La position de Nathalie ARTHAUD

aladom continue d'interroger les candidats déclarés à l'écelction présidentielle de 2017 pour savoir ce qu'il préconisent pour le secteur des services à la personne. Après les réponses de Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite et du centre, les réponses de Jacques Cheminade et celles de NKM, voici la position de Nathalie ARTHAUD, militante de Lutte ouvrière et candidate communiste à la présidentielle :  

"Les services d'aide à la personne me semblent indispensables pour la qualité de vie qu'ils peuvent apporter aux personnes, que ce soit dans le domaine de la santé, du handicap, ou pour apporter une aide aux personnes âgées ou aux familles ayant des difficultés. Et cela plus encore en milieu rural, où ils permettent de combattre l'isolement.

Cela dit, une fois de plus, les familles les plus modestes sont les moins bien loties. Parmi les 10 % de ménages les plus aisés, un tiers recourt aux services à la personne, soit 11 fois plus que les plus modestes. De plus, les avantages fiscaux pour les personnes âgées prennent souvent la forme d'une réduction d'impôt. Les ménages les plus aisés y trouvent donc un meilleur avantage par rapport aux plus démunis qui sont non-imposables (source DARES).

Je pense que ces services à la personne devraient être un service public, au même titre que la santé, les transports ou l'éducation. Or, l'Etat se décharge de plus en plus de ses obligations dans ce domaine. Les subventions des mairies, du Conseil général et des caisses d'allocations familiales sont calculées au plus juste, voire réduites, du fait du désengagement de l'État, laissant les associations et les bénévoles en supporter la charge ou en offrant ce service qui devient du coup lucratif à des entreprises privées. À l'inverse, l'activité et l'emploi des associations et des organismes publics prestataires diminuent.

Les premières victimes de toutes ces restrictions, outre les particuliers qui ont besoin d'aide, sont les salariés de ce secteur, soit entre un et deux millions de personnes. Elles, car ce sont très majoritairement des femmes,  travaillent à temps partiel, avec de grandes amplitudes horaires dues au cumul de plusieurs emplois, des coûts de transport importants, en particulier dans les zones rurales. Le personnel y est constamment en sous-effectif. Pourtant, il faut répondre à des besoins indispensables comme la toilette, les repas, les courses, le ménage, les gardes d'enfants, l'aide à la marche.

Les salaires annuels y sont faibles car le nombre d'heures est faible : 713 en moyenne sur l'année. Un salarié n'y gagne en moyenne que 8 400 euros annuels (analyse de l'Insee faite en 2015 en région Rhône Alpes). Et cela va s'aggraver car la course au profit dans le privé, les restrictions incessantes dans le public se font surtout sur le dos des salariés, par l'accroissement des rythmes de travail, la réduction des heures, donc des salaires pour un même travail.

C'est ce « marché », celui des travailleurs les plus pauvres, qui est visé par la recherche de profit privé. Ce profit, soi-disant privé n'est en réalité rendu possible que grâce à la prise en charge très importante des cotisations salariales et à la perception d'aides financières, fiscales ou allocataires par les personnes qui ont recours aux services, donc grâce à l'aide du secteur public, une fois de plus !

C'est pour dénoncer tout cela, c'est pour permettre aux électeurs des classes populaires d'exprimer leurs intérêts matériels et politiques que je me présente aux élections présidentielles de 2017. C'est aussi pour revendiquer qu'en ce temps de crise, il est encore plus vital pour les classes populaires que l'argent public serve à aider les catégories les plus fragiles de la population et à créer les emplois indispensables au bon fonctionnement de la société."

Nathalie ARTHAUD

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