A partir de ce mois d'octobre, le congé de proche aidant sera indemnisé, et s'ouvre aux fonctionnaires, aux indépendants, et aux demandeurs d'emploi. Il permet d'arrêter son activité professionnelle pendant un temps pour accompagner un membre de sa famille malade, âgé, ou en situation de handicap.

Illustration de l'article Aidants : le gouvernement instaure un congé rémunéré pour soutenir leurs proches

Les aidants ont désormais droit à un congé rémunéré pour aider leurs proches.

Créé en 2017, ce congé de proche aidant était jusqu'alors peu utilisé. En effet, il n'était pas rémunéré, et il comptait beaucoup plus de restrictions. Seuls les salariés avec un an d’ancienneté au minimum pouvaient le prendre. Avec le nouveau décret, déposé ce vendredi 2 octobre au Journal officiel, ce congé concerne également les fonctionnaires, les travailleurs indépendants et les personnes en recherche d’emploi. Ces dernières pourront choisir de suspendre leur allocation chômage pendant cette période. Légalement, l’employeur ne peut pas refuser ce congé si le demandeur y a droit.

Autre changement, pour plus de souplesse pour les proches aidants : ce congé pourra désormais être se prendre de manière fractionnée, sous forme de journées ou même de demi-journées (sauf pour les demandeurs d'emploi pour ce qui est de la demi-journée).

Congé de proche aidant une année sur l'ensemble de sa carrière

Le montant de cette allocation journalière du proche aidant (AJPA) est de 52,08 euros pour un aidant qui vit seul et de 43,83  euros pour une personne qui vit en couple. Elle est versée par les caisses d'allocations familiales (CAF) ou de la Mutualité sociale agricole (MSA), sans conditions de ressources.

L'aidant a droit à 22 jours d'allocation (AJPA) par mois au maximum, pour une durée maximale de trois mois. Toutefois, ces trois mois peuvent être renouvelés, sans pouvoir dépasser un an sur l'ensemble de la carrière du salarié.

Cette allocation ne sera pas cumulable avec une autre allocation, et elle sera imposable et soumise à la Csg-Crds, car elle constitue un revenu de remplacement. Elle ouvrira des droits à la retraite.

Si elle se félicite de cette nouvelle disposition, l'Association française des aidants regrette cependant, dans un article paru sur son site aujourd'hui, que certaines situations ne soient pas concernées, comme les maladies chroniques. Elle souligne en effet que, pour bénéficier de ce congé aidant, il faut que la personne accompagnée ait « un taux d’incapacité permanente au moins égal à 80 % » et/ou bénéficie de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) « en raison de situations relevant d’un GIR 1, 2 et 3. » « Nombre de situations, relatives à des maladies chroniques par exemple, ne rentrent pas dans ces critères d’éligibilité », souligne l'article.

Près de 11 millions d'aidants en France 

En France, entre 8 et 11 millions de personnes, assistent un proche en perte d'autonomie, pour des raisons liées à l'âge, une maladie invalidante ou chronique, ou à un handicap. Selon le Baromètre 2019, Fondation April et BVA, 52 % de ces proches aidant s'occupent d'un de leurs parents, et 37 % des aidants sont âgés de 50 à 64 ans;  61 % des aidants travaillent. Selon un autre sondage (Baromètre 2017, Carac et Opinion Way) près de la moitié des aidants (44 %) disent avoir des difficultés à concilier leur rôle avec leur vie professionnelle.

Entre horaires aménagés et multiplication des arrêts de travail, concilier vie professionnelle et vie privée relève souvent du parcours du combattant. Les ruptures engendrées dans leurs parcours fragilisent aussi la situation financière des aidants, particulièrement pour les femmes (elles représentent 57 % des aidants). Au final, 31 % des aidants délaissent même leur propre santé. 

Le décret annoncé aujourd'hui s'inscrit dans le cadre de la stratégie de mobilisation et de soutien en faveur des aidants annoncée par le gouvernement le 23 octobre 2019, qui déclinait 17 mesures clé pour diversifier et renforcer les solutions de répit.

Parmi les solutions préconisées, figure la généralisation du relayage à domicile sur le modèle du baluchonnage québecois, qui consiste à faire venir le salarié d'un établissement ou d'un service médico-social au domicile de la personne dans le besoin, afin de remplacer l'aidant familial pour qu'il se repose).  Une expérimentation est en cours dans 54 départements.

Droit au répit les solutions de répit déjà existantes

Pour se faire aider lorsqu'ils travaillent, les aidants auprès d'un proche âgé ont déjà à disposition plusieurs solutions, financées par le droit au répit instauré par la loi du 28 décembre 2015. Ce dernier peut être activé quand le plafond du plan d’aide APA de la personne aidée est atteint.

Avec une limite de 508,23 euros par an, il peut financer l’accueil de la personne aidée dans un accueil de jour ou de nuit, un hébergement temporaire en établissement ou en accueil familial, ou encore un relais à domicile.  Les auxiliaires de vie peuvent ainsi prendre le relais des aidants. 

Il est possible de payer les interventions des services d’aide à domicile en CESU (chèque emploi service universel).

Aladom.fr, le service référent de l'aide à la personne, permet de passer une annonce pour trouver une auxiliaire de vie ou une aide aux personnes âgées à proximité de chez soi partout en France. Le service Pro d'Aladom permet aussi aux services d'aide à domicile ou aux EHPAD de recruter du personnel pour travailler auprès des personnes âgées ou handicapées.  

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