La contraction du volume d'heures travaillées est réelle

La Direction de l'animation de la recherche (Dares) a publié les chiffres de l'emploi dans le secteur des services à la personne pour l'année 2011. Ce rapport fait état d'une baisse du volume des heures rémunérées dans les services à la personne pour l'année de référence avec des différences entre les particuliers employeurs et les prestataires de services. Aladom a joint Marie Béatrice Levaux, présidente de la Fédération des particuliers employeurs (FEPEM), afin de recueillir sa réaction. 

A la lecture du rapport de la Dares, on note que chez les particuliers employeurs, on enregistre une baisse du nombre des heures rémunérées de -3,8% pour l'année 2011 et une baisse de -4% du nombre des salariés, alors que dans le même temps, les prestataires de services à la personne ont connu une augmentation de +2,2% des heures rémunérées et de +2%du nombre des salariés. 

Pas de transfert de l'emploi direct vers les prestataires de services

La conclusion qui semble s'imposer est celle d'un transfert des heures rémunérées (et donc du travail) et des salariés des particuliers employeurs vers les prestataires de services. A la FEPEM, Marie Béatrice Levaux nous a donné une toute autre lecture de ces chiffres, à partir notamment des données dont dispose la Fédération. 

Analyser les chiffres comme un transfert serait une erreur. Si le volume d'heures rémunérées a bien baissé en 2011, il s'est stabilisé en 2012 et surtout, le nombre de particuliers employeurs, lui, est resté identique. Dans un contexte de crise économique sévère, l'emploi d'un salarié à domicile sert de variable d'ajustement au budget des ménages qui emploient un salarié à domicile. Ils n'ont pas licenciés leurs salariés pour faire appel à des prestataires de services, les employeurs ont restreint les heures de travail de leurs employés. 

Moins de salariés, mais plus d'auto-entrepreneurs

Le comportement induit par le statut d'auto-entrepreneur joue également son rôle. Selon la FEPEM, ils seraient effectivement nombreux à « tester le marché », ce qui contribue à augmenter le nombre des prestataires, sans compter les salariés qui sont également auto-entrepreneurs pour une activité d'appoint. Des particuliers employeurs sont aussi consommateurs de prestations de services pour des interventions ponctuelles... 

Dans tous les cas, avant de tirer des conclusions des chiffres de la Dares, il faut garder à l'esprit que le travail à temps partiel prévaut dans les services à la personne, ce qui complique beaucoup la donne. 

Bref, tout cela pour dire que l'emploi direct demeure le moyen préféré auquel les français ont recours pour répondre à leurs besoins en services à domicile, non sans raison puisque comme le souligne la FEPEM, être l'employeur de son salarié coûte moins cher.

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