Le président en place l'a annoncé, parmi ses premiers chantiers une fois réélu, la formation professionnelle des chômeurs tient une place de choix. L'Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) a été créée en 1949 « pour répondre aux besoins de la France en pleine reconstruction », elle est ainsi devenue l'acteur clé de l'insertion en France. 

En 2011, les statuts de cette institution ont été modifiés pour faire de l'AFPA un acteur majeur de la formation professionnelle. Ces statuts devaient prendre en compte deux préoccupations : donner aux membres de l'association tous les pouvoirs pour orienter l'activité de celle-ci et assurer les équilibres économiques fondamentaux de l'institution afin de garantir sa pérennité. Un collège supplémentaire a été créé pour intégrer les Conseils régionaux.

Toutefois, aujourd'hui les syndicats tirent la sonnette d'alarme. CGT, CFDT et SUD dénoncent de concert un démantèlement progressif de l'association. Ils attirent l'attention sur différents points :  

  • « Le désengagement de l'Etat depuis 2009 
  • La liquidation de l'orientation vers la formation avec le transfert de 900 salariés spécialisés en psychologie du travail à Pôle-Emploi, 
  • Par le passage de la subvention aux appels d'offres » 

Le résultat en serait une « AFPA déstructurée, déstabilisée et asphyxiée » avec une diminution constante et une précarisation des emplois, des conditions de travail dégradées, des moyens réduits, des formations supprimées et des projets de fermetures d'établissements. S'en suivent, très logiquement, une diminution croissante du nombre de personnes formées : 50.000 stagiaires en moins entre 2008 et 2011 et donc -25% de chômeurs sur la même période, toujours selon les syndicats. 

Le 29 mars dernier, un appel à la grève a été lancé dans plusieurs régions, notamment la Picardie et Rhône-Alpes. Dans cette région, la situation semble particulièrement préoccupante. Soumise aux appels d'offres pour la formation, dans le cadre des « Parcours de qualification et de certification professionnelles », l'AFPA a été retenue pour des lots d'un montant de 17 millions d'euros en 2012 alors que son budget se montait à 31 millions d'euros l'année précédente (appels d'offres et subventions compris). Conséquence directe, l'association pourrait être contrainte de supprimer certaines formations comme l'envisage le centre de Rilleux (69) qui pourrait en garder 2 sur les 24 proposées jusque-là.

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