Les chiffres clés : tous les compteurs dans le rouge

Au 3e trimestre 2026, 30 400 personnes de plus se sont retrouvées sans emploi en catégorie A. Si l'on ajoute ceux qui travaillent un peu (catégories B et C), on atteint 5 847 500 demandeurs d'emploi tenus de chercher un poste.

 Catégorie (France hors Mayotte)

T3 2026

Sur 3 mois

Sur 1 an

 A — sans emploi

3 353 400

+0,9 %

+2,1 %

 B — activité réduite courte

872 500

−0,6 %

+2,7 %

 C — activité réduite longue

1 621 600

+1,3 %

+2,8 %

 A, B, C

5 847 500

+0,8 %

+2,4 %

 A à E

6 587 600

+0,8 %

+2,0 %

Attention au trompe-l'œil. Depuis la loi pour le plein emploi, les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis en mission locale sont inscrits automatiquement.

Hors de ces nouveaux publics, la catégorie A progresse de 0,3 % sur le trimestre et de 0,9 % sur un an. La hausse est donc réelle, mais plus modérée que le chiffre brut.

Autre effet de la réforme : les radiations se sont effondrées. On compte 4 300 sorties par radiation en moyenne ce trimestre, contre 45 000 début 2025. Les sanctions passent désormais d'abord par une « suspension-remobilisation ».

Jeunes et chômeurs de longue durée : les grands perdants

Les moins de 25 ans encaissent la plus forte hausse du trimestre : +2,4 % en catégorie A. Les 25-49 ans suivent (+1,0 %). Les seniors, eux, restent stables.

Catégorie A par âge

T3 2026

Sur 3 mois

Sur 1 an

Moins de 25 ans

552 700

+2,4 %

+2,0 %

25 à 49 ans

1 938 100

+1,0 %

+3,5 %

50 ans et plus

862 700

−0,1 %

−0,8 %

Mais le chiffre le plus inquiétant concerne la durée. Les inscrits depuis un an ou plus sont 2 734 900, soit +8,4 % en un an. Ils pèsent désormais 46,8 % des demandeurs d'emploi en catégories A, B, C, contre 44,2 % un an plus tôt. Ceux inscrits depuis 1 à 2 ans progressent même de 10,7 %.

En moyenne, un demandeur d'emploi reste inscrit 633 jours, soit 10 jours de plus qu'il y a un an. Autrement dit : les inscrits récents reculent (−2,4 % sur un an pour ceux inscrits depuis moins d'un an), mais ceux qui sont là en sortent de plus en plus difficilement.

Le paradoxe des services à la personne

Plus de 3,3 millions de personnes sans emploi d'un côté. De l'autre, des structures d'aide à domicile, de garde d'enfants ou d'accompagnement des seniors qui peinent toujours à recruter. Le décalage a de quoi surprendre.

Pourtant, ces chiffres dessinent une vraie opportunité pour le secteur :

  • Les chômeurs de longue durée (2,7 millions, +8,4 %) cherchent une porte d'entrée. Les métiers du domicile recrutent souvent sans diplôme et forment en interne.
  • Les jeunes (+2,4 % en un trimestre) peuvent y trouver un premier emploi utile, proche de chez eux, avec des perspectives d'évolution.
  • Les personnes en activité réduite (catégories B et C, 2,5 millions) cherchent à compléter leurs heures. Le temps partiel choisi des services à la personne peut répondre à ce besoin.
  • Les sorties vers la formation progressent (+14,3 % sur le trimestre) : un levier pour orienter vers les titres professionnels du secteur.

Pour les employeurs, l'enjeu est de rendre leurs offres visibles là où ces candidats cherchent, et de valoriser ce que les métiers du domicile offrent : du sens, de la proximité et de l'emploi non délocalisable.

Ce qu'il faut retenir

Le chômage ne flambe pas, mais il s'installe. La hausse trimestrielle reste contenue, une fois neutralisés les effets de la loi pour le plein emploi. En revanche, le nombre de chômeurs de longue durée atteint un niveau qui devrait alerter. Pour les secteurs qui recrutent, comme les services à la personne, c'est le moment d'aller chercher ces profils là où ils sont.

Source

  • Dares Indicateurs n° 47, « Les inscrits à France Travail au 3e trimestre 2026 », octobre 2026 (France hors Mayotte, données CVS-CJO). Lien vers la publication