Carburants : Le pactole inattendu de 270 millions d'euros
La semaine dernière, le gouvernement a annoncé débloquer 70 millions d'euros pour aider face à la crise des prix du carburant. Aujourd'hui Bercy communique un chiffre qui risque de fâcher : en mars 2026, les recettes liées aux carburants ont bondi de 270 millions d’euros par rapport à l’année dernière.
- TVA : +120 millions d'euros.
- Accises (taxe qui porte sur une quantité d'un produit et non sur sa valeur) : +150 millions d'euros.
Le revers de la médaille : Si l'État a encaissé beaucoup au début du mois, la fête est déjà finie. Sur les dix derniers jours de mars, la consommation d'essence s'est effondrée de 22%. Résultat ? Un énorme trou d'air fiscal est redouté dès le mois d'avril. À force de payer trop cher, les Français évite de rouler et le prix du carburant pénalise de nombreux secteurs comme les services à la personne. La circulation sur les routes ce week-end de Pâques sera un bon indicateur.
Aides de l'État : Un "pansement" à 130 millions d'euros
Face à la grogne, le Gouvernement a sorti le carnet de chèques pour le mois d'avril. Mais attention, le montant total des aides (130 millions d'euros) dépasse déjà les gains de TVA nette sur l'essence.
Qui va toucher quoi ?
- Transporteurs routiers : 50 millions d’euros d’aide forfaitaire.
- Agriculteurs : 14 millions d’euros pour le gazole non routier.
- Pêcheurs : 5 millions d’euros d’indemnité carburant.
- Foyers modestes : 700 000 nouveaux bénéficiaires ont été identifiés pour le chèque énergie (153 € en moyenne), qui sera envoyé dès le 1er mai.
Les principales fédérations du secteur des services à la personne demandent des aides pour soutenir les profesionnels des services à la personne qui ont besoin de leurs véhicules pour aller au domicile des bénéficiaires.
3,6 milliards d'euros de dette en plus !
C’est la face cachée de l’iceberg. Si l'État récupère quelques millions à la pompe, il en perd des milliards sur les marchés financiers.
Avec l’envolée des taux d’intérêt et de l’inflation, le coût de refinancement de la France explose. L'impact est estimé à 3,6 milliards d’euros pour la seule année 2026.
Soit un surcoût vertigineux de 300 millions d’euros par mois.
Verdict final le 21 avril
Ce premier bilan n'est que l'apéritif. Entre la chute de la croissance et l'inflation galopante, la facture totale de la crise s'annonce salée. Le verdict définitif sera rendu lors du Comité d’alerte des finances publiques le 21 avril prochain.
D'ici là, un conseil : surveillez votre jauge... et votre portefeuille.
L’effet délétère des guerres sur la vie de nos concitoyens et l’économie nationale devient intenable et fait croître d’autant les « inquiétudes du lendemain » exprimées suite à la Seconde guerre mondiale.
Plus particulièrement, la hausse des prix des carburants, liée au blocage du détroit d'Ormuz, frappe de plein fouet les métiers des transports, de l’agriculture et de la pêche, qui sont légitimement cités les premiers.
Mais il ne faut pas oublier celles et ceux qui furent applaudis sur les balcons au moment du COVID, qui prennent soin des personnes âgées ou handicapées, qui sont ces personnels du lien quotidien : les services d’aide à domicile.
Ces métiers n’ont pas été revalorisés depuis près de 4 ans. Des femmes – en grande majorité –l’exercent souvent à temps partiel, et pour un salaire proche du SMIC quand elles travaillent à plein temps. Une de leurs principales contraintes réside dans leurs déplacements quotidiens, particulièrement en milieu rural, pour prendre soin et contribuer au maintien de l’autonomie.
Dans ce moment de crise, il en va de la pérennité de nos services d’aide à domicile qui connaissent des difficultés financières, et ne peuvent se permettre d’augmenter l’indemnité kilométrique. De même, les Départements ne peuvent être laissés seuls en première ligne de l’urgence sociale alors même que leurs dépenses en matière d’Allocations Individuelles de Solidarités (RSA, APA, PCH) sont toujours insuffisamment compensées.
