau (Le Coocon - Niort)
  • Olivier Müller (Apef - Rouen)
  • Eric Deneufbourg (Humane 44 - Nantes)
  • Arnaud Caille (AMF-AD - Maubeuge)
  • Audrey Blin (UNA Pays Alençon Perche)
  • Séverine Coge-Klein (Azaé - Rouen)
  • Martine Typret (Proxidom – Noyelles-Godault)
  • Cathy Meunier (ADN 87 - Limoges)
  • Alain Beaurepaire (ADAR Fourmies)
  • Aurélie Nicolas (Atelier 48 - Nantes)
  • Karine Boisramé (Atelier 48 - Nantes)
  • Thibault de Saint Blancard (Alenvi - Paris)
  • Clément Saint Olive (Alenvi - Paris)
  • Guillaume Desnoës (Alenvi - Paris)

ESUS et Société à mission

Voici l'extrait d'une tribune de Guillaume DESNOES, Co-fondateur at Alenvi

"La capacité d’une organisation à être utile socialement dans la durée se joue au moins à trois niveaux :

  • la gouvernance,
  • l’éthique des dirigeants et des salariés, 
  • l’objectivation et la mesure de l’impact.

La société à mission et l’ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), ont été toutes deux pensées pour structurellement aligner les objectifs de la société sur ceux de l’ensemble de ses parties prenantes : salariés, clients, actionnaires… Mais elles sont issues de deux histoires différentes.

La qualité de société à mission a été créée dans le droit français par la loi PACTE de 2019.

Elle suppose d’avoir défini une raison d’être dans ses statuts (ce qui est possible pour toutes les sociétés, y compris celles qui ne sont pas « à mission ») et d’avoir formalisé dans ces mêmes statuts des objectifs sociaux et environnementaux qu’elle entend poursuivre. Un nouvel organe de gouvernance, le comité de mission, est en charge du suivi de ces objectifs.

Il regroupe des représentants de l’ensemble des parties prenantes, et notamment des salariés.

Le législateur a créé la raison d’être et la société à mission pour acter une évidence : les sociétés commerciales n’appartiennent pas à leurs actionnaires et doivent être gouvernées au profit de l’ensemble des parties prenantes. Cette évidence était présente à l’esprit des concepteurs de la société de capitaux, qui exigeaient la validation de son caractère d’intérêt général (toute création de SA était avalisée par le conseil d’état jusqu’en 1867). Pendant longtemps, le développement de la démocratie sociale, le management des entreprises par des dirigeants professionnels non-actionnaires, et d’autres facteurs, ont empêché que la mainmise des détenteurs du capital ne devienne la norme. Mais depuis les années 1970, il était communément admis que la gestion des entreprises devait être orientée exclusivement vers la création de valeur actionnariale, souvent au détriment des autres impacts sur les salariés, l’environnement…De la multinationale qui « incentive » dirigeants et salariés sur le cours de bourse, à la TPE qui se crée dans un pur objectif de revente, les dérives généralisées ont justifié de refonder le droit des sociétés, en modifiant des articles qui dataient  souvent du début du 19ème siècle. La qualité de société à mission est en train d’être adoptée par de nombreuses entreprises comme Yves Rocher ou la CAMIF.

Le statut d’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale a été créé en 2014 par la loi Hamon sur l’Économie Sociale et Solidaire. Il concerne les sociétés commerciales qui poursuivent un but autre que le partage des bénéfices, dont une part majoritaire doit être réinvestie dans l’activité. Elles doivent également avoir une gouvernance démocratique impliquant salariés et parties prenantes, et une politique de rémunération équilibrée (pas plus de 10x le SMIC pour la plus haute). Ce statut est issu de la grande tradition française de l’économie sociale et solidaire (ESS). A l’époque où se libéralisaient les sociétés de capitaux, d’autres formes de personnes morales apparaissaient, souvent pour proposer des services à vocation sociale.

Associations et coopératives, qui représentent aujourd’hui 10% du PIB, se sont ainsi développées en s’appuyant sur des principes radicalement différents du système capitaliste : non-lucrativité individuelle, démocratie, utilité collective, primauté des personnes… Utiliser l’efficacité de la logique capitaliste en contenant ses effets pervers potentiels grâce aux valeurs de l’ESS, voilà l’ambition du statut ESUS, utilisé depuis 2014 avec succès par des « startups sociales » comme Simplon ou Phenix par exemple." 

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