En 2009, le publicitaire Jacques Ségéla avait suscité une vive émotion sur la toile en déclarant qu'Internet était « la plus grande saloperie qu'aient jamais inventée les hommes. » Il intervenait alors pour soutenir Julien Dray qui, soumis à une enquête judiciaire, faisait l'objet de violentes attaques sur le web. Jacques Ségéla s'insurgeait alors contre la puissance dévastatrice du net. 

Internet n'est toutefois qu'un outil et un outil formidable. On ne peut pas lui reprocher d'être bon ou mauvais, il est ce qu'on en fait et rien de plus. Un espace de liberté, de parole, de business, mais aussi de rencontre et de partage, que chacun est libre de parcourir et d'utiliser, à sa guise. 

Courtney Boyd Myers s'est penchée sur les raisons du boom de l'économie de partage et la consommation collaborative dans un article publié sur The Next Web. Pour beaucoup d'observateurs, la publication d'un profil et l'utilisation des réseaux sociaux qui de développent et s'accroissent, nous a permis à tous de faire plus facilement confiance à d'autres êtres humains. 

Être connecté avec de nombreuses personnes sur différents réseaux et y raconter des tranches de vie oblige à être honnête et transparent. C'est beaucoup plus simple que de mentir à tout le monde, tout le temps, une gymnastique de l'esprit épuisante. Mais ce n'est pas pour autant que nous dévoilons tout car nous savons désormais qu'il faut être prudent et que, tout particulièrement sur Internet, il vaut mieux maitriser sa communication personnelle.  

D'après l'article et certains « pros » du net, nous serions à la phase trois de son évolution, celle d'une utilisation comme moyen pour se rencontrer et échanger dans le monde réel et non plus uniquement virtuel. D'où l'importance de l'honnêteté et de la transparence au préalable. Ce postulat désormais avéré, les sites de consommation collaborative et de partage se développent. 

Pour garantir la tranquillité d'esprit et autant que possible, la sécurité de tous les participants ou contributeurs, des cotes sont instituées. Ainsi donc, au fil des ventes que vous réalisez sur E-Bay et de leur bon déroulement, vous gagnez en pourcentage de fiabilité, même chose sur covoiturage.fr pour proposer de partager votre voiture à l'occasion d'un trajet ou encore sur Wikipedia où la pertinence, la justesse et l'exhaustivité de vos articles participent à faire de vous un contributeur reconnu dans le temps. 

Ces sites montrent le meilleur côté du web et font renouer les hommes avec la notion de fraternité qui leur est chère. Moyennant un peu d'argent, on peut louer sa maison (airbnb.fr) ou son matériel de bricolage (zilok.com), faire les courses des personnes âgées (aladom) etc. Les exemples sont infinis. 

Quand le web nous apprend à mettre un frein au gaspillage et au consumérisme outrancier tout en rencontrant nos semblables, il n'est vraiment plus « une grande saloperie », mais un vecteur de démocratie.

Commentaires

dommage que covoiturage.fr soit devenu payant, alors que ça marchait très bien avant. Le covoiturage est fait pour faire des économies et quand un étudiant doit payer 4/5 euros de plus dans un week end pour faire un aller retour, ça fait cher. Surtout que la plupart des gens étaient satisfait du système précédents et les arguments qu'ils avancent (pour éviter les désistements) n'étaient pas courant. De plus, le seul problème que j'ai eu en 5 ans de covoiturage a été le désistement d'un conducteur, autrement plus embêtant qu'un désistement de passager. et avec le nouveau système, les seuls perdants sont les passagers alors qu'ils sont les plus embêté en cas de mauvaise foi du conducteur.
Claire, il faut bien comprendre qu'une entreprise comme covoiturage a besoin de gagner de l'argent pour continuer à exister. Un trajet en covoiturage, même avec les 4 ou 5 euros pris au passage reste moins cher, plus sympa et plus pratique pour certains trajets qu'en train.