Une société française toujours perçue comme inégalitaire 

Le constat reste massif : 70 % des Français jugent la société française inégalitaire. Ce niveau reste globalement stable, ce qui montre que le sentiment d’injustice ne relève plus d’un simple climat passager, mais d’une perception installée. 

Les inégalités jugées les plus graves concernent avant tout des besoins essentiels : 

  • la possibilité de se soigner correctement, citée par 57 % des répondants ;
  • le logement, mentionné par 41 % ;
  • l’emploi, cité par 35 %. 

La santé s’impose donc comme le premier marqueur des inégalités. Et ce n’est pas qu’un ressenti théorique, les inégalités sont perçues comme concrètes, proches, presque quotidiennes. 

Cette centralité de la santé fait écho à d’autres signaux observés ces derniers mois. Sur Aladom, nous revenions par exemple sur la manière dont des initiatives comme IFA Berlin 2025, quand la technologie rend la maison plus inclusive peuvent contribuer, à leur échelle, à améliorer l’autonomie et l’accessibilité pour certains publics fragiles. 

Une société inclusive… surtout dans les intentions 

Dans son rapport d'étude, Eddy Vautrin-Dumaine rappel que, le terme progresse dans le débat public : 74 % des Français ont déjà entendu l’expression “société inclusive”, et 39 % disent voir clairement de quoi il s’agit. Mais cette notoriété accrue ne suffit pas à convaincre. 

Lorsqu’on leur demande si la société française correspond réellement à cette définition, la réponse est nette : 64 % estiment qu’elle n’est pas inclusive, et seulement 29 % pensent l’inverse. Plus encore, 65 % considèrent qu’aujourd’hui chacun n’a pas réellement la possibilité de trouver la place qu’il aspire à occuper dans la société. 

Ce sentiment est encore plus marqué pour certains profils. Seuls : 

  • 17 % des Français pensent qu’une personne en situation de handicap peut aujourd’hui trouver sa place dans la société ;
  • 28 % le pensent pour les habitants des zones rurales ;
  • 46 % pour les jeunes. 

On est donc loin d’une inclusion vécue comme effective. Le concept est connu, mais son incarnation reste jugée insuffisante. 

Des inquiétudes fortes, mais une attente très claire d’action publique 

Le baromètre montre une société préoccupée, parfois défiance, mais pas indifférente. Les grandes angoisses du moment sont très lisibles : l’insécurité et le pouvoir d’achat arrivent au même niveau, cités chacun par 44 % des Français parmi les principaux sujets de préoccupation. La santé suit avec 30 %, devant l’éducation à 19 %. 

Dans le même temps, les attentes sont extrêmement fortes envers l’action collective. 93 % des Français jugent important de garantir un service public de qualité et accessible pour tous, dont 75 % qui le considèrent comme prioritaire dans les cinq années à venir. 

Sans surprise, l’État reste l’acteur le plus attendu pour construire une société plus inclusive : il est cité en premier par 53 % des répondants, loin devant les collectivités locales (27 %), puis chaque citoyen et l’école (21 % chacun). 

Ce résultat dit quelque chose d’assez clair : malgré la défiance envers les institutions, les Français continuent d’attendre d’elles des réponses solides. Ils ne demandent pas un slogan de plus. Ils demandent des leviers concrets. 

Les associations, ce point d’appui qui tient encore 

Dans ce paysage parfois morose, les associations apparaissent comme l’un des rares acteurs à conserver un capital de confiance élevé. 59 % des Français disent leur faire confiance. Mieux encore, 82 % les jugent importantes pour la société, dont 47 % qui les considèrent carrément comme indispensables. 

Leur rôle dans le lien social est largement reconnu : 

  • 82 % estiment qu’elles créent du lien social là où il n’y en a plus ;
  • 79 % considèrent qu’elles sont indispensables pour aider les personnes en difficulté ;
  • 78 % les voient comme un pilier de la vie locale. 

Le baromètre souligne aussi que les Français ne voient pas les associations comme de simples structures périphériques. 60 % pensent même qu’elles devraient avoir plus de poids dans les décisions locales. 

Ce rôle de terrain, essentiel pour faire vivre l’inclusion au quotidien, résonne avec des initiatives que nous relayons aussi sur Aladom, Domaliance : ensemble, construisons un avenir inclusif, qui illustrent la manière dont l’inclusion peut aussi se construire dans le monde du demain. 

L’étude rappelle enfin que l’inclusion ne se joue pas seulement dans les politiques publiques ou les dispositifs institutionnels. Elle se construit aussi dans les représentations, dans l’éducation et dans les objets du quotidien. 

C’est ce qui explique l’écho rencontré par certaines initiatives culturelles récentes, comme la première poupée Barbie autiste, qui participent à banaliser la diversité et à faire évoluer les regards dès le plus jeune âge. 

Une société à un tournant 

Cette 11e vague du Baromètre de la société inclusive ne raconte pas une France résignée. Elle raconte plutôt une France qui doute, qui s’inquiète, mais qui continue d’attendre mieux. 

Les chiffres sont clairs : les inégalités restent fortes, l’inclusion demeure incomplète, et une majorité de Français estime encore que chacun ne peut pas trouver sa place. Mais l’attachement aux services publics, à la solidarité et au rôle des associations montre qu’un socle collectif existe toujours. 

La vraie question, désormais, n’est donc plus de savoir si l’inclusion est souhaitable. Elle l’est. La question est de savoir comment la rendre enfin visible, concrète et accessible dans la vie de tous les jours. 

Pour aller plus loin...  

Nous vous invitons à découvrir notre podcast : L'école inclusive : où en sommes-nous en 2025 ?   

Dans cet épisode, nous abordons un enjeu majeur de l’éducation et de l’inclusion : la scolarisation des enfants en situation de handicap. Chaque année, des milliers d’élèves se retrouvent confrontés à des parcours scolaires complexes, jalonnés de ruptures ou d’obstacles. Malgré des avancées législatives et des dispositifs dédiés, l’école inclusive reste un défi quotidien pour les familles, enseignants et élèves.  

⮕ A écouter juste ici !