Révélée au grand public fin janvier 2018, la crise dans les EHPAD a mis en lumière de nombreux problèmes, dont le manque d'effectifs. En cause : des moyens insuffisants, mais aussi une baisse des vocations. Où en est-on deux ans plus tard ?

Illustration de l'article Difficultés de recrutement dans les EHPAD : que compte faire le gouvernement ?

Les EHPAD peinent à recruter des soignants

C'était il y a deux ans, fin janvier, puis mi-mars 2018 : les personnels des EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) s'étaient mis en grève et avaient manifesté pour dénoncer leurs conditions de travail. Des témoignages accablants étaient parus dans les médias, dénonçant un quotidien difficile à la fois pour les pensionnaires de certains EHPAD et le personnel soignant à bout de souffle. Depuis, un plan a vu le jour (plan national pour les métiers du grand âge, le 28 mars 2019) et un rapport a été remis  à l'automne à la ministre de la Santé (rapport El Khomri sur l'attractivité des métiers du grand âge et l'autonomie). 

En 2020, grâce au projet de loi de financement de la sécurité sociale, il est prévu de débloquer 500 millions d'euros, ce qui permettra aux EHPAD de recruter du personnel. À condition qu'ils aient des candidats. Car la crise des vocations demeure, et les établissements peinent à recruter. 

Moins de candidats dans les écoles d'aide-soignant

Signe révélateur : la baisse du nombre de candidats inscrits à la formation d'aide-soignant. Il ne cesse de chuter depuis 2016 (- 6% entre 2016 et 2018). Selon le Drees, dans une étude parue en décembre dernier, le nombre de candidats aux concours d'entrée en Institut de Formation d'Aide Soignant a diminué de – 42 % en 2014. Un constat inquiétant lorsque l'on sait que les aides-soignants représentent une forte portion du personnel soignant en EHPAD. 

Des annonces pour recruter des aides-soignants pour les personnes âgées

Les besoins en aides-soignantes ne se font pas ressentir que dans les EHPAD. Les annonces de recrutement sont légion, à l'image de celle mise en ligne par le réseau Domus Vi concernant l'aide et le soin à domicile, parue début mars 2020 sur le site Aladom pour la ville de Rennes. Elle demande une expérience de trois ans ou un diplôme de niveau V (DEAS, BEP carrières sanitaires et sociales). 

EHPAD : les axes de travail du gouvernement pour 2020

C'est pourquoi, dans son rapport rendu à l'automne, Myriam El Khomri a identifié des mesures pour rendre le métier de soignant en EHPAD plus attractif, et pour attirer plus de jeunes et de personnes éloignées de l'emploi.

Car, exercé dans de meilleures conditions, et mieux rémunéré, il présente des avantages : 

  • Il a du sens. 
  • Il n'est pas délocalisable.
  • Il offre des débouchés assurés, au vu du vieillissement de la population française.

Dans un échange avec les parlementaires, peu avant son départ du gouvernement à la mi-février 2020, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a développé les mesures envisagées pour revaloriser les métiers en EHPAD. Cela passe par un meilleur salaire, et aussi par la révision des formations initiale et continue - une des idées étant d'offrir plus de passerelles entre les différents métiers, ainsi qu'entre les postes en EHPAD et ceux à domicile. Mais beaucoup de progrès restent à faire, car le malaise est profond.

Soignants en EHPAD : les raisons du mal-être 

Plusieurs raisons expliquent le mal-être des soignants en EHPAD.

Un nombre insuffisant de soignants 

En France, les professionnels du soin dans les Ehpad sont en nombre insuffisant : 63, 3 équivalents temps plein pour 100 résidents en 2017 au lieu de 100 pour 100 pour un fonctionnement optimal. Un rapport de la Drees, rendu en 2018, faisait un constat inquiétant de la situation du recrutement dans les EHPAD. Ainsi, plus de la moitié des établissements (63 %) ont un poste qui n'est pas pourvu depuis au moins six mois (toutes professions confondues). Les EHPAD privés sont plus touchés par ces difficultés à recruter (49 % d'entre eux) que les EHPAD publics hospitaliers (38 %). Même les médecins coordonnateurs viennent à manquer : un EHPAD sur dix a un poste qui n'est pas pourvu depuis au moins six mois. 

Un vieillissement des pensionnaires

Aujourd’hui, l’âge d’entrée en EHPAD recule. Il était en moyenne de 85 ans en 2017, et les établissements accueillent des personnes âgées de plus en plus dépendantes. Leur état de santé est de plus en plus dégradé, et elles sont souvent atteintes de plusieurs pathologies chroniques. À l’avenir, la part des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées va augmenter. Ces personnes à la santé fragile ont besoin de soins croissants. 

Un travail éprouvant pour les soignants en EHPAD

Cette charge alourdie de travail rend le quotidien des soignants difficile, à la fois physiquement (nombreuses lombalgies, entre autres), et moralement. Le nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles est trois fois supérieur à la moyenne nationale. Pour les aides-soignantes, le taux d’absentéisme et de maladies professionnelles est supérieur à celui du bâtiment. Le manque d'effectif, le non-remplacement des collègues absents, la nécessité de toujours devoir faire vite, sont d'autres facteurs aggravants. Ils entraînent à la fois du stress et de la fatigue. La frustration est un sujet qui revient souvent chez les aides-soignantes, qui déplorent notamment le fait de devoir faire la toilette des personnes âgées montre en main, et le manque de temps pour dialoguer.

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