Selon la dernière publication de l’Insee, paru en début de semaine, un peu plus d’un indépendant sur dix gagne moins de la moitié du Smic annuel et vit sous le seuil de pauvreté. Les plus touchés par cette précarité sont les femmes et les plus jeunes.

Illustration de l'article Travailleurs indépendants : un peu plus d’un sur dix vit sous le seuil de pauvreté

Il y a aujourd'hui en France 3 millions de travailleurs indépendants.

Selon la dernière étude de l’Insee, parue en début de semaine, la France métropolitaine comptait en 2019 plus de 3 millions d’indépendants, selon la dernière enquête sur les revenus fiscaux et sociaux (ERFS).

Par définition, un indépendant est quelqu’un qui travaille sans contrat de travail et qui n’a pas de lien de subordination juridique permanent à l’égard d’un donneur d’ordre. Certains travaillent seuls, d’autres emploient un ou plusieurs salariés, d’autres ont le statut d’aide familiale.

Ceci englobe de nombreuses professions, allant de l’artisan à l’exploitant agricole, en passant par le coiffeur, l’avocat ou autre commerçant ou professionnel dans l’immobilier ou les assurances.

 Leurs revenus sont très variés. Les indépendants exerçant une profession intermédiaire dans les domaines de la santé et du travail social (8 %) sont ceux qui vivent le mieux, à l’image des kinésithérapeutes ou des orthophonistes. Seuls 7 % d’entre eux perçoivent de très faibles revenus d’activité.

 À l’autre extrémité, en 2018 et 2019, 11,7 % des indépendants perçoivent des revenus d’activité (salaires et revenus d’indépendants, hors indemnités chômage et hors pensions de retraite) annuels inférieurs à 50 % du Smic net, calculé selon leur "quotité de travail".

Concernant l’échelle des niveaux de vie, les indépendants sont plus représentés aux extrémités que les salariés : 13 % d’entre eux font partie des 10 % des ménages les plus pauvres (5 % pour les salariés) ; du côté des plus aisés, 25 % appartiennent aux 10 % des ménages les plus aisés (12 % pour les salariés).

 indépendants : les femmes et les jeunes gagnent le moins

 Le plus concernés par ces faibles revenus sont :

  •  les femmes

Parmi elles, 12 % exercent sous le statut d’aide familiale d’exploitant agricole ou de conjoint collaborateur d’artisan, de commerçant ou de professionnel libéral. Les aides familiaux ne sont pas payés en contrepartie de leur collaboration.

  • les personnes âgées de plus de 65 ans qui poursuivent une activité 

Mais plus des trois-quarts de ces seniors (77 %) ont déjà une pension de retraite (85 % parmi ceux qui gagnent très peu).

  •  les jeunes

Ainsi, plus du tiers des indépendants de moins de 30 ans perçoivent de faibles revenus d’activité (35 %). Une forte proportion de ces jeunes indépendants (48 %) travaille avec le statut de micro-entrepreneur (contre 24 % des indépendants tous âges confondus).

 

Les micro-entrepreneurs de plus en plus nombreux

Selon le dernier bilan de l’Urssaf de décembre 2021, les micro-entrepreneurs sont toujours de plus en plus nombreux, tentés par une certaine forme de liberté dans la gestion de leur temps, dans le choix de leurs clients, et dans leur organisation d’une façon générale. Leur nombre a continué d’augmenter en 2020, boostés par la demande de livraison à domicile pendant les confinements, les besoins de conseils et de prestations en informatique. En effet, de plus en plus d’entreprises se tournent vers le commerce en ligne, et ont besoin d’un site web adapté. Selon France Info, les auto-entrepreneurs ont représenté 85% des nouvelles inscriptions aux Urssaf en 2020.

 

Tous ne sont pas actifs pour autant. Au niveau des auto-entrepreneurs dans le secteur de l’aide à la personne, ceux répertoriés dans la section Q « santé humaine et action sociale » sont particulièrement dynamiques. Ainsi, en 2020, 81, 5 % de ces personnes travaillant au domicile des personnes âgées et des personnes handicapées (action sociale sans hébergement) ont déclaré des revenus. Cependant, bon nombre d’aides à domicile travaillent à temps partiel seulement, sans qu’elles en aient fait le choix, sans atteindre un équivalent de Smic mensuel.

 Vous êtes indépendant ou auto-entrepreneur et vous cherchez un emploi au domicile d’une personne âgée ou handicapée ? Aladom.fr, le site référent de la petite annonce dans le secteur de l’aide à la personne, met en relation les employeurs particuliers à la recherche d’une aide à domicile et les personnes à la recherche d’un emploi de femme de ménage ou d’auxiliaire de vie, par exemple. Vous pouvez aussi proposer vos services sur la plateforme jemepropose et vous faire rémunérer de façon sécurisée.

 

 des indépendants maintenus à flot grâce aux prestations sociales

Parfois heurtés de plein fouet par la crise sanitaire, souvent victimes d’une übérisation qu’ils n’ont pas choisie, sans congés payés ou quelconque sécurité d’emploi, les auto-entrepreneurs et autres indépendants bénéficient heureusement de prestations sociales quand ils y ont droit. Pour ceux qui gagnent peu, elles représentent même une part importante de leur revenu disponible.

Ainsi, plus de la moitié des indépendants (52 %) bénéficient d’au moins une des cinq principales prestations sociales (revenu de solidarité active (RSA), prime d’activité (PA), allocation adulte handicapé (AAH), allocations logement (AL) ou prestations familiales (PF).

Pour ceux qui gagnent très peu, ces prestations représentent jusqu’à 27 % du revenu moyen du ménage. Pour ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté, c’est 36 %.

Les indépendants qui vivent seuls ou seuls avec un ou plusieurs enfants sont beaucoup plus pauvres que ceux qui vivent en couple. C’est aussi probablement l’une des raisons pour laquelle les indépendants sont plus souvent en couple (avec ou sans enfant) que les salariés.

Pour aller plus loin :

Voir l'étude " Un peu plus d'un indépendant sur dix gagne moins de la moitié du Smic annuel et vit sous le seuil de pauvreté" sur le site de l'Insee