D’après l’enquête auprès des bénéficiaires de minima sociaux 2018 de la DREES, en France, la moitié des 6,6 millions de personnes bénéficiaires de revenus minima garantis (c’est-à-dire de minima sociaux ou de la prime d’activité) fin 2017 sont pauvres en conditions de vie, selon l’indicateur usuel de l’Insee. Elles sont cinq fois plus concernées par cette forme de pauvreté que l’ensemble de la population.

Illustration de l'article La moitié des bénéficiaires des revenus minimas garantis sont pauvres en condition des de vie

Deux bénéficiaires du RSA sur trois sont pauvres en conditions de vie

La DREES publie une étude sur les conditions de vie des bénéficiaires de minima sociaux et de la prime d’activité. Ces résultats qui provienne de l’enquête de la DREES auprès des BMS (bénéficiaires de minima sociaux) montre que cette population est particulièrement en difficulté.

Fin 2018, en France, la moitié (53 %) des 6,6 millions de personnes bénéficiaires de revenus minima garantisétaient pauvres en conditions de vie selon l’indicateur usuel de l’Insee, fondé sur l’analyse des contraintes budgétaires, des retards de paiement, des restrictions de consommation et des difficultés liées au logement vécues par ces personnes.

C’est le cas de 61 % des bénéficiaires de minima sociaux et de 46 % des bénéficiaires de la prime d’activité.

Les bénéficiaires de revenus minima garantis sont cinq fois plus concernés par la pauvreté que l’ensemble de la population (11 %).

54 % des  bénéficiaires de revenus minima garantis estiment que l’ensemble des revenus de leur ménage n’est pas suffisant pour couvrir toutes leurs dépenses courantes.

Plus d’un quart des bénéficiaires de revenus minima garantis ont eu des retards de paiement en 2018. 14 % avaient encore des factures de l’année impayées fin 2018.

Plus d’un bénéficiaire de revenus minima garantis sur deux subit des restrictions de consommation

65 % des bénéficiaires de minima sociaux déclarent subir d’importantes restrictions de consommation, soit six fois plus que l’ensemble de la population (10 %). Ces restrictions de consommation concernent également fortement les bénéficiaires de la prime d’activité (45 % d’entre eux).

Restrictions alimentaires

Les restrictions alimentaires sont particulièrement répandues :

  • 35 % des bénéficiaires de revenus minima garantis ne peuvent pas manger de la viande ou du poisson (ou l’équivalent végétarien) tous les deux jours pour des raisons financières.
  • 5 % ont recours à des distributions de repas ou à des colis alimentaires et 28 % consomment des denrées données par leur entourage.
  • 9 % des bénéficiaires de revenus minima garantis, soit 600 000 personnes, reçoivent une aide alimentaire ou des denrées données par leur entourage et jugent cette aide très importante ou déclarent qu’ils ne pourraient pas vivre sans.

20% des bénéficiaires de revenus minima garantis rencontrent des difficultés pour se loger et un sur cinq a renoncé à une consultation médicale

Un bénéficiaire de revenus minima garantis sur cinq rencontre des difficultés de logement. Un tiers des bénéficiaires du RSA vivent dans un logement surpeuplé. La difficulté de logement la plus répandue est celle pour chauffer son logement.

Par ailleurs, 18 % des bénéficiaires de revenus minima garantis déclarent avoir renoncé à une consultation de médecin dans l’année pour raisons financières et 29 % à des soins dentaires.

Bénéficiaires du RSA et pauvreté

Les bénéficiaires du RSA particulièrement exposés au risque de pauvreté en conditions de vie

Les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) sont les plus exposés à la pauvreté en conditions de vie (respectivement 68 % et 63 %). Leur situation est toutefois relativement stable par rapport à 2012.

À autres caractéristiques similaires (facteurs sociodémographiques, composition du ménage, etc.), un bénéficiaire du RSA a plus de risques d’être pauvre en conditions de vie qu’un bénéficiaire d’un autre revenu minimum garanti. Par ailleurs, être limité à cause d’un problème de santé dans les activités de la vie quotidienne, chômeur ou inactif, né à l’étranger, résider en région parisienne, être isolé de sa famille ou de ses amis, sont également des facteurs associés à un plus fort risque d’être pauvre en conditions de vie.

La situation des bénéficiaires de l’AAH et du minimum vieillesse se détériore depuis 2012

Les allocataires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et du minimum vieillesse ont des taux de pauvreté en conditions de vie plus faibles (respectivement 45 % et 59 %) que les bénéficiaires du RSA et de l’ASS. En revanche, ils voient leur situation se détériorer depuis 2012 (+6 et +9 points)3 , en particulier en termes de restrictions de consommation.

La pauvreté en conditions de vie

L’indicateur de pauvreté en conditions de vie de l’Insee s’inscrit dans le cadre d’une approche de la pauvreté fondée sur l’analyse des privations et difficultés.

Il regroupe 27 difficultés, couvrant quatre dimensions :

  1. les contraintes budgétaires,
  2. les retards de paiement,
  3. les restrictions de consommation,
  4. les difficultés liées au logement.

Un ménage est dit pauvre en conditions de vie lorsqu’il cumule au moins 8 difficultés parmi ces 27. Pour être considéré en difficulté vis-à-vis de l’une des quatre dimensions, il faut avoir au moins 3 difficultés sur les 6 existantes pour les contraintes budgétaires, au moins 1 sur 3 pour les retards de paiement, au moins 4 sur 9 pour les restrictions de consommation et au moins 3 sur 9 pour les difficultés liées au logement.

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