Mais comment fonctionnent les congés de maternité et de paternité en France ? Quelle est leur durée légale et pourquoi existe-t-il une telle différence entre les deux ? 

Origine et fonctionnement des congés de maternité et de paternité

Le congé de maternité (ou congé maternité) apparaît en France en 1909 ;  à cette époque, la jeune mère a le droit de s’arrêter de travailler pendant quelques semaines, sans pour autant percevoir de rémunération en échange. En 1929, les femmes fonctionnaires sont les premières à toucher leur salaire pendant leur congé maternité ; il faudra ensuite attendre 1970 pour que l’ensemble des femmes salariées puisse profiter de ce dispositif. La loi du 17 juillet 1980, qui s’applique encore aujourd’hui, augmente la durée légale du congé maternité à 16 semaines.

En France, les mères qui travaillent (ou qui sont au chômage) ont donc le droit de prendre un congé de seize semaines autour de la naissance de leur enfant, rémunéré à 100% (si elles sont salariées et si elles remplissent certaines conditions). Ces semaines d’arrêt de travail peuvent être prises avant ou après la naissance de l’enfant, en respectant des durées minimales légales et obligatoires.

Le congé paternité (ou « congé de paternité et d’accueil de l’enfant ») est quant à lui entré en vigueur en France en 2002. Permettant d’assurer une protection contre le licenciement et un revenu de remplacement au jeune père, il ne peut être pris qu’après la naissance de l’enfant (rien ne justifierait en effet qu’il soit pris avant). Il n’est jamais obligatoire.

Qu’il s’agisse d’un congé de maternité ou de paternité, il a pour effet de suspendre le contrat de travail du salarié et la rémunération par son employeur. Des allocations et / ou indemnités journalières sont mises en place pour remplacer cette perte de revenus. 

En France, la très grande majorité des femmes et des hommes salariés prennent leur congé maternité / paternité (ce qui n’est pas forcément le cas des parents non salariés, agriculteurs, professions libérales ou travailleurs indépendants).

Quelle est la durée légale du congé de paternité en France en 2019 ?

La durée légale du congé de maternité en France est de 16 semaines. Elle peut être augmentée en cas de naissances multiples (des jumeaux ou des triplés), d’un état pathologique particulier ou lorsque la femme est déjà mère d’un ou de plusieurs enfants. Sa durée ne peut pas être inférieure à 8 semaines au total (pour les mères salariées). La femme salariée doit ainsi s’arrêter de travailler minimum deux semaines avant la naissance et six semaines après.

Sous certaines conditions, les femmes indépendantes et les agricultrices reçoivent également des allocations et des indemnités journalières, qui visent à compenser la diminution ou la suspension de leur activité.

En règle générale, les femmes s’arrêtent de travailler 6 semaines avant leur accouchement (avant la date estimée) et 10 semaines après. L’enfant, alors âgé de deux mois et demi environ, peut ensuite être gardé dans une structure d’accueil (crèche) ou par une assistante maternelle agréée (nounou). 

Le congé de paternité permet quant à lui aux jeunes papas de s’arrêter de travailler pendant 11 jours consécutifs au maximum (18 jours pour des naissances multiples), au cours des quatre premiers mois de leur enfant. Ce congé non fractionnaire et calendaire (il inclue les samedis, dimanches et jours fériés) ne doit pas obligatoirement être pris juste après la naissance. Il ne faut pas le confondre avec le congé de naissance, trois jours légaux qui peuvent être pris à la naissance de l’enfant.

L’indemnisation journalière dépend de la profession du père (par exemple : 3311 euros par mois maximum dans le cadre du régime général, intégralité du salaire pour les fonctionnaires, indemnité journalière de 59,87 euros par jour pour les travailleurs indépendants). Ces chiffres justifient les résultats de l’étude de la DREES : les jeunes pères indépendants ont tendance à moins prendre leur congé de paternité en France (en effet, cela implique en général une baisse de leurs revenus). En revanche, neuf pères sur dix qui travaillent dans le secteur public (fonctionnaires) prennent leur congé de paternité.

Un congé paternité jugé trop court par les jeunes pères français

La longueur du congé maternité est justifiée par le fait que la grossesse fatigue physiquement. Il est compréhensible que la future mère ait besoin de s’arrêter de travailler quelques semaines avant son accouchement, surtout lorsqu’elle exerce un métier physique. Prise en compte dans le calcul de sa durée, la grossesse allonge donc naturellement le congé de maternité.

Les français sont plutôt satisfaits de la durée du congé maternité ; en revanche, près de 40% d’entre eux jugent la durée du congé de paternité trop courte, et souhaiteraient la voir allongée (ils sont 63% des 18-24 ans à être de cet avis).

Les hommes sont en effet de plus en plus impliqués dans la gestion du foyer, des enfants et des tâches ménagères ; il est donc compréhensible qu’ils souhaitent s’impliquer d’avantage dans les premières semaines de vie de leur nouvel enfant. 

Si certaines tâches de la vie quotidienne peuvent être facilement confiées à des professionnels lorsqu’un nouvel enfant arrive dans le foyer (femme de ménage, baby sitter pour les plus grands, jardinier,…), il est préférable et plus naturel que le nourrisson soit changé, nourri et bercé par son propre père. 

Allonger la durée du congé paternité permettrait ainsi aux jeunes papas de profiter plus longtemps de leur enfant, et de soulager la mère pendant ces premières semaines parfois difficiles. Certains pays (notamment en Europe du nord) leur offrent déjà des congés de paternité plus longs : les jeunes pères norvégiens ont par exemple droit à 14 semaines de congés à la naissance de leur enfant !

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