En France, les jeunes mamans restent en moyenne 4,3 jours à la maternité contre 3,2 jours dans les pays de l'OCDE en 2009 et en 2008, 30% des séjours duraient 5 jours ou plus. Toujours à la recherche de nouvelles économies possibles, l'Assurance-maladie a mis en place le « programme d'accompagnent du retour à domicile », en bref le Prado. Son objectif : raccourcir le séjour à la maternité des françaises.

L'expérience est déjà menée depuis 2010 dans certains départements. Le système est basé sur le volontariat des mères en contrepartie d'un accompagnement à domicile par des sages-femmes libérales. Seules seront concernées celles qui ont accouché sans complication, par voie basse, d'un enfant à terme et unique. C'est l'équipe médicale et uniquement elle qui donnera son feu vert pour le jour de sortie.

Concrètement, comment se déroulera le Prado ? 

Un représentant de l'Assurance maladie sera présent à la maternité pour proposer à la jeune maman le suivi à domicile et lui présenter une liste de sages-femmes libérales pour qu'elle puisse faire son choix. Ensuite, ce représentant organisera le premier rendez-vous. Il pourra également aider la jeune mère dans ses démarches administratives. Le lendemain de son retour à la maison, la maman accompagnée recevra la visite de la sage-femme de son choix, puis une deuxième fois les jours suivants. 

Pour généraliser le système d'ici à 2013, l'Assurance maladie espère singer très rapidement un avenant avec les sages-femmes libérales avant le feu vert du ministère de la santé. Non consultés dans un premier temps, les syndicats de sages-femmes libérales avaient tout d'abord repoussé le programme. Associées ensuite au projet, les sages-femmes ont acceptées le Prado à condition que de faire la connaissance des futures mamans avant l'accouchement afin de préparer la sortie de maternité. 

Un programme qui devrait coûter moins cher à la CNAM 

Avec la mise en place de la tarification à l'acte, les maternités n'ont pas intérêt à garder les femmes plus longtemps. En effet, elles perçoivent le même forfait, soit 2.200 euros par accouchement et ce, que le séjour dure deux, trois ou huit jours. D'autre part, la CNAM a également constaté que pour éviter des retours au domicile qui pourraient mal se passer, pas uniquement après un accouchement difficile ou lorsque le nouveau-né est malade, des maternités mettent en place un suivi dans le cadre d'une hospitalisation à domicile (HAD). La formule est très coûteuse pour l'assurance maladie qui préférerait opter pour l'accompagnement par une sage-femme libérale, nettement moins onéreux. 

La question qui se pose maintenant est celui du nombre des sages-femmes libérales qui exercent en France. En 2010, ce sont 832.799 bébés qui ont vu le jour dans le pays, dont la très grande majorité dans des conditions idéales pour un retour rapide à la maison et les sages-femmes libérales sont 30.000.

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