En 2022, consécutivement au début de la guerre en Ukraine, le Gouvernement avait appliqué une réduction directe à la pompe, pour tous et sans discernement. Dans le contexte actuel, mieux vaut aider ceux des particuliers et des professionnels pour lesquels c’est indispensable.
C’est ainsi qu’en tant que Président de Département et au nom du Groupe de Gauche des Départements de France, nous sollicitons un soutien ciblé pour le métier d’aide à domicile, visant à la compensation de l’inflation du prix des carburants, ajustée à son évolution, pendant toute la durée de la crise.
Il ne faut pas attendre. L’incertitude du conflit au Moyen-Orient et du comportement de ses initiateurs doit engager le Gouvernement à soutenir immédiatement ces métiers si essentiels pour 1,3 millions de personnes vieillissantes et/ou handicapées accompagnées à leur domicile. C’est un service vital que nous devons à nos concitoyens en situation de vulnérabilité pour qui l'aide quotidienne est indispensable.
Par ailleurs, un blocage des prix à la pompe et sur les ventes en gros pour limiter les surprofits tirés de la crise pourrait être mis en place au profit de toutes et tous. Ces surprofits représentent d’ailleurs la coquette somme de 11,6 millions d’euros par jour à l’échelle de la France. Ils pourraient être, via une taxe, l’une des sources d’une équitable redistribution pour financer la protection sociale.
Plus structurellement, il doit également poser les bases d’une réflexion de plus long terme sur notre dépendance aux hydrocarbures importés, et donc notre exposition aux risques géopolitiques.
La hausse soutenue des prix du carburant a désormais des répercussions directes et massives sur le secteur des services à la personne, en particulier sur l’aide et l’accompagnement à domicile.
Chaque jour, 700.000 aides à domicile parcourent des dizaines de kilomètres pour intervenir auprès des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, notamment dans les zones rurales et périurbaines. L’augmentation rapide des coûts de l’énergie se traduit mécaniquement par une charge supplémentaire que ni les salariés ni les structures ne sont en capacité d’absorber.
Le secteur fait une nouvelle fois face à un effet ciseau : des coûts en forte hausse (carburant, énergie, charges), sans possibilité d’ajustement. Pour 2026, l’évolution des tarifs des services autonomie à domicile (SAD) est strictement plafonnée à +2 %, un niveau très éloigné de la réalité des coûts sur le terrain. Ce cadre rend impossible tout partage du surcoût, fragilisant directement l’équilibre économique des structures.
Cette situation intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu, marqué par une inflation généralisée et par les discussions en cours sur une réduction des exonérations de charges pour les bénéficiaires de plus de 70 ans, qui viendrait accentuer encore la pression sur le secteur.
Les conséquences sont immédiates : tensions sur les équipes, dégradation des conditions d’intervention, et à terme, un risque réel de réduction de l’offre de services. Or ces métiers sont essentiels. Ils permettent à des millions de Français de continuer à vivre chez eux, évitent des hospitalisations et des placements en établissement, et contribuent directement à l’équilibre de notre système de santé et de solidarité.
Reçue ce jour par le cabinet de la ministre chargée de l’Autonomie, la Fédésap a fermement alerté sur la gravité de la situation et formulé des propositions concrètes pour répondre à l’urgence. En lien avec la CPME, elle a également saisi le cabinet du Premier ministre ainsi que Bercy, sur les conséquences opérationnelles de cette crise sur le terrain.
On empile les contraintes sans jamais donner les moyens de les absorber. Entre inflation, hausse du carburant et menaces sur les exonérations, c’est tout un modèle qui vacille. Derrière ces arbitrages, il y a une réalité simple : moins de moyens, c’est moins d’heures d’accompagnement pour ceux qui en ont le plus besoin.
Face à la hausse des prix des carburants, les réponses publiques ne peuvent ignorer les services d’aide à domicile.
Chaque jour, les professionnels sillonnent les territoires pour accompagner nos aînés, souvent seuls dans leur quotidien. Leur activité dépend directement des coûts de mobilité : ils doivent être pleinement intégrés aux dispositifs de soutien.