Les dépenses annuelles engagées par l'Etat, la Sécurité Sociale et l'ensemble des départements pour financer la dépendance se montent à plus de 22 milliards d'euros. Les ménages de leur côté dépensent plus de 10 milliards d'euros, soit directement ou par le biais des assurances qu'ils ont souscrites. Population vieillissante, duré de vie de plus en plus longue, la dépendance et sa prise en charge s'invitent dans la campagne, à juste titre.

François Hollande favorable au recours à la solidarité 

« Nous allons vivre plus longtemps et nous allons être amenés à avoir des dépenses plus élevées pour assurer cette solidarité », a indiqué le candidat dans une émission de TF1. Il souhaite notamment engager « une réforme de la dépendance permettant de mieux accompagner la perte d'autonomie » ajoutant que l'APA (Aide Personnalisée à l'Autonomie) n'était plus suffisante. François Hollande explique que son choix se porte vers la solidarité : « il y a deux systèmes possibles, soit chacun s'assurera avec ses propres revenus (...) c'est l'inégalité et c'est un risque (...), soit c'est un système de solidarité (...) financé par une cotisation spécifique. (...) Moi, ma réponse, c'est que pour assurer ce 5e risque, nous aurons à appeler à la solidarité nationale, c'est à dire à une cotisation ». Le candidat affirme ainsi sa volonté de ne pas recourir aux assurances privées.

François Bayrou envisage d'instituer une assurance obligatoire 

Déclaration du candidat du Modem : « Il faut une assurance (dépendance) obligatoire, imposée à partir du mi-temps de la vie, peut-être sous forme de mutuelle, qui constituera un financement innovant. Le reste doit être payé par la solidarité nationale. »

Nicolas Sarkozy ne souhaite pas mettre en place de nouveaux prélèvements 

La prise en charge de la dépendance devait être l'un des grands chantiers du quinquenat de Nicolas Sarkozy. Il a récemment réclamé qu'il avait mis cette réforme entre parenthèses et qu'il envisageait désormais d'en "poser les bases" en 2013 en cas de réélection à l'Elysée. "Je n'ai pas voulu faire la réforme de la dépendance, ça voulait dire des prélèvements en plus et créer une nouvelle allocation", a affirmé le président-candidat sur TF1. "En 2013, quand le déficit sera ramené à 3% du PIB, à ce moment-là, nous pourrons poser les bases d'une réforme de la dépendance", a-t-il dit lors de l'émission "Parole de candidat"."J'ai pensé à un moment qu'on pouvait s'en sortir avec la dépendance en rendant l'assurance obligatoire et puis je me suis rendu compte qu'il n'y a aucun assureur qui était prêt à assumer", a précisé le candidat qui pose également la question de la succession et s'interroge : « Si la société prend en charge une personne âgée d'une famille, est-ce que la société ne doit pas se rembourser sur le patrimoine de la personne âgée lorsque celle-ci a disparu ? ». Le débat est renvoyé à 2013 (au cas où). 

Jean-Luc Mélenchon pour un vrai service public d'accompagnement 

Le candidat s'est clairement exprimé contre tout recours à l'assurance privée. Partant du principe que l'allocation personnalisée à l'autonomie (APA) était une conquête du gouvernement Jospin, Jean-Luc Mélenchon se prononce pour une cotisation au titre de la solidarité nationale et en fonction des ressources de chacun. "Il faut tout faire pour soulager les familles qui accompagnent leur parent en perte d'autonomie" a-t-il déclaré. Il s'est par ailleurs prononcé pour un vrai service public d'accompagnement qui permette de mieux valoriser les professionnels du secteur. 

Marine Le Pen souhaite créer une nouvelle branche à la Sécurité Sociale 

La candidate souhaite la création d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale, sans aucun recours au système privé. "Le financement des dépenses supplémentaires de la nouvelle branche de la sécurité sociale ne doit pas reposer sur les salariés, afin de ne pas pénaliser l'emploi, ni sur des retraités déjà largement précarisés", peut-on lire sur le site du Front national. Trois sources de recettes sont évoquées: "un vaste plan d'économies", "les recettes issues des droits de douane" (rétablies aux frontières) et "une plus grande taxation des revenus du capital".

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