Cette enquête a été menée en ligne du 16 au 21 mars 2017 auprès d’un échantillon de 1 002 personnes âgées de 18 ans et plus. Sa représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

 

I- Vieillir chez soi malgré la perte d’autonomie

A- La perte d’autonomie

 

Les français sont nombreux à s’inquiéter pour leur avenir. Leurs craintes portent surtout sur :

  • La perte d’autonomie : Redoutée par plus d’un français sur deux, elle est davantage ressentie par les personnes de 50 ans et plus (66%) que par les plus jeunes, âgés de moins de 35 ans (43%)
  • Les difficultés financières : Avec 56% de citations, ce sont surtout les plus jeunes qui s’en inquiètent
  • Les aspects économiques : Ils craignent une baisse des ressources personnelles (49% des plus jeunes et 58% des actifs), le coût des prestations de maintien à domicile ou la prise en charge en établissement spécialisé (32%).

Mais outre ces préoccupations liées au vieillissement, près de trois français sur dix évoquent le désengagement des pouvoirs publics dans la santé et le social (ils sont 35% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures).

 

L’isolement de la personne vieillissante n’inquiète en revanche qu’un peu moins d’un français sur cinq, que ce soit par l’absence de proches (17% de citations) ou de professionnels capables de fournir un accompagnement adéquat (16% de citations).

  

B- Une volonté de vieillir à domicile

 

Malgré cette crainte de perdre son autonomie, près de neuf français sur dix (87%) pensent qu’il est possible de vieillir à domicile (34% en sont même convaincus). Pour 79% des personnes interrogées, ce maintien à domicile est rendu possible grâce à l’intervention de professionnels des services aux seniors (à peine un quart entrevoit une prise en charge par leur famille au leur domicile).

 

En ce qui concerne les établissements extérieurs, le recours aux résidences seniors avec services (54% de citations) semble préféré aux placements en EHPAD (30%) et maison de retraite (15%). 

 

II- Soin à domicile

A- Besoin de professionnels et de moyens pour 65% des français

 

Les français considèrent que, pour bien vieillir à domicile, il est nécessaire de faire intervenir des professionnels qualifiés (65% de citations) et de posséder des moyens financiers suffisants (58% de citations). Ce point de vue est plus particulièrement partagé par les personnes âgées de 50 ans et plus et notamment par les 65 ans et plus.

 

38% d’entre eux estiment par ailleurs que la présence de l’entourage familial est également nécessaire (d’autant plus chez les moins de 35 ans (44%) et les catégories socioprofessionnelles dites supérieures (47%)). L’obtention d’aides publiques et l’apport des nouvelles technologies ne représentent pour leur part que 26% et 14% des critères essentiels au maintien à domicile (cela dit, 70% d’entre eux pensent que ces nouvelles technologies peuvent participer à la sécurité des personnes en cas de chute, de malaise, etc).

 

B- Un professionnel pour aider au quotidien

 

Pour 63% des personnes interrogées, l’aide à domicile idéal est un professionnel spécialisé selon les besoins de la personne à aider (handicap, maladie, âge, etc). Mais ils ne sont que 9% à  souhaiter que la personne qui leur tienne compagnie soit un professionnel de la santé. Ils attendent en effet davantage de lui une aide concrète au quotidien.

 

Leurs premières attentes concernent ainsi surtout une aide dans la vie de tous les jours : préparation de repas, aide à la toilette et à la mobilité, etc (67% de citation). Les pratiques liées aux soins ou relevant de l’aide au maintien d’une vie sociale ne sont quant à elles qu’évoquées de manière plus secondaire avec respectivement 39% et 30% de citations (l’assistance administrative (10%) et la formation informatique (8%) le sont encore moins).

 

III- Un mode de vie coûteux ? 

A- Un financement du maintien à domicile jugé difficile

 

Malgré tout, si le maintien à domicile semble être la solution privilégiée par les français, tous n’y auront pas recours (se sont surtout les retraités et les actifs appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures qui y ont recours). La faute en revient au coût de ce mode de vie.

 

En effet, s’il existe plusieurs types d’aides liées à la perte d’autonomie et au maintien à domicile, celles-ci sont souvent méconnues et peu comprises par les français (près de 7 personnes sur 10 déclarent que ces aides ne sont ni “faciles à comprendre”, ni “faciles à trouver”, ni “équitablement distribuées”). Ils considèrent en revanche que la prise en charge du financement des prestations doit être assurée par les pouvoirs publics (et notamment par la Sécurité sociale (43%), l’Etat (32%) ou les collectivités locales (27%)).

 

Et s’ils s’accordent sur le fait que le maintien à domicile représente un certain coût, ils sont moins unanimes concernant le montant du budget à y consacrer chaque mois. En effet, près d’une personne sur deux évalue ce coût à moins de 600€ par mois (surtout pour les moins de 35 ans (55%)). Les actuels retraités penchent, quant à eux davantage pour une fourchette comprise entre 600€ et 1 000€ (33%) voire plus de 1 000€ (28%). 

 

B- La forte tentation du travail dissimulé

 

Face à de tels budgets, 53% des français sont prêts à recourir au travail “au noir” s’il le juge financièrement intéressant (et 18% le ferait “certainement”). Et si moins d’un français sur cinq déclare l’avoir déjà fait, cette pratique est en hausse depuis 2014 (progression de 4 à 5 points sur 2 ans et demi).

 

Ce sont surtout les plus jeunes qui se disent prêt à franchir le pas (71% des moins de 35 ans, contre 56% des 35-49 ans et 40% des plus de 50 ans). Ils l’envisagent surtout pour l’entretien à domicile (89%), les services liés à la compagnie et à la vie sociale (77%), l’aide aux devoirs (75%) et l’aide aux tâches de la vie quotidienne (75%) mais très peu pour les actes médicaux (40%).

 

 

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