Les familles monoparentales, constituées d’un parent vivant seul avec ses enfants, comptent pour un quart des familles avec enfant(s). Elles sont particulièrement exposées aux situations de précarité et de pauvreté et sont plus nombreuses que les autres ménages à avoir une vision pessimiste de leur situation actuelle, de leur avenir et de la société.

Illustration de l'article 29% des allocataires de la CAF sont des familles monoparentales

Les familles monoparentales

La DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publie une nouvelle étude afin de comparer l’opinion des familles monoparentales à celle des autres ménages concernant les inégalités et le système de protection sociale et de santé.

Pour réaliser cette étude, la DREES a cumulé les six dernières vagues (2014-2019) de son Baromètre d’opinion, qui suit chaque année l’opinion des Français sur les politiques sociales et de santé.

Constituant un quart des familles avec enfant(s), les familles monoparentales sont particulièrement exposées aux situations de précarité en raison de ressources financières moindres et d’un risque de chômage plus élevé que celles formées d’un couple avec enfant(s). Elles sont d’autant plus fragilisées qu’elles dépendent souvent de pensions alimentaires pouvant représenter une part conséquente de leurs ressources financières et dont le versement n’est pas toujours assuré. Les parents isolés se heurtent aussi à des difficultés dans la gestion du quotidien, notamment dans la conciliation entre leurs vies professionnelle et familiale.

Une vision plus sombre sur leur situation actuelle, leur avenir et la société

Parmi les familles monoparentales, 62 % considèrent que leur situation actuelle est bonne, contre 85 % des parents en couple et 77 % des personnes sans enfant (personnes vivant seules, en couple ou dans une autre configuration familiale).

De plus, 55 % des parents isolés considèrent que leur situation est meilleure ou identique à celle de leurs parents, contre 71 % des parents en couple et 67 % des personnes sans enfant.

De manière générale, les familles monoparentales sont un peu plus préoccupées par l’avenir : 50 % sont pessimistes à ce sujet contre 45 % parmi les autres ménages. Toutefois, elles ne sont pas beaucoup plus inquiètes que les parents en couple sur l’avenir de leur(s) enfant(s) : 65 % contre 63 %.

Par rapport aux autres ménages, les familles monoparentales considèrent plus souvent que la société est plutôt injuste (84 % contre 77 %) et « qu’il faut radicalement la changer » (31 % contre 26 %).

Généralement plus pauvres, les parents isolés demandent un haut niveau d’aides sociales

Plus de quatre parents isolés interrogés sur dix font partie des 20 % des ménages au niveau de vie le plus bas, c’est deux fois plus que les parents en couple. En conséquence, la dépendance des parents isolés aux prestations sociales est plus élevée que les autres ménages : 57 % d’entre eux déclarent percevoir des allocations logement et 23 % le RSA, contre respectivement 26 % et 8 % parmi l’ensemble des autres ménages.

Globalement, 31 % d’entre eux se considèrent comme pauvres, soit trois fois plus que les couples avec enfants.

Les familles monoparentales déclarent bien plus souvent (64 % contre 55 % parmi les couples avec enfant(s)) qu’il est plus important de maintenir les prestations sociales et les remboursements d’assurance maladie au niveau actuel que de prendre des mesures pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Parmi les parents isolés, 62 % considèrent qu’ils auraient besoin d’être davantage aidés, ce qui n’est le cas que de 51 % des parents en couple. Elles sont plus nombreuses (34 % d’entre elles, contre 25 % des autres ménages) à mettre en avant l’augmentation des prestations (allocations logement ou familiales, minima sociaux…) et accepteraient moins l’idée d’une baisse des allocations logement et familiales en contrepartie d’une baisse des impôts ou des cotisations.

Besoin de soutien dans l’éventualité de conflits familiaux ou de rupture

De fait, étant seules au quotidien pour s’occuper de leur(s) enfants, les familles monoparentales ressentent plus souvent le besoin d’être accompagnées dans leur rôle de parents dans les relations avec l’école et dans ce qu’il faut permettre ou interdire à ses enfants.

Parmi les parents isolés, 46 % auraient aimé ou aimeraient recevoir une aide dans les relations avec l’école, contre 36 % parmi ceux en couple. À sexe, niveau de vie et nombre d’enfants identiques, le fait d’être un parent isolé augmente la probabilité de souhaiter être accompagné dans les relations avec l’école (+6 points). Concernant la gestion de l’autorité dans son rôle de parent, un tiers des parents isolés auraient aimé ou aimeraient recevoir un accompagnement, contre un quart des parents en couple. Une fois les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés prises en compte, ce souhait d’accompagnement dans la gestion de l’autorité parmi les familles monoparentales reste supérieur de 6 points à celui des couples avec enfants.

Les aides pour les familles monoparentales

Trois configurations familiales sont prises en considération :

  • les familles monoparentales, appelées aussi parents isolés,
  • les couples avec enfant(s) (dont les familles recomposées),
  • les personnes sans enfant vivant majoritairement seules ou en couple.

Dans l’échantillon, la part de familles monoparentales s’élève à 10 %. Cette part est comparable à celle observée dans l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) de l’Insee de 2016, source de référence pour mesurer les inégalités de revenus selon les différents types de ménages.

En 2016, dans l’ERFS, les familles monoparentales représentent 12 % des ménages de France métropolitaine dont la personne de référence est âgée de 25 à 64 ans, et 23 % des familles avec enfants quel que soit leur âge. Dans la très grande majorité de ces familles, ce sont les mères qui vivent avec leur(s) enfant(s) (80 %).

Un peu plus d’une sur deux (55 %) a un enfant à charge, un tiers deux enfants et près de 10 % trois enfants ou plus. Plus de quatre familles sur dix appartiennent au 1er quintile de niveau de vie (soit les 20% d’individus aux niveaux de vie les plus modestes), contre moins d’une famille sur cinq en couple avec enfant(s).

Très peu sont dans les deux derniers quintiles, soit 15 % au total. En 2016, 35 % des familles monoparentales ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Les familles monoparentales sont largement surreprésentées parmi les bénéficiaires des prestations familiales : leur part s’élevait à 29 % de l’ensemble des familles allocataires des caisses d’allocations familiales (CAF) en 2018. Au-delà de l’allocation de soutien familial (ASF), destinée quasi exclusivement aux familles monoparentales, les barèmes de la plupart des prestations familiales prennent en compte la situation de parent isolé, par le biais d’une augmentation du plafond d’éligibilité ou du montant versé. De manière générale, les familles monoparentales, étant plus fréquemment confrontées à des situations de précarité, sont davantage représentées parmi les bénéficiaires des prestations sous conditions de ressources. Ainsi, près de la moitié des allocataires de l’allocation de rentrée scolaire sont des parents isolés.

Au cours des dernières années, deux mesures ont spécifiquement visé les familles monoparentales : la revalorisation de l’ASF et l’adaptation des barèmes du complément mode de garde (CMG). 

De plus, la création de l’Agence de recouvrement des Impayés de pensions alimentaires (ARIPA) permet aux CAF de mieux accompagner les familles confrontées à une séparation. Enfin, d’autres mesures ont concerné l’ensemble des allocataires et ont globalement conduit à recentrer les dépenses vers les familles plus modestes. D’une façon générale, « les dispositifs de redistribution ont permis d’atténuer la dégradation de la situation relative des familles monoparentales au cours des dix dernières années, sans pour autant parvenir à la compenser totalement ».

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