Réclamée depuis des années, la hausse des salaires des soignants des hôpitaux et des EHPAD serait-elle pour demain ? C’est l’un des points-clés du « Ségur de la santé », qui débute aujourd’hui.

Illustration de l'article Ségur de la santé : hausses de salaire en vue dans les hôpitaux et les EHPAD

Lancé par le ministre des Solidarités et de la Santé le « Ségur de la santé », du nom de la rue où se situe le ministère, débute ce lundi 25 mai. Pendant sept semaines, partenaires sociaux et collectifs hospitaliers vont se réunir pour discuter de mesures à prendre pour améliorer la situation des soignants. S’y côtoieront, entre autres, la Fédération hospitalière de France (FHF), qui réunit la quasi-totalité des établissements publics de santé français (hôpitaux publics et structures médico-sociales comme les maisons de retraite et les maisons spécialisées autonomes), ainsi que d'autres représentants des hôpitaux, des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), et de la médecine de ville.

Ségur de la santé : vers une hausse des salaires dans les hôpitaux et les EHPAD

Les réflexions se feront autour de quatre piliers. Le premier, particulièrement attendu par les personnels de l’hôpital et des EHPAD, concerne à la fois la revalorisation des carrières et le développement des compétences et des parcours professionnels. 

La hausse des salaires des personnels des hôpitaux et des EHPAD est un point particulièrement sensible. Le ministère promet qu’elle sera mise en œuvre, afin d’atteindre un niveau de rémunération qui corresponde au moins à la moyenne européenne. En effet, à titre d’exemple, le salaire des infirmiers français est l’un des plus faibles des pays de l’OCDE, selon ce rapport. En outre, leur rémunération moyenne est inférieure de 5 % au salaire moyen national.

Par ailleurs, l'encadrement des heures supplémentaires sera abordé. Il devrait permettre aux infirmières d'éviter de faire des heures supplémentaires dans d’autres hôpitaux de manière illégale pour arrondir leurs fins de mois. 

Ségur de la santé et revalorisation des métiers du grand âge

Les soignants auprès des personnes âgées sont particulièrement concernés par le Ségur de la santé. Tout comme les infirmiers et les infirmières, les aides-soignantes dans les EHPAD attendent aussi avec impatience de voir leurs salaires augmenter. Beaucoup d’établissements et de particuliers peinent d'ailleurs à recruter du personnel spécialisé. Pour trouver une aide à domicile ou une aide aux personnes âgées, Aladom, site référent pour les annonces de services à la personne, met en relation professionnels et particuliers dans toute la France. 

Le rapport El Khomri sur les métiers du grand âge, remis fin octobre 2019 au ministère des Solidarités et de la Santé, avait déjà pointé du doigt la faible rémunération des métiers du grand âge, en particulier à domicile, avec un démarrage au SMIC, voire en dessous. En outre, ils connaissent peu de progression salariale. Le rapport proposait de remettre à niveau au plus tard au 1er janvier 2021 les rémunérations inférieures au SMIC dans les grilles des conventions collectives à domicile.

Outre les salaires, le futur plan Ségur devrait reposer sur trois autres piliers : une réforme des modèles de financement, la mise en place d’un système de gouvernance plus simple, et une nouvelle organisation du système de santé basée sur le territoire incluant l’hôpital, la médecine de ville et le médico-social. Ces mesures devraient figurer dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale attendu au Parlement à la rentrée d’automne.

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Commentaires
17 juil. 2020

Bonjour
Je travaille ephad mais qui statut privé à but non lucratif car c'est une association qui fait aussi du soins domicile
Notre directeur nous avait dit que nous toucherons prime covid nous travaillons depuis mars de 7h30 jusqu'à 20h30ce qui est très fatiguant
De plus sommes nous concernés hausse salaire suite plan segur
Merci sonia

22 juin 2020

L'ADAPT, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, formule différentes propositions :
-Rapprochement des dispositifs de coordination entre le secteur sanitaire et le secteur médico-social
- S’appuyer sur les dispositifs existants et sur les recommandations du plan « Ma santé 2022 » : ne pas recréer des espaces collaboratifs existants mais bien les renforcer en y apportant nos compétences. Pour les territoires ne disposant pas de dispositifs de coordination, se proposer en porteur de projets/communautés 360 ;

