Rapport sur les métiers d'infirmiers, de masseurs kinésithérapeute et de sages-femmes

Les rapports publiés en janvier 2019 par la DRESS ont deux conclusions importantes pour ces professions, et notamment pour la profession d’infirmier : 

  • Les infirmiers trouvent relativement facilement du travail par rapport au reste des professions en France.
  • Bien qu’il existe des problèmes d’accessibilité aux infirmiers en France, ça n’est pas un frein majeur à l’avenir de la profession. 

Nous analysons la situation pour vous. 

Le nombre d’infirmiers en pleine croissance

Les infirmiers sont actuellement la première profession de santé de France en nombre d’effectifs. On les compte à plus de 600 000 en activité, avec un taux de croissance phénoménal de +3% par an. Par comparaison, on ne compte que 220 000 médecins en France, soit quasiment trois fois moins. 

Quelques raisons importantes expliquent ces chiffres positifs :  

  1. L’allongement des carrières : Puisque les infirmiers de carrière partent plus tard à la retraite, cela augmente progressivement le nombre d’infirmiers sur le marché.
  2. Le doublement des quotas depuis les années 2000 : Le nombre de places pour devenir infirmier en 2017 était de 30 900, contre deux fois moins au début des années 2000.
  3. Le nombre d’inscrits et les taux de réussite dans les IFSI : Il y a de plus en plus d’inscrits dans les écoles d’infirmier, et puisque les taux de réussite n’ont jamais été aussi haut, cela conduit naturellement à une augmentation du nombre de diplômés sortis d’écoles. 

Mais plus il y a d’infirmiers, et plus le marché risque de devenir bouché pour les nouveaux sortis d’école. On peut donc se demander si devenir infirmier est un choix de carrière valable.

Un choix logique et judicieux

Il ne faut pas voir la situation simplement du point de vue des infirmiers, mais également du point de vue du reste de la population. 

En effet, la France, en tant que pays développé, est frappée par une augmentation progressive de son nombre de personnes âgées. Il y en a de plus en plus tous les ans, et on considère que 15% de la population aura plus de 75 ans d’ici 2040 (contre 9% actuellement). 

Et des études montrent que les plus de 75 ans nécessitent près de 30 fois plus de soins infirmiers que les moins de 65 ans. Cela signifie qu’il y aura toujours une demande forte pour les infirmiers, et que la tendance ne risque pas de s’inverser.

De plus en plus d’infirmiers à la recherche d’un emploi

L’un des points qui peut mettre à mal cette image d’Épinal que l’on peut dépeindre de la profession d’infirmier est le nombre d’infirmiers sortant d’école et à la recherche d’un emploi. Ce nombre n’a en effet cessé de croître ces vingt dernières années. 

Selon le rapport de la DREES, il y avait plus de 20 000 infirmiers qui étaient à la recherche d’un emploi fin 2017. En comparaison, il n’y en avait que 5200 en 2000. Le chiffre a donc quadruplé en moins de vingt ans, ce qui est une augmentation assez spectaculaire lorsqu’on le compare à d’autres professions où l’on constate plutôt un chiffre qui double ou triple dans le pire des cas. 

Et les statistiques concernant l’accès à un emploi dans le premier mois suivant la sortie d’école viennent conforter une analyse plus mitigée de la situation. En effet, on pouvait constater que le nombre de diplômés ayant trouvé leur premier emploi en moins d’un mois était passé de 85% en 2007 à 74% en 2016. Et la tendance semble perdurer. 

Infirmier, un métier précaire ? 

Indépendamment de la question de l’accès à l’emploi, la question du type de contrat et de la stabilité de l’emploi peut se poser. En effet, même si les chiffres sont bons concernant l’accès à l’emploi, ils le sont moins concernant la durabilité du premier poste d’infirmier. 

Des études montrent que plus de 70% des emplois des jeunes infirmiers travaillent sous contrats en CDD ou en intérim. Bien que ce chiffre s’aligne avec les autres professions, il semble étonnant pour une profession qui connaît une demande croissante et une augmentation de son nombre d’effectifs.   

L’un des problèmes principaux pouvant expliquer ce phénomène est tout simplement que les infirmiers doivent avoir au moins 24 mois d’expérience professionnelle au cours des 6 années précédentes pour pouvoir s’établir en tant qu’infirmiers libéraux, et qu’il ne leur est donc pas possible de le faire à la sortie de l’école. 

Et puisque la moitié des infirmiers sortant d’écoles travaillent dans un hôpital public comme premier poste (en plus de 12% dans le service public), contre 38% dans le secteur privé, on peut supposer que c’est par nécessité plus que par choix que les nouveaux infirmiers acceptent ce type de contrats. 

Une accessibilité aux soins infirmiers en hausse  

La tendance générale concernant l’accessibilité aux soins infirmiers de la part de la population peut aider à y voir plus clair sur l’avenir de la profession. 

Selon l’un des deux rapports de la DRESS, l’accessibilité aux soins infirmiers seraient actuellement en hausse, et les inégalités de répartition géographique entre les infirmiers serait en baisse. 

On peut en effet constater un écart qui s’est réduit de 17% entre 2013 et 2017 lorsque l’on regarde l’accès aux soins infirmiers des 10% des habitants français les mieux lotis contre les 10% les moins bien lotis. 

Cet écart s’explique notamment par une augmentation de l’accès aux soins infirmiers des 10% les moins bien lotis, plus que par une diminution de cet accès par les 10% les mieux lotis. Et pour bien comprendre ces chiffres, il faut réaliser qu’en 2013, les 10% les mieux lotis avaient 5 fois plus accès aux soins infirmiers que les 10% les moins bien lotis. 

En outre, c’est la région de résidence d’un habitant qui va déterminer s’il a plus ou moins accès aux soins infirmiers.  Et c’est dans les grands pôles urbains que les habitants ont le plus accès à ces soins. À l’inverse, ça va être dans les zones rurales et les communes isolées que l’accès sera le plus faible.  

Puisqu’en France, 7 habitants sur 10 n’ont pas de problème d’accessibilité aux infirmiers, on peut donc conclure que la question de l’accessibilité est un non-problème pour les futurs infirmiers, en dehors de cas assez marginaux dans des zones très excentrées.  

En conclusion

Les deux rapports de la DRESS confirment donc bien que la profession d’infirmier a de beaux jours devant elle avec : 

  • Une demande croissante de soins de la part de la population française âgée
  • Une augmentation de l’accessibilité dans les zones moins desservies 
  • Un taux d’insertion rapide sur le marché de l’emploi
  • À l’inverse, les seuls éléments qui pourraient contrecarrer la tendance sont :
  • Une augmentation du nombre de contrats temporaires rapport aux CDI
  • Un effet de plateau de la demande à cause d’un trop grand nombre d’infirmiers sur le marché

Et puisque les éléments négatifs ne sont pas réunis, devenir infirmier semble donc être un choix de carrière tout à fait viable en 2019.  

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