Dans un revirement symbolique pour Wall Street, Larry Fink, PDG de BlackRock, vient d’annoncer le lancement de « Future Builders ». Ce programme philanthropique de 100 millions de dollars vise à former 50 000 travailleurs aux métiers techniques (le « skilled trade ») au cours des cinq prochaines années.

L'objectif est clair : réhabiliter des métiers souvent délaissés par la Gen Z au profit d'études supérieures classiques, en mettant en avant des salaires à six chiffres et une stabilité d'emploi à toute épreuve.

Le « goulot d'étranglement » de l'IA et des infrastructures

Pourquoi le plus grand gestionnaire d'actifs au monde s'intéresse-t-il soudainement aux plombiers et aux électriciens ? La réponse tient en deux mots : besoin physique.

Larry Fink estime que les États-Unis auront besoin de 10 000 milliards de dollars d'investissements en infrastructures d'ici 2033 pour moderniser les réseaux vieillissants et construire les centres de données nécessaires à l'intelligence artificielle. Or, l'argent ne suffit pas. « Le capital seul ne suffit pas — les gens sont au cœur de la construction de l'avenir de notre pays », a déclaré Fink.

Sans techniciens pour câbler les serveurs d'IA ou moderniser le réseau électrique, les investissements massifs de BlackRock dans la tech et l'énergie risquent de stagner. Pour le géant financier, former des électriciens n'est pas seulement de la charité, c'est une gestion des risques pour son propre portefeuille.

La Gen Z et le retour au concret

L'initiative cible particulièrement la génération Z, qui commence à se détourner des cursus universitaires longs et coûteux pour privilégier des formations courtes menant à des métiers concrets. Avec l'essor de l'IA qui menace certains emplois de bureau (« cols blancs »), les métiers manuels qualifiés apparaissent comme un refuge sûr :

  • Salaires attractifs : Dans de nombreuses régions, un électricien ou un technicien HVAC (chauffage, ventilation, climatisation) expérimenté peut désormais prétendre à des salaires dépassant les 100 000 dollars par an.
  • Sécurité de l'emploi : Ces métiers ne sont pas délocalisables et sont difficilement remplaçables par des algorithmes.
  • Soutien complet : Le programme de BlackRock ne finance pas seulement la formation technique, mais aussi l'obtention des licences et l'éducation financière des travailleurs.

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Un pont entre Wall Street et la classe ouvrière

En déployant ces fonds via des organisations à but non lucratif et des partenaires de développement de la main-d'œuvre, BlackRock tente de créer un écosystème où la prospérité économique est mieux partagée. Larry Fink insiste sur la « mobilité économique » : permettre à des milliers de personnes d'accéder à la classe moyenne par le biais de compétences techniques indispensables.

Alors que Jensen Huang (PDG de Nvidia) rappelait récemment que l'IA aurait besoin de centaines de milliers d'électriciens supplémentaires pour fonctionner, l'initiative de BlackRock confirme que la prochaine révolution technologique ne se jouera pas seulement derrière des écrans, mais aussi sur les chantiers et dans les ateliers.