À 65 ans, l’espérance de vie sans incapacité s’élève à 11,2 ans pour les femmes et à 10,1 ans pour les hommes

Illustration de l'article Les femmes vivent plus longtemps mais pas sans incapacité

Espérance de vie et incapacité

Selon une études de la DREES, en 2018, seulement un an sépare l’espérance de vie sans incapacité des femmes (64,5 ans) et des hommes (63,4 ans). L’indicateur de l’espérance de vie à la naissance s’établit lui respectivement à 85,3 ans et 79,4 ans pour la même année. Un double constat s’impose : les femmes vivent plus longtemps mais ces années de vie supplémentaires se déroulent avec plus d’incapacités.

Si l’indicateur de l’espérance de vie sans incapacité reste globalement stable depuis dix ans, l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans progresse depuis 2008. Le nombre moyen d’années de vie en bonne santé à 65 ans atteint 11,2 ans pour les femmes et 10,1 ans pour les hommes, soit une hausse respective de 1 an et 2 mois et 1 an et 5 mois.

En 2018, l’espérance de vie sans incapacité à la naissance est de 64,5 ans pour les femmes et de 63,4 ans pour les hommes. Cette durée de vie sans ressenti de limitations dans les activités du quotidien est relativement stable dans le temps puisqu’elle s’élevait respectivement à 64,6 ans et 62,7 ans en 2008. Parallèlement, l’espérance de vie à la naissance s’allonge régulièrement pour atteindre 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes en 2018. Ainsi, les femmes continuent de vivre plus longtemps que les hommes mais l’absence d’écart significatif de l’espérance de vie sans incapacité entre les femmes et les hommes indique que les années de vie supplémentaires dont jouissent les femmes sont vécues avec certaines limitations d’activité. La part des années vécues sans incapacité au sein de l’espérance de vie avoisine 75 % pour les femmes contre 79% pour les hommes.

A 65 ans, une femme peut espérer vivre 23,2 ans mais le nombre moyen d’années qu’il lui reste à vivre sans incapacité est de 11,2 ans. Pour les hommes, l’espérance de vie à 65 ans s’élève à 19,4 ans tandis que son espérance de vie sans incapacité à 65 ans est de 10,1 ans. L’indicateur de l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans s’inscrit dans une tendance à la hausse depuis dix ans avec un gain de 1 an et 2 mois pour les femmes et 1 an et 5 mois pour les hommes, ce qui traduit un recul de l’âge d’entrée en incapacité des personnes ayant atteint 65 ans.

En France, si l’espérance de vie à la naissance des femmes se démarque de celles des autres pays européens en se positionnant au 2e rang, il en est tout autre concernant l’espérance de vie féminine sans incapacité qui se situe tout juste dans la moyenne européenne. Pour les hommes, la situation est plus mitigée avec les deux indicateurs proches du niveau européen.

Retrouvez l'étude de la DREES.

Deux indicateurs pour mesurer l’espérance de vie

L’espérance de vie à la naissance est l’un des indicateurs de santé le plus fréquemment mobilisé pour connaître l’état de santé d’une population. Il correspond au nombre moyen d’années qu’une génération fictive peut espérer vivre en étant soumise, à chaque âge, aux conditions de mortalité d’une année donnée. Il ne s’agit donc pas d’un indicateur prédictif mais d’un indicateur synthétique de mortalité puisqu’il est difficile d’anticiper les progrès sanitaires à venir. Cependant, cet aperçu quantitatif de la moyenne des années à vivre n’est pas suffisant et doit être complété par un indicateur qui combine à la fois la dimension quantitative et qualitative pour mieux apprécier le bénéfice de ces années de vie supplémentaires.

C’est le cas de « l’espérance de vie sans incapacité » parfois appelée « espérance de vie en bonne santé » ou encore « espérance de santé ». Ces trois appellations se rapportent à un même indicateur qui mesure le nombre d’années qu’une personne peut compter vivre sans souffrir d’incapacité dans les gestes de la vie quotidienne. Cette mesure s’appuie sur les réponses à la question posée dans le dispositif européen European Union Statistics on Income and Living Conditions (UE-SILC) « Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». La version française, de ce dispositif européen, intitulée Statistiques sur les ressources et les conditions de vie, interroge chaque année, des ménages ordinaires qui résident en France métropolitaine. En 2018, l’échantillon était composé de 14 000 ménages répondants. Les évolutions d’une année sur l’autre doivent être analysées avec précaution, en raison de la dimension déclarative de l’indicateur et de la taille de l’échantillon.

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