- Dépasser l’approche purement hospitalière et tendre vers une approche décloisonnée avec l’intégration de la médecine de ville, des contrats de santé locaux, des contrats locaux de santé mentale, du médico-social ;

- Favoriser le continuum entre le sanitaire et le médico-social. La prise en compte des projets de réinsertion sociale et professionnelle de la personne en situation de handicap doivent avoir lieu au plus près de la phase aiguë de son hospitalisation consécutive à son accident ou incident (suite à un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien, une blessure médullaire, etc.). Les impacts psychologiques, médicaux, sociaux et économiques de ce "continuum sanitaire-médico-social" sont très favorables à la réhabilitation de la personne concernée et à la réduction du coût de la prise en charge globale pour la collectivité ;

- Mobiliser tous les acteurs sans aucune prévalence des services publics hospitaliers (la médecine de ville, les établissements hospitaliers privés non lucratifs, privés lucratifs et l’hôpital public en articulation avec les établissements et services du secteur social et du secteur médico-social) ;

- Renforcer la place des personnes dans les instances de démocratie sanitaire et médico-social.

Revoir la place du soin dans le médico-social

- Elargir le périmètre du soin pour aller vers une notion de santé et d’accompagnement dans le cadre de la définition de l’OMS.

- S’appuyer sur le développement numérique et de la télémédecine

Accentuer la réflexion autour de la transformation des métiers

- Formation des personnels des ESMS à l’importance de la prise en charge globale qui comprend le soin et le libre choix de la personne (Pédagogie de la vie autonome – PéVA®, empowerment) ;

- Accompagnement de la personne à la co-construction de son parcours grâce à des professionnels dédiés à travers de nouveaux métiers. Une des réponses pouvant être la mise en place d’une « équipe projets », dont le chef serait la personne en situation de handicap aidée du facilitateur, garant du respect des étapes et de leur évaluation ;

- Valorisation des métiers de l’accompagnement au domicile ;

- Formation de tous à l’utilisation des outils numériques adaptés pour « aller vers ».

A PROPOS DE LADAPT, une association engagée pour la citoyenneté des personnes handicapées
LADAPT, l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique. Avec près de 120 établissements et services d’accompagnement, de formation, d’insertion, de scolarisation ou de soin, LADAPT accompagne en France chaque année plus de 19 000 personnes.

Elle organise depuis 1997 la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, qui connaît un succès grandissant chaque année, et a évolué en 2015 en Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées / European Disability Employment Week (SEEPH / EDEW).

En 2014, LADAPT crée Ouverture de Champ, des rendez-vous qui traitent du handicap en sortant des sentiers battus, par les prismes de l’image et de l’humour. Chaque année les rendez-vous se succèdent dans les salles de cinéma françaises pour faire évoluer les mentalités et favoriser le débat citoyen.

Fin 2015, LADAPT lance sa première campagne d’interpellation du grand public. Baptisée #KillLaBêtise, elle adopte un ton volontairement grinçant et s’attaque aux préjugés, idées reçues, stéréotypes sur les personnes en situation de handicap.

Dans cette lignée, en 2017, avec #SANSLIMITES, l’association démontre que le handicap est un obstacle comme un autre et n’empêche pas de vivre sa vie sans limites. Cette campagne met en lumière des hommes et des femmes ordinaires en situation de handicap, jeunes et moins jeunes, tous animés par la même envie de vivre leur quotidien et leur autonomie passionnément.

Grâce aux 300 bénévoles de sonRéseau des Réussites, LADAPT offre un véritable soutien citoyen aux personnes handicapées dans leur recherche d’emploi. Dans le cadre des orientations de son projet associatif, LADAPT entend proposer des réponses innovantes aux besoins des personnes en situation de handicap pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle à chaque étape de la vie. LADAPT reste fidèle à sa mission débutée il y a 90 ans : accompagner la personne handicapée dans son combat ordinaire, celui de sa vie quotidienne pour que nous puissions « vivre ensemble, égaux et différents » (projet associatif 2016-2022).

22 juin 2020

Face à la crise du Covid-19, les établissements sanitaires et médico-sociaux du secteur associatif du handicap ont tenu bon et su mettre les compétences et le dévouement de leurs personnels au service de leur mission en dépit de nombreuses difficultés. Mais la situation a aussi mis en lumière des inégalités et des dysfonctionnements du système de santé au sens large qui portent préjudice au bon accompagnement des personnes en situation de handicap. Ces constats sont remontés du terrain. Il est urgent de réfléchir à une meilleure organisation, plus efficace, plus innovante, centrée sur les personnes handicapées. Le Ségur de la Santé est l’occasion de réinventer ensemble – personnes handicapées, professionnels des établissements publics et privés, professionnels libéraux, partenaires, bénévoles – l’accompagnement de demain.

2 juin 2020

Je suis en aide soignante depuis 10 ans dans un ehpad à but non lucratif et notre directeur nous dit qu'on n'aura sûrement pas la prime de 1000 € décidée par le gouvernement alors que nous avons travailler dur ces deux derniers mois.
J'ose imaginer une augmentation de salaire dans les ehpad privé (250 brut serait un rêve ! Nous avons pas eu non plus la prime grand âge ) alors que nous faisons exactement le même travail que dans les ehpad publics.

28 mai 2020

Le gouvernement a lancé cette semaine deux chantiers majeurs, qui impactent directement les personnes en situation de handicap : le « Ségur de la Santé » et « la réforme de la perte d'autonomie ». Le Collectif Handicaps, qui souhaite être pleinement associé à ces concertations, vient d'adresser deux courriers au Ministre des Solidarités et de la santé, pour demander une véritable prise en compte des personnes en situation de handicap et de l'ensemble du secteur médico-social.

Ségur de la Santé

Pour le Collectif Handicaps, le « Ségur de la Santé » ne pourra être couronné de succès qu'à la condition de dépasser une approche purement hospitalière pour une approche décloisonnée, intégrant pleinement les professionnels du médico-social sans oublier ceux de l'accompagnement à domicile qui ont su pendant toute la crise accompagner les personnes en situation de handicap et les familles.

Alors que la crise sanitaire a montré une nouvelle fois les difficultés récurrentes d'accès aux soins, à l'hôpital, en ville ou à domicile, voire des refus d'hospitalisation des personnes handicapées, ces concertations ne peuvent faire l'impasse sur ces thématiques.

5e risque

Si le Collectif Handicaps a bien noté que les dernières communications du gouvernement parlent de perte d'autonomie, et ciblent nommément les personnes handicapées, ses membres craignent toutefois que les concertations s'orientent principalement vers le champ du « grand âge ». Sans ignorer l'enjeu de renforcer la politique de soutien à nos aînés et à leurs aidants, le Collectif Handicap considère que les personnes en situation de handicap (et leurs aidants) ne peuvent être exclues d'une telle réforme, même si les réponses doivent être adaptées en fonction de l'âge (enfants, adultes et personnes âgées) et doivent viser, au titre de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, un accès à l'autonomie.

C'est d'ailleurs ce que Dominique Libault préconisait dans son rapport remis en mars 2019 à Mme Agnès Buzyn, alors Ministre des Solidarités et de la santé. De nombreuses mesures proposées dans ce rapport vont en effet dans le sens d'un rapprochement entre les deux régimes, par exemple à travers l'évolution de la prestation de compensation à domicile ou les mesures consacrées aux proches aidants.

Le Collectif handicap vient d'écrire au Ministre des Solidarité et de la santé pour demander à être pleinement associé à ces chantiers, afin de ne pas oublier les personnes en situation de handicap dès le lancement des travaux.

27 mai 2020

Est ce qu'on va enfin créer un cinquième branche de la Sécurité sociale et y consacrer des moyens ?

27 mai 2020

Une hausse de 250 € brut (environ 10%) pour les infirmiers et les aides soignants permettrait de rattraper le retard avec la moyenne européenne.

27 mai 2020

Les revalorisations pourraient dépasser les 5 milliards.
Pour les hôpitaux publics, cela pourrait représenter 7 à 8 milliards par an hors recrutement.

25 mai 2020

La crise sanitaire liée au Covid-19 a frappé de plein fouet le secteur médico-social. Les professionnels qui accompagnent les personnes en situation de handicap à domicile ou en établissement ont été en première ligne et ont affronté, sans relâche, cette épidémie. Ils l'ont fait, le plus souvent, dans l'ombre... dans l'ombre des politiques, dans l'ombre des médias, dans l'ombre du grand public.

A l'heure où des discussions sont en cours sur la prime pour les soignants et la revalorisation des salaires, les hautes sphères de l'Etat risquent une fois de plus de les oublier. Aussi, plus de 60 personnalités ont co-signé une tribune diffusée hier dans Le Parisien/Aujourd'hui en France aux côtés de Luc Gateau, président de l'Unapei et Lahcen Er Rajaoui, président de Nous Aussi.

L'ensemble de ces signataires, issus du monde du cinéma, de la littérature, de la chanson, de la sociologie, de la médecine... tous se sont mobilisés pour demander une reconnaissance de ces professionnels : « Nous demandons surtout une valorisation globale de leurs métiers, qui passera également par une revalorisation de leurs salaires à la hauteur de leur rôle dans la société. » Trop souvent oubliés et invisibles, ils doivent être considérés au même titre que tous les acteurs du soin.

Avec le lancement du Ségur de la Santé, « Valoriser les métiers du médico-social, faire preuve de gratitude, de façon effective, envers celles ou ceux qui aident tous les jours des personnes à être actrices de leur vie, c'est démontrer que le « prendre soin » a, plus que jamais, un sens dans notre pays et, plus encore, qu'il est un investissement pour l'avenir. ».

La liste des 67 signataires de la Tribune :
Luc Gateau, président de l'Unapei et les parents, frères, sœurs et amis de l'Unapei ; Lahcen Er Rajaoui, président de Nous Aussi et l'ensemble des personnes en situation de handicap adhérentes de Nous Aussi ; Adda Abdelli, comédien ; Patrick Adler, comédien ; Albert Algoud, journaliste ; Jean-François Balmer, comédien ; Gregori Baquet, comédien ; Nadège Beausson-Diagne, comédienne ; Frédérique Bedos, fondatrice d'ONG Le Projet Imagine ; Leïla Bekti, comédienne ; Marie-Paule Belle, chanteuse ; Christian Benedetti, comédien ; Claude Bergeaud, entraineur de basket ; Jean-Yves Berteloot, comédien ; Michel Billé, sociologue ; Jacques Bonnaffé, comédien ; Isabelle de Botton, comédienne ; Caroline Boudet, journaliste ; Anne Bouvier, comédienne ; Didier Brice, comédien ; Jean-Michel Carlo, administrateur de l'UNICEF ; Emilie Cazenave, comédienne ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Cluzet, comédien ; Philippe Croizon, athlète et chroniqueur ; Gérard Darmon, comédien ; Olivier Delacroix, animateur TV ; Vincent Des Portes, professeur de médecine ; Alexis Desseaux, comédien ; Henri Duboc, médecin chercheur ; Hervé Dubourjal, comédien ; Anny Duperey, comédienne ; Philippe Durance, sociologue ; Elha, chanteuse ; Eglantine Emeyé, journaliste-animatrice TV ; Jean-Louis Fournier, écrivain ; Catherine Frot, comédienne ; Jacques Gamblin, comédien ; Charles Gardou, anthropologue ; Alexandre Jardin, écrivain ; Jonathan Jérémiasz, co-fondateur de l'Association Comme les Autres ; Michaël Jérémiasz, co-fondateur de l'Association Comme les Autres ; Axel Kahn, professeur de médecine ; Valérie Karsenti, comédienne ; Eric Laugérias, comédien ; Samuel Le Bihan, comédien ; David Le Breton, anthropologue ; Olivier Lejeune, comédien ; Lionel Levy, chef étoilé ; Marc Levy, écrivain ; Sébastien Marsset, navigateur ; Régine Monti Tessier, sociologue ; François Morel, comédien ; Olivier Nakache, réalisateur ; Israël Nisand, professeur de médecine ; Erik Orsenna, écrivain ; Eric Toledano, réalisateur ; Olivier Rabourdin, comédien ; Jean-Michel Ribes, comédien ; Christophe Rossignon, producteur de cinéma ; Anne Roumanoff, humoriste ; Alain Sachs, comédien ; Laurent Savard, humoriste ; Benoit Soles, comédien ; Régis Sonnes, entraîneur de rugby ; Barbara Stiegler, philosophe ; Alice Zéniter, écrivain.