Après le logement et le transport la sharing économie va changer le travail

Ces dix dernières années, de nombreuses modifications ont été apportées dans plusieurs domaines d'activité relativement variés. Ces changements bouleversent le travail et ses pratiques sociales. Parmi ces modifications, on compte le marché de l'emploi, la lutte contre le chômage, la prestation de services et les moteurs de l'économie de façon générale. 

Internet a joué un rôle majeur et a pris de l'ampleur dans l'influence de ces nouvelles pratiques, notamment grâce une utilisation plus accrue des smartphones par les utilisateurs et par une connectivité quasi continue. 

Dans un contexte de crise financière et dans un marché digital où Apple et l'Iphone savent se démarquer, de nouvelles sociétés tout aussi prometteuses apparaissent et commencent à prendre place dans la société et sont en bon chemin pour créer de réelles transformations dans les habitudes des consommateurs et du marché de l'emploi. 

La révolution dans l'hébergement et le transport 

Aux USA, la start-up TaskRabbit a été crée dans la ville de San Francisco. Elle met en avant un marché en ligne qui permet aux utilisateurs d'externaliser toutes sortes de tâches : le nettoyage de la salle de bain, la décoration d'une maison ou encore un service de courses livré à domicile. Ces services de particulier à particulier sont non seulement capables de créer de l'emploi, mais ils contribuent peu à peu à lancer une économie locale basée sur l'entraide et le service à la personne. Cette activité est en plein essor dans les pays anglo saxons et la plateforme a vu ses utilisateurs se multiplier par trois tant au niveau de l'offre et de la demande. Son chiffre d'affaire et son nombre de membres ne cesse de s'accroître, de quoi poser une question essentielle : quelles sont les nouvelles pratiques du travail dans cette nouvelle société rythmée par internet ? 

Les employeurs sont de plus en plus propices à s'adapter à de nouvelles pratiques liées au travail : ils suivent volontiers l'évolution de la technologie et des modifications sociales que cette dernière implique. C'est une solution à examiner de plus près par les gouvernements pour faire baisser le chômage en prônant dans le même temps un encouragement pour la population à adopter des statuts d'auto-entrepreneur. Cela soulève des questions essentielles sur leurs droits ainsi que sur les cotisations sociales. 

Autre exemple notoire de cette révolution digitale, le transport. Un exemple ressort parmi beaucoup d'autres : c'est celui d'Uber qui a fait l'objet de nombreuses critiques et polémiques à travers différents pays et notamment en France. Cette société américaine est sujette à de nombreux procès sur un sujet récurrent : celui de savoir si les conducteurs qui utilisent la plateforme soient des salariés ou des indépendants (auto-entrepreneur). On lui reproche également de concurrencer illégalement un service déjà existant et qui est légiféré depuis de nombreuses années. Alors comment imposer un nouveau concept sur un système bâti depuis des dizaines d'années et qui peine à se réinventer? 

Uberiser le marché du travail 

Uber a suscité de nombreuses questions sur le monde du travail et de son organisation générale : son concept, basé sur un principe simple, pourrait stimuler l'économie globale en permettant à plus de personne d'entrer dans la vie active tout en leur offrant l'opportunité d'être indépendant. Cela aiderait considérablement à lutter contre le chômage et à augmenter le niveau de vie de la population : le transport peut alors être un sujet intéressant dans la mesure où il favoriserait le covoiturage et où les travailleurs pourraient diminuer leurs temps de trajet. 

Des services pratiques, applicables par tous et favorisant les échanges : tout cela régit par une plateforme qui mettait en relation des personnes proposant de l'emploi et des services, et d'autres personnes qui se proposeraient pour accomplir ces missions. 

Ce nouveau concept de travail compte bien sûr de nombreux avantages, mais également des inconvénients qui ne sont pas négligeables : la question du statut se poserait, tout comme l'assurance maladie, les cotisations sociales, le régime de retraite. Ces aspects font partie du paysage de l'emploi depuis de nombreuses années et sont devenues des institutions : il est difficile de les modifier sans réforme ou législation préalable. 

Les changements à apporter aux lois du travail 

C'est ici toute la complexité de la révolution digitale et des nouveaux codes liés à l'économie numérique : il s'agit d'imbriquer de nouvelles pratiques à des "monuments" historiques qui peinent à innover et à proposer de nouvelles solutions pour lutter contre le chômage et redynamiser l'économie. 

Les gouvernements doivent alors se pencher sur ce tournant majeur : d'une part les salariés doivent s'exprimer sur la façon dont ils souhaitent travailler et d'autre part, il faut apporter des solutions de législation par de nouvelles lois du travail. L'exemple de ces plateformes peut être mis en avant et servir de modèle pour créer de nouvelles pratiques : c'est un vaste sujet qui suscite de nombreuses questions dont la principale est la remise en cause d'un domaine qui ne cesse d'être sur le déclin sur le plan national et international. En effet, le monde du travail est très sensibilité et fragilisé par la crise économique : de telles modifications demanderaient des années avant de devenir effectives et acceptées tant par les employeurs que par les salariés. 

De l'autre côté de la Manche, au Royaume Uni plus précisément, le progrès est déjà en marche puisqu'un rapport totalement indépendant du gouvernement a été publié la semaine dernière. Il est signé Charlie Bean, qui est l'ancien vice-gouverneur de la banque d'Angleterre. dans ce rapport, il explique que l'économie numérique pourrait ajouter pas moins de deux tiers à la croissance de l'économie et la croissance britannique. 

Le gouvernement Britanique n'a pas encore réagi à ce rapport mais il pourrait bien être perçu comme un début d'une révolution en marche. A quand le tour de la France? Nous n'y sommes pas encore en vue de la mauvaise popularité de la dernière réforme du travail. Affaire à suivre dans les pays voisins ! 

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