Un faux enlèvement pour retrouver son domicile

Après cinq tentatives, une pensionnaire de la maison de retraite de Villemoisson-sur-Orge dans l'Essonne (91) a presque réussi son coup jeudi dernier.

Arrivée dans l'établissement il y a près de 3 mois, après un chute et sur conseils de sa famille et de ses proches, Suzanne, à peine âgée de 90 ans, a monté une véritable opération commando pour retrouver son chez soi. Avec l'aide de son arrière petit-fils, la protagoniste a réussi à déjouer la surveillance du personnel.

Son arrière petit fils,"en vacances, a envoyé un ami chercher son arrière-grand-mère. Le copain emmène Suzanne en voiture et la cache. L'objectif est de la ramener quelques jours plus tard et incognito dans sa maison" détaille Le Parisien. Très vite, une battue géante est organisé par les policiers, aidés par des équipes cynophiles. Face à l'ampleur des recherches, le petit fils panique et dévoile le pot aux rose le lendemain.

Une nouvelle tentative qui tombe à l'eau pour la pensionnaire qui n'abandonne pas pour autant."Je sauterai la barrière pour repartir" prévient-elle.

La perte d'autonomie : un élément difficile à accepter

L'histoire peut faire sourire et pourtant elle illustre parfaitement toute la complexité du débat sur la dépendance. Difficile à accepter, la perte d'autonomie est elle un élément suffisant pour que les personnes âgées soient placés "d'office" ? Le débat s'impose.

Indépendante administrativement et légalement ("la nonagénaire n'est ni sous tutelle ni sous curatelle" rappelle le quotidien), Suzanne est elle vraiment apte à vivre en autonomie ? Si la réponse est plutôt négative pour la direction de l'établissement, la principale intéressée revendique elle son besoin d'autonomie. "La seule chose qui m'intéresse, c'est de rentrer chez moi. La liberté, la liberté, la liberté, un point, c'est tout. [...] Je ne suis pas gâteuse et même si c'était le cas, c'est mon choix d'être chez moi "a t-elle ainsi déclaré.

Amère, la direction préférerait trouver un compromis avec la dame ou à défaut sa famille ."Nous ne pouvons pas la retenir contre son gré. Nous attendons le retour très prochain de sa fille pour trouver une solution " ajoute la directrice de l'établissement.

Doit on protéger les personnes âgées d'elles-mêmes ou doit on respecter leur volonté quelle qu'elle soit à propos de leur choix de vie? Les conclusions sur les débats engagés sur la réforme sur la dépendance seront rendus publics en septembre, peut être que le gouvernement tranchera au final sur cette question.

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