La pénurie de coiffeurs est un vrai cauchemar pour les salons de coiffure. En effet, il y a plus de 10 000 postes à pourvoir et très peu de monde intéressé. Même les clients préfèrent se tourner vers les coiffeurs à domicile qui, eux, sont de plus en plus nombreux. Sommes-nous en train de nous diriger vers la fin des salons de coiffure traditionnels ?

Illustration de l'article Pénurie de coiffeurs dans les salons !

Les coiffeurs désertent les salons !

« Il manque 15 à 20 % d’effectifs. » déclare Christophe Doré, le président de l’UNEC (Union Nationale des Entreprises de Coiffures). Plus précisément, 15 790 emplois de coiffeurs et esthéticiens, sont à pourvoir, selon l’enquête BMO (Besoins en Main-d’œuvre) 2021 de Pôle emploi. Les coiffeurs ont des conditions de travail très difficiles, ce qui peut, en partie, expliquer ce manque de personnel. C’est un métier physique où il faut rester debout toute la journée. De plus, les coiffeurs ont souvent des tendinites à force de faire quotidiennement les mêmes gestes. Les coiffeurs dénoncent aussi les horaires de travail contraignants dont le travail le samedi. Le problème des salaires est également un élément décisif pour changer de métier ou ne plus revenir travailler en salon de coiffure.

Un coiffeur gagne environ 1 350 € nets par mois et peut toucher deux fois plus dans un grand salon. « Tout le monde est d’accord pour augmenter les salaires. Mais à condition que les charges sociales baissent. » affirme Franck Provost, président du CNEC (Conseil National des Entreprises de Coiffures) et grand coiffeur français. Quant à l’UNEC, elle demande que la TVA baisse de 20 à 10 % pour les entreprises de ce secteur. En attendant, le chiffre d’affaires stagne et les salons de coiffure doivent refuser des rendez-vous par manque de salariés. La pénurie de main-d’œuvre a été amplifiée par la pandémie du Covid-19. Le niveau d’activité est toujours plus bas qu’avant la crise sanitaire. Le télétravail a aussi un rôle à jouer dans la baisse de la clientèle. Par exemple, on peut parler du fait qu’il n’y a plus de pauses déjeuner au bureau. Et donc, ce moment clef de la journée, pour aller se faire coiffer, n’existe plus.

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Pénurie d’apprentis coiffeurs !

Les coiffeurs professionnels ne sont pas les seuls à bouder les salons. En effet, les apprentis coiffeurs se font, eux aussi, très rares. L’ampleur des plages horaires et le travail le samedi, n’attirent plus les jeunes. La profession connaît une crise importante. La réforme de l’apprentissage en 2013, ainsi que la réduction des aides à la formation initiées par François Hollande ont nettement fait chuter le nombre d’apprentis. En plus de cela, un arrêté limitait le nombre d’apprentis par salon. Dans un salon de coiffure, il fallait trois coiffeurs confirmés pour pouvoir encadrer et former un seul apprenti.

En moyenne, il faut entre 5 et 8 ans à un apprenti pour être formé correctement et devenir coiffeur.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, on manque cruellement de main d’œuvre. On est en plein dans le creux dû à cette réforme. Depuis août 2021, Emmanuel Macron a décidé de redonner une dynamique à l’apprentissage en annulant cet arrêté. À partir de cet été, dans un salon de coiffure, il faut seulement une personne qualifiée pour pouvoir encadrer et former deux apprentis. Le gouvernement actuel a également décidé de renforcer les aides à la formation. Est-ce que ces mesures seront suffisantes pour pallier cette pénurie ?

Coiffeurs à domicile en forte augmentation !

Les salons ont également une concurrence de plus en plus forte de la part des freelances et des coiffeurs à domicile. En effet, 27 % du secteur est représenté par les coiffeurs à domicile, selon l’UNEC. Ce chiffre a été multiplié par plus de trois en plus de 10 ans, ce qui est vraiment énorme. Les coiffeurs font ce choix, en partie, parce qu’ils ont plus de flexibilité qu’en étant salariés, mais aussi moins de charges que s’ils décidaient d’ouvrir un salon de coiffure.

Sur le site jemepropose.com, les coiffeurs à domicile peuvent proposer le paiement sécurisé : ainsi il peuvent être assurés que les rendez-vous pris chez leurs clients seront honorés et qu'ils seront bien payés. L'argent est bloqué sur un compte en attendant que la prestation soit effectuée.

Pendant les confinements dus à la pandémie de Covid-19, les coiffeurs salariés se sont habitués à passer leurs week-ends en famille, selon Franck Provost. C’est une des raisons pour laquelle ils ont choisi soit de changer complètement de métier, soit de travailler à domicile. Nous pouvons ajouter à cela, que lorsque les salons de coiffure ont été obligés de fermer, car jugés « non-essentiels », les coiffeurs à domicile, eux, ont eu le droit de maintenir leur activité. La peur d’un nouveau confinement a, par conséquent, pu aussi conduire les coiffeurs à créer leur entreprise et les clients à faire appel à eux.

Pour conclure, nous pouvons dire que depuis la réforme de François Hollande en 2013, les salons de coiffure ont perdu un nombre extrêmement important d’apprentis. La crise sanitaire, ainsi que les trois confinements successifs, ont décidé un grand nombre de coiffeurs à devenir freelance. Rajoutés à ça, la difficulté de ce métier et les horaires de travail sont à prendre en considération dans ce changement. Les mesures prisent par Emmanuel Macron en 2021, permettront-elles d’inverser cette tendance et d’enrayer cette pénurie